‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 684 sur 725 · Nabuchodonosor · texte numérisé non relu

Nabuchodonosor

Pareil aux Dieux je marche, et depuis le réveil

Du Soleil blondissant jusques à son sommeil,

Nul ne se parangonne ^ à ma grandeur Royale.

En puissance et en biens Jupiter seul m'égale :

Et encores n'estoit qu'il commande immortel,

Qu'il tient un foudre en main dont le coup est mortel,

Que son throne est plus haut et qu'on ne le peut joindre^.

Quelque grand Dieu qu'il soit, je ne serois pas moindre.

11 commande aux éclairs, aux tonnerres, aux vents,

Aux gresles, aux frimats, et aux astres mouvans,

Insensibles sujets ; moy je commande aux hommes;

Je suis l'unique Dieu de la terre où nous sommes.

S'il est, alors qu'il marche, armé de tourbillons,

•le suis environné de mille bataillons

De soudars ^° indomtez, dont les armes luisantes

^. Tout à riieurc.

Page 1