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LES SELS DE STASSFÜRT

d’hui un groupe considérable d’usines et joue dans l’industrie chimique un rôle de premier ordre. Le gîte salifère que l’on y exploite intéresse d’ailleurs le géologue autant que l'industriel, à cause de sa constitution toute particulière.

11 y a une quarantaine d’années, le développement de l’industrie en Prusse avait rendu la production du sel insuffisante. De nombreux sondages furent entrepris, particulièrement dans les localités où jaillissaient des sources salées : dans le nombre était la petite ville de Stassfùrt. Le trou de sonde, commencé en 1859, rencontra le sel à 500 mètres de profondeur. En 1 85 J , on s’arrêta à 580 mètres, après avoir foré 288 mètres dans la masse de sel, sans que rien annonçât qu’on approchait de la partie inférieure des couches. Certains géologues pensent que l’épaisseur du sel gemme dans ce gisement doit être d’au moins 500 mètres : mais en se bornant à l’épaisseur constatée, environ 500 mètres, et en supposant à cette couche une surface de 1400 kilomètres carrés, donnée par les sondages, on voit qu’il y a là un des dépôts salifères les plus riches que l’on connaisse. Trois puits d’extraction y ont été creusés, deux à Stassfürt, le troisième à Anlialt qui n’est séparé de Stassfürt que par la rivière la Bode, qui coule entre les deux villes.

Les dépôts de sel de Stassfürt présentent une particularité curieuse qui fait leur richesse. Ils ne constituent pas seulement un des plus beaux amas de sel connu; ils sont, en outre, un réservoir presque inépuisable de sels de potasse. En creusant les puits de Stassfürt, on rencontra sur une épaisseur de 70 mètres, un mélange de sels de potasse, de soude et de magnésie, dont la présence découragea tellement les entrepreneurs que l’on fut sur le point de renoncer au forage. Mais cette couche recouvrait simplement le dépôt de sel, et, à 280 mètres de