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L'ECOLE DE RONSARD. — ANT. DE MONTCHRESTIEN

Qu'il n'est tel qu'elle veut, demeure un peu confuse ;

Donc si peu de faveur ores * on me refuse,

Dist-elle en souspirant, on ne veut donques pas.

Qu'un preslre catholique assiste à mon trespas?

Je ne laissera y point de mourir en la sorte,

Que ma profession et ma croyance porte ^.

Ce dit, sur l'eschafiaut se jettant h gênons,

Se confesse soy-mesme, et refrapant trois coups

Sa poitrine dolente e! baignant ses lumières ^

En mots devotieux elle fait ses prières ;

Et tient l'ame et les yeux dans le Ciel attachés,

Attendant le pardon promis à ses péchés.

Après qu'elle eut prié, plus que devant * sa face

Serena son bel air d'une riante grâce :

Elle monslra ses yeux plus doux qu'auparavant,

Et son front s'applanit comme une onde sans vent :

Puis reprenant encore une fois sa parole.

Père, je meurs pour toy, c'est ce qui me console ;

A ta sainte faveur, disl-elle, ô Seigneur Dieu,

Je recommande l'ame au partir de ce lieu.

Et tournant au bourreau sa face glorieuse :

Arme quand tu voudras ta main injurieuse,

Frappe le coup moilel, et d'un bras furieux,

Fay tomber le chef ^ bas. et voler l'ame aux Cieux.

A ces mots le Bourreau court empoigner la hache,

Un, deux, trois, quatre coups sur son col il delasche :

Mais le fer acéré moins cruel que son bras,

Vouloit d'un si beau corps différer le trépas.

Il tombe nonobstant, et sa mourante face.

Par trois ou quatre fois bondit dessus la place.

{L'Escossoise ou le Désastre, tragédie, acte V ; — p. 50 de l'éd. de 1601.)

2, Les menaces d'Aman.

AMAN, ciRUs, son Confident.

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