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A. — LES MINES DE SALZBOURG ET DD SAI.ZKAMMERGUT

Gisements de sel en Autriche. — Production du sel dans le Salzbourg. — Argile salifère. — Son exploitation. — Chambres de dissolulion. — Mode d’action de l’eau dans les chambres. — Elargissement des chambres. — Solidité des chambres. — Préparation d’une chambre. — Disposition des mines par étages. — Communications entre les élages. — Le liutschbahn. — Disposition de chaque étage. — Galeries. — Travail par l'eau. — Barrages. — Traitement de l'eau salée. — Sel en pains. — Son degré de pureté.

L’Autriche est un des pays de l’Europe les plus favorisés sous le rapport de la production saline. Sans parler du sel qu’elle peut retirer des marais salants, elle possède deux grands centres de dépôts salifères. L’un est situé dans les plaines qui avoisinent les Carpathes ; il comprend : 1° au nord, les fameux gisements de Wieliczka et de Bochnia situés en Galicie ; 2° au sud, les dépôts de Hongrie et de Transylvanie, avec les salines de Bhonaszeh et les bancs de sel des vallées de la Maros, de la Szamos et du Ivis Küküllô.

L’autre grand dépôt de sel gemme, en Autriche, est situé dans la province de Salzbourg qui lui doit son nom. On y trouve les mines du Salzbourg, proprement dit, dont les principales sont celles d’Hallein, sur les flancs orientaux du Dürremberg, non loin de la petite ville de Gastein, et les mines du Salzkammergut, situées à Hallstadt, Ischl, Gmunden et Aussee. Le gisement du Salzbourg rayonne d’ailleurs dans tous les sens; vers le nord, dans la Haute Autriche; vers l’est, dans la Styrie; au sud, dans le Tyrol; enfin vers l’ouest, dans la Bavière, à laquelle appartiennent les pentes occidentales de la montagne d’Hallein, le Dürremberg. On rencontre du reste à chaque pas dans toute cette contrée une foule de localités ou de cours d’eau, dans le nom desquels entre soit le radical salz (sel), soit le vieux mot hall, qui a le

même sons et parait remonter aux mineurs gaulois1.

L’importance de ces gisements est énorme : les seules mines d’Hallein ont déjà fourni, pendant les six derniers siècles, plus de 10 millions Je tonnes, et cependant elles sont certainement beaucoup moins riches (pie celles d’Ischl et d’Aussec. On peut d'ailleurs évaluer à peu près aux chiffres suivants la production annuelle du sel dans les Alpes autrichiennes.

Tonnes

Tyrol (Hall), 22 500

Salzbourg (üallein) 15 000

Salzkammergut (llallstadt, Isclil, Gmunden). 00 000 Styrie 44 000

Toutes les salines dont nous parlons sont situées dans la zone calcaire du versant occidental des Alpes : le Salzkammergut en occupe à peu près le milieu. Il est traversé par la petite rivière de la Traun qui fait communiquer les lacs profonds d'Alt-Aussee, de llallstadt et de Gmunden. C’est au bord de la Traun que sont les usines à sel : quant aux mines elles-mêmes, elles débouchent dans les vallées voisines, à une grande hauteur au-dessus du cours d’eau. Les gisements affectent, à Ilallein et à Hall, la forme d’amas remplissant des bassins ou cuvettes: à Ischl et à llallstadt, ils s’étendent surtout en profondeur.

