‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 682 sur 725 · ROBERT GARNIER · texte numérisé non relu

ROBERT GARNIER

PHEDRE

Je VOUS conleray tout, laissez-bi, demeurez.

THESEE.

(Jue* pleurez-vous ainsi ? qu'est-ce que vous pleurez, Ma mignonne? et pourquoy ne me voulez-vous dire La cause du tourment que vosire cœur soupire ?

PHEDRE

0 Gouverneur du ciel, qui de ion ihrône saint

Vois au fond de nos cœurs, ce qu'il y a de feint :

Et toy, aime Soleil, qui la voûte azurée

Enlusires ^ au malin de ta lampe dorée,

El qui d'un œil veillant perces par le travers

Des nuax espoissis ^ tout ce vague* univers.

Je vous invoque ô Dieux ! A Dieux je vous appelle

Temoings de mon outrage, cl de ma mort cruelle !

Les prières n'ont peu ma constance esmouvoir.

Le fer et la menace ont esté sans pouvoir,

Le corps a toulesfois enduré violence* :

Mais de mon chaste sang j'en laveray l'offense.

THESEE.

Qui est le malheureux qui a souillé mon lict?

PHEDRE

Un* que ne croiriez pas commettre un tel delict.

THESEE.

Qui est-ce ? dites tost. Dieux immortels, j'affole '^ Que ne l'ay d3?ja ! Sus, en une parolh; ^ Qui est-il ? d'où esl-il ? Où va-t-il, le meschant ? Viste qu'on coure après.

PHEDRE

Ce coutelas tranchant Qu'il laissa de frayeur au bruit du populaire ^ Le voyant vous fera connoistre l'adultère.

THESEE.

0 terre, qu'est-ce cy? quel monstre Slygieux, Quel Démon infernal se découvre à mis yeux? Cette garde dorée, et sa riche pommelle*'' Entamée au burin" d'une graveure belle,

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