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Et que me direz-vous, qui ne cède, grands

[dieux,

A l'horreur de vous voir expirer âmes yeux?

(Id. bid.).

3i6 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVl" SIÈCLE.

PHEDRE

Si de me voir mourir vous prenez quelque esmov 11 n'amoindrira pas quand vous sçaurez pourquoi.

THESEE.

Que me peut profliter ceste Irislrsse teuë?

PHEDRE

Que vous peut proffiter cesie tristesse sceuë ?

THESEE.

On remédie au mal quand on le peut sçavoir.

PHEDRE

A celuy que j'endure il n'y a point d'espoir.

THESIE.

Que vous sert » donc la mort, de tous les maux le pire ?

PHEDRE

La mort fait terminer tout angoisseux martyre.

THKSEE

II n'est rien plus horrible aux hommes que la mort.

PHEDRE

I<]lle est aux affligez un désirable port,

Comme à moy qui suis tant de ce monde assouvie ^,

Autrement il fait mal do laisser ceste vie...

THESEE.

Quel mal digne de mort avez-vous doncque fait?

PHEDRE

De vivre si long temps c'est mon plus grand forfait.

THESEE.

iN'aurez-vous point pitié de ma douleur future?

PHEDRE

Rompez vostre douleur dessous ma sépulture^

La mort est moins à craindre et donne moins d'esmoy

Quand on laisse mourant quelque regret desoy.

THESEE.

Elle ne veut rien dire ; il faut que ceste vieille, Il faut que sa nourrice, ou vueille ou ne le vueille*, Me le dise en son lieu. Sus, qu'on la serre au corps, Et qu'à force de coups on luy sacque ^ dehors Avec les fouetz sanglans, les'secrets de sa Dame. Qu'on ne la laisse point qu'elle n'ait rendu l'ame.

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