Dans tous ces gisements, le sel gemme est rarement pur : il est d’ordinaire mélangé à l’argile et à la marne. Cette argile salifère est plastique, noirâtre et se délite à l’air : le sel est grenu, gris ou rougeâtre, mélangé de gypse et d’anhydrite. En général le sel et l’anhydrite forment des veines qui donnent à l’argile salifère un aspect

1 Ces noms caractéristiques sont fréquents dans toute l’Allemagne. Ainsi les sources de sel les plus considérables et les mieux utilisées du Wurtemberg sont celles de Hall, dans la vallée de la liocher, à l’orient de Ileilbronn. Les eaux salines y proviennent de gisements de sel gemme, où l’on a taillé des galeries et des salles, comme dans les mines de Wieliczka.

sédimentaire très prononcé. La présence du bitume a été constatée sur plusieurs points : enfin on trouve à Ilallstadt, co/nme à Wieliczka, du sel à gros grains qui contient de l’hydrogène carburé et décrépite quand on le met dans l’eau. La richesse de l’argile salifère en chlor ure de sodium est considérable : elle atteint 50 à 55 pour 100 à Ilallstadt.

L’exploitation se fait d’une manière simple et originale dont l’invention, qui remonte à plusieurs siècles, a seule permis de retirer avec avantage le sel mélangé intimement à l’argile. On recueille dans les parties hautes des salines, les eaux douces qui jaillissent naturellement des terrains environnants, et on les amène par des canaux dans de vastes chambres creusées au milieu du gîte salifère : elles corrodent l’argile en dissolvant le sel, se saturent peu à peu, et s'écoulent ensuite par des galeries percées à différents niveaux dans la montagne. La disposition des bancs par rapport au terrain environnant permet d’employer partout, dans le Salzkammergut, ce mode naturel d’écoulement des eaux saturées.

Le procédé consiste donc à lessiver l’argile salifère par un courant d’eau introduit dans des chambres de dissolution. Ce courant peut être continu ou discontinu : on peut admettre l’eau dans une chambre, la laisser se saturer, puis la faire écouler tout d’un coup : mais on peut aussi faire constamment sortir l’eau, à mesure qu’il en pénètre de la nouvelle, en réglant l’introduction et la sortie, de manière que le liquide extrait soit saturé de sel. De ces deux méthodes, la première, celle du lavage discontinu est la plus ancienne; elle fut introduite à Ilallstadt, en 1311, par des mineurs venant de Hall, en Tyrol. Le lavage continu est une innovation récente et n’est encore employé qu’à titre d’essai. On exploite quelquefois du sel gemme par abatage ordinaire, mais seulement d’une manière accessoire.

l’our comprendre le travail le plus ordinaire, imagi-

nons une vaste cavité elliptique de quelques mètres de hauteur, dont le sol est formé d’argile en grande partie dessalée et dont le plafond est constitué par la même argile imprégnée et pétrie de sel. L’eau douce est amenée par une ouverture percée dans le plafond : elle tombe sur le limon qui couvre le fond de la chambre, dissout le sel qui tapisse les parois latérales et les ronge de plus en plus à mesure que son niveau s’élève. Les couches d’eau saturée de sel se tiennent alors au fond de la chambre, parce qu’elles sont plus denses : la densité et par conséquent l’état de saturation de l’eau va ensuite en diminuant jusqu’à la partie supérieure de la masse liquide. Pour que cet état persiste, il faut que l’introduction de l’eau se fasse rapidement : en l'amenant un peu vite, son niveau atteint le plafond de la chambre avant que les couches supérieures soient saturées. A partir de ce moment, l’eau dissout principalement le sel qui incruste le plafond : l’argile qui s’y trouve mélangée se délaye, tombe au fond de la chambre à travers le liquide, et la dissolution se sature complètement depuis le bas usqu’aux portions supérieures. On vide alors le liquide pour en extraire le sel.

Pendant ce travail, la chambre de dissolution s’est transformée. Elle s’est d’abord déplacée dans le sens vertical; car le plafond s’est élevé par le fait de la dissolution, et les débris qui en sont tombés ont, en même temps, exhaussé le sol de la chambre. Sa largeur s’est aussi augmentée par suite de l’action de l’eau sur les parois; mais d’une façon inégale, puisque l’eau des couches supérieures possède un pouvoir dissolvant plus considérable que l’eau saturée du fond. La chambre s’élargit donc en prenant la forme d’un entonnoir ou mieux d’un tronc de cône évasé par le haut.

