‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 698 sur 725 · Comportent. 5. Tête · texte numérisé non relu

Comportent. 5. Tête

3 Ses yeux {de larmes). I

Et ceux que la Fortune elle Roy favorisent. Sont ceux communément que les peuples méprisent : Peuples sans jugement, grossiers et mal appris, Qui n'ont jamais connu la vertu ne ^ son prix. Je voy taire pourtant la populaire envie ; J'appercoy qu'à m'aimer nostre Cour se convie. Et que tous les sujets qui vivent sous mon Roy, Pleins d'un humble respect se courbent devant moy *. Un Juif, un circoncis, un faquin ^ un esclave * Foule ma gloire aux pieds et sans cesse me brave. Ni le rang que je tien, ni ma propre vertu, Ni cest habit royal dont je suis revestu, Ni cest Edit nouveau commandant qu'on m'adore, A l'exemple d'autruy ne font pas qu'il m'honore, Encor qu'un de ces points eust assés de pouvoir, Pour ranger les plus fiers à cest humble devoir. Et quoy, verray-je ainsi ma gloire ravalée ?

Mon honneur mesprisé ? ma dignité foulée ?

Serai-je désormais de ce Juif le mépris ?

S'ouvre plustost la terre et dans son sein me cache^

Qu'une tache si noire à mon honneur s'attache !.,.

J'en rendrai la vengeance à l'offense pareille

Et pire, s'il se peut, afin que désormais

Tous perdent le désir de m'attaquer jamais !...

CIRUS.

Autre bras que le mien n'en fera la vengeance, Si la punition doit reparer rolfence.

Il faut que tout le monde apprenne par sa mort ^ Que le faible ne doit irriter le plus fort

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