QUELQUES MOTS D'AVERTISSEMENT VU
étonnement des sceptiques, de prévoir, avec une exactitude merveilleuse, les grauds faits de Tavenir ? Oii donc avait-il puisé ce dévouement inaltérable à la chose publique, cette générosité d'âme qui le faisait aimer de tous et nous contraint à l'admirer encore ? Où donc avait-il trouvé cette force d'expansion et de coIk''siun. avec laquelle il pouvait s'étendre à tout, pour tout rapprocher, cette puissance magique à réaliser, dans une trêve sublime, l'union de tout un peuple, et. après cela, l'union de tous les peuples ?
« Nous étions tous suspendus à ses lèvres, s'écriait M. JulesSimon, dansson éloquent panégyrique(l). Chacun disait, d'un bout de la France à l'autre : « Il nous reste Lamai-tine ! » On disait, comme autrefois : « C'est un poète. » Mais la poésie ajtparaissait à tous dans son rôle pacifique et sauveur...
« On apprit, le 4 mars, qu'il venait, comme ministre des affaires étrangères, de parler à la diplomatie européenne un langage qu'elle n'avait jamais entendu... Une coalition se préparait contre nous. On reconnut la nation française dans les paroles de Lamartine. On nous tint compte de l'ascendant qu'il exerçait. Xous lui dûmes la paix du monde, comme nous lui devions la sécurité de la rue et de nos demeures. »
Quelle était la cause de cette influence inouïe ? Les lecteurs répondront. Peut-être penseront-ils que, si l'on avait fait le vide dans son âme et fermé pour elle les vastes horizons, Lamartine n'eût été ni le grand poète
(1) Màcon, fêtes du Centenaire, 19 octobre 1890.