11 semble étonnant que les chambres de dissolution, après avoir été vidées de l’eau qu’elles contenaient, ne s’effondrent pas et se soutiennent au contraire d’elles-

mêmes. Aujourd’hui, on opère avec quelques précautions : mais, dans les premiers temps de l’exploitation, on poussait des galeries, on établissait des chambres partout où la place promettait d’être riche. 11 est même arrivé que, pendant ces travaux imprudents, deux ou trois chambres se sont réunies latéralement et ont formé un immense espace vide dont le plafond s’est cependant maintenu, malgré l’absence de tout soutien. On a vu des plafonds de plus de 5000 mètres carrés rester ainsi suspendus. Le sel paraît agir, en effet, à l’égard de l’argile, comme un véritable ciment et lui donner une consistance extraordinaire. Cependant une fois la chambre vidée, le plafond se dessèche et se délite : aussi ne peut-on interrompre l’exploitation d’une chambre pendant plus de cinq à six mois. Quand le plafond par son exhaussement successif est arrivé à la hauteur voulue, on remblaye l’excavation ainsi formée.

Comment s’y prend-on pour établir une chambre nouvelle? La surface elliptique, qui représente les dimen-

Eig. LO. Préparation d'une chambre de dissolution.

sions primitives de la chambre, est d’abord isolée au moyen d’un barrage d’argile cd (fig. 40) : on creuse ensuite, dans l’emplacement choisi, une série de galeries perpendiculaires entre elles, les unes plus grandes, AB,

CD, EF, les plus étroites, mais toutes à hauteur d’homme. Les galeries ainsi préparées sont alors inondées : l’eau maintenue par le barrage délaye l'argile salifère restée intacte entre les galeries; les piliers rectangulaires qui séparaient celles-ci disparaissent peu à peu, et, au bout de quelque temps, il ne reste plus qu’une cavité aplatie de forme elliptique et remplie d’eau saturée. Quand on l’a fait écouler, la préparation de la chambre est achevée.

L’exploitation générale de chaque gisement se fait par

Fig. 41. Coupe des mines d’ilallein.

des étages superposés, distants les uns des autres d’environ 40 mètres et communiquant chacun avec l’extérieur par une galerie (fig. 41); dans chaque étage on exploite de bas en haut, comme nous venons de l’expliquer, et en commençant par les parties les plus éloignées de la galerie, qui sert tà la fois de communication avec l’extérieur et de voie d’écoulement pour les eaux saturées. Chaque galerie porte ordinairement pour la distinguer le nom d’un empereur d’Autriche et aboutit au jour dans une maison habitée par un surveillant. On exploite en général plusieurs étages à la fois : dans ce cas, les chambres de dissolution sont placées verticalement les unes

au-dessus des autres. On a reconnu que cette disposition était préférable à celle qui consiste à les croiser, comme on le faisait autrefois.

Les communications des étages entre eux se font de trois façons : 1° par les puits verticaux; 2° par les puits inclinés; 5° par les rutschbahnen ou glissoires. Les premiers servent aux transports des matériaux, déblais et remblais : les puits inclinés sont en général munis d’escaliers pour les communications et de rigoles destinées

Fig. 42. Le Rulschbahn.

à l’introduction de l’eau dans les chambres. Le rutschbahn ou simplement rutsch est une des curiosités des mines du Salzbourg et du Salzkannnergut : il consiste en une forte planche inclinée à 45 degrés (fig. 42), polie par le travail auquel elle sert et au-dessus de laquelle est tendue une corde. On s’assied sur la planche de la glissoire, on saisit la corde avec la main droite protégée par un fort gant de cuir et on s’abandonne à la descente dont on modère la rapidité, en serrant plus ou moins la corde avec la main qui fait fonction de frein.

