‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 695 sur 725 · MESSAGER · texte numérisé non relu

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Geste Dame constante et nullement troublée, Faisant lire en sa face un courage conslanf, Descend au lieu mortel où le Bourreau l'attend. Par Paulet, son Geôlier, la Reine estoit conduite, Ses femmes se plaignoienl et marchoient à sa suite, Mais elle qui sans crainte à la mort se hastoit, Leur redonnoit courage et les reconforloit. Que ma mort ne soit point, disoit-elle, suivie De pleurs ni de soupirs ; me portés vous envie *, Si pour perdre le corps je m'acquiers un tel bien. Que tout autre bon-heur auprès de luy n'est rien ? Il nous faut tous mourir, suis-je pas bien-heureuse De revivre avec gloire en ceste mort honteuse ? Si la fleur de mes jours se flestrit en ce temps, Elle va refleurir en l'eiernel Piinlemps, Où la grâce de Dieu, comme une aime ^ rosée, La rendra tousjours gaye et des aines prisée *, Luy faisant respirer un air si gratieux Qu'il embusmera Moût dans le pourpris® des Cieux. Les Esprits bien-heureux sont des célestes Roses, Au Soleil éternel incessamment escloses ; Les Roses de? jardins ne durent qu'un matin: Mais ces Roses du Ciel n'auront jamais de fin. Elle disoit ces mots à ses tristes servantes,

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