ROBERT GARNIER
PHEDRE
Je VOUS conleray tout, laissez-bi, demeurez.
THESEE.
(Jue* pleurez-vous ainsi ? qu'est-ce que vous pleurez, Ma mignonne? et pourquoy ne me voulez-vous dire La cause du tourment que vosire cœur soupire ?
PHEDRE
0 Gouverneur du ciel, qui de ion ihrône saint
Vois au fond de nos cœurs, ce qu'il y a de feint :
Et toy, aime Soleil, qui la voûte azurée
Enlusires ^ au malin de ta lampe dorée,
El qui d'un œil veillant perces par le travers
Des nuax espoissis ^ tout ce vague* univers.
Je vous invoque ô Dieux ! A Dieux je vous appelle
Temoings de mon outrage, cl de ma mort cruelle !
Les prières n'ont peu ma constance esmouvoir.
Le fer et la menace ont esté sans pouvoir,
Le corps a toulesfois enduré violence* :
Mais de mon chaste sang j'en laveray l'offense.
THESEE.
Qui est le malheureux qui a souillé mon lict?
PHEDRE
Un* que ne croiriez pas commettre un tel delict.
THESEE.
Qui est-ce ? dites tost. Dieux immortels, j'affole '^ Que ne l'ay d3?ja ! Sus, en une parolh; ^ Qui est-il ? d'où esl-il ? Où va-t-il, le meschant ? Viste qu'on coure après.
PHEDRE
Ce coutelas tranchant Qu'il laissa de frayeur au bruit du populaire ^ Le voyant vous fera connoistre l'adultère.
THESEE.
0 terre, qu'est-ce cy? quel monstre Slygieux, Quel Démon infernal se découvre à mis yeux? Cette garde dorée, et sa riche pommelle*'' Entamée au burin" d'une graveure belle,