La disposition particulière des mines d’Ilallein, d’Ilallstadt, etc., est toujours pour les visiteurs l’objet d’un étonnement particulier. On descend dans la mine par un premier rutsch, qui mène à l’étage supérieur; un second, un troisième, un quatrième, etc., vous conduisent d’étage en otage. On voit ici des chambres de dissolution que l’on est en train de préparer, là d’aulres chambres complè-

Fig. 45. Outils de mineur. — Pics.

tement vidées; ailleurs on trouve devrais lacs d’eauxsalées. Mais pour visiter ces différentes choses très curieuses, on descend toujours Ce n’est donc pas sans une certaine inquiétude, que l’on se demande comment l’on pourra remonter la hauteur verticale, que représentent tous les rutsch mis les uns au bout des autres, et comment on arrivera à revoir jamais la lumière du jour. Une dernière glissoire résout la difficulté de la manière la plus

inattendue ordinairement et la plus satisfaisante : elle dépose tout simplement le visiteur à l’entrée de la galerie inférieure, c'est-à-dire au pied delà montagne et en pleine campagne.

Le nombre des étages varie dans les différentes mines; il y en a neuf à Hallstadt, huit seulement à Ischl ; et encore quatre d’entre eux sont abandonnés comme complètement exploités. L’importance de la saline dépend surtout du nombre de chambres que l’on exploite simultanément : il est d’une trentaine environ à llallstadt, sans compter les chambres qui sont en préparation ou qui viennent d'être vidées.

Chaque étage se compose de galeries et de chambres disposées conformément à un plan régulier ; mais comme la dissolution s’opère d’une façon inégale dans les différentes directions, on comprend que le plan primitif se modifie avec le travail lui-même.

Les galeries sont creusées à la poudre, au pic (fig. 45), ou par l’eau. On emploie la poudre pour cheminer dans le

Fig. A4. Travail par l’eau. — Creusement d'une galerie dans l'argile salifère.

calcaire, l’anhydrite ou la marne compacte. Le pic suffit dans la marne ordinaire ou dans l’argile : deux ouvriers travaillent généralement ensemble l’un sur sa droite, l’autre sur sa gauche.

Le travail par l’eau a été inventé dans les mines dont

nous nous occupons et appliqué pour la première fois en 1841. Il consiste à dissoudre, par des jets d’eau, le sel qui cimente les parties argileuses ; il peut servir pour toute espèce d'avancement dans le gîte salifère même, soit qu’il s’agisse de préparer les chambres, de creuser les puits ou de faire des galeries. Prenons ce dernier cas

comme exemple : on embranche sur la conduite d’eau douce la plus voisine une conduite secondaire abd (fig. 44), terminée par un tuyau vertical bc. Celui-ci est muni en haut d'une pomme d'arrosoir, d'où l’eau s’échappe en faisceaux divergents, vient frapper la paroi et la délaye peu à peu : en même temps, un jet puissant opère une sous-cave à la partie inférieure. A mesure que la galerie avance, on met une rallonge à la conduite secondaire. L'eau s’écoule sur le sol des galeries, se rassemble dans des rigoles et se rend dans les chambres de dissolution situées plus bas, où elle achève de se saturer. La figure 45 re-

Fig. 4S. Travail par l’eau.

Forage d’un puits vertical.

présente le forage d’un puits vertical au moyen de l’eau.

Le travail par l’eau est très avantageux, surtout pour faire de petites galeries.' Dans toutes les mines où l’on opère au moyen de chambres de dissolution, on l’emploie dans l’établissement des barrages qu’il est nécessaire de construire pour arrêter l’action de l’eau qui remplit les

LU SEL EN AUTRICHE

chambres. A1 cet effet, on creuse. par un travail à l’eau, des galeries d’une hauteur quelconque et d’un mètre environ de largeur; on les remblaye ensuite avec de l’argile ne renfermant plus de sel et fortement tassée au pilon. On obtient ainsi une sorte de mur complètement imperméable et capable d’empêcher l’eau, soit de pénétrer dans les galeries, soit d’établir une communication entre deux chambres.

En France, le travail à l’eau a été introduit, il y a quelques années, dans les mines de Varangéville, les seules d’ailleurs où l’on exploite encore par galeries.

Au moyen des procédés d’exploitation, que nous venons de décrire et qui sont spéciaux aux min°s d’Hallein et du Salzkammergut, on arrive à obtenir une eau presque saturée de sel. Si l’on n’atteint pas la saturation complète, c’est à dessein et afin d’éviter les dépôts salins et les incrustations qui se produiraient dans les conduites. Cellesci sont, en effet, assez longues et mènent l’eau salée qui sort des mines aux bâtiments de cuite construits au pied des montagnes de sel d’Aussee, d’IIallstadt et d’Ischl. Une quatrième usine plus importante que les trois autres réunies est établie à Ebensee et alimentée par l’eau qui lui est envoyée des mines.

Cette eau est reçue dans de grands réservoirs, où s’opère le mélange des liquides provenant des diverses mines et d’où elle passe dans les chaudières d’évaporation. Celles-ci sont en tôle : elles ont 20 mètres de long, 10 de large et 50 centimètres de profondeur. Elles reposent sur des piliers en briques réfractaires et sont chauffées par cinq foyers : pendant la cuite, l’eau est maintenue constamment à une hauteur de 52 centimètres. A mesure qu’elle s’évapore, le sel se dépose sur le fond de la chaudière : toutes les deux heures, on le retire au moyen de longs râbles et on le met en pains. Les vases qui servent à cet usage sont en bois et cerclés en fer : ils ont la forme d’un tronc de cône. Un ouvrier les remplit â la pelle.

pendant qu’un autre tasse fortement le sel au moyen d’un pilon. On obtient ainsi un pain analogue à un pain de sucre et que l’on dessèche fortement par une exposition dans une étuve.

Le sel se vend toujours en Autriche sous forme de pains : les pays voisins, le Wurtemberg, la Bavière, le vendent en barils ou en sacs. Mais les barils sont coûteux et d’autre part le sel en sacs prend de l’humidité, augmente de poids et excite la défiance de l’acheteur. Les fabricants de sel se préoccupent donc avant tout d’obtenir des pains bien consistants et capables de supporter de longs trajets. De là une manipulation qui renchérit le sel. Mais le gouvernement autrichien ne pourrait changer ce mode de fabrication sans provoquer un mécontentement général : tant il est vrai qu’il faut toujours, dans les choses ordinaires de la vie, compter avec les anciennes habitudes!

Tout le sel fabriqué dans le Salzkammergut se vend à Gmunden. Les pains ont un poids d’environ 16 kilogrammes : on en fabrique aussi de plus gros; mais ils tendent à disparaître. Le sel qui les constitue est assez pur, ainsi que le montre l’analyse suivante :

Sel en pains cl’Ebensee.

Chlorure de sodium 95,06

Chlorure de magnésium 0,79

Sulfate de soude 1,64

Sulfate de chaux 0,61

Eau » 1,77

Résidu insoluble 0.15

Ainsi que nous le disions en commençant ce chapitre, les dépôts salifères du Salzbourg et du Salzkammergut s’étendent dans les contrées voisines, et leur prolongement en Bavière est également l'objet d’exploitations considérables : les plus importantes sont celles de Berchtesgaden, de Reichenhall et de ltosenheim. Les deux premières, situées sur le versant du Dürremberg opposé a llallein,

liront parti des mêmes couches. Mais ses assises salifères, déjà utilisées dans les vallées montagneuses de la

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Salzach et de la Saalach, le sont jusque dans la plaine, grâce au célèbre aqueduc (fig. 46), construit en 1817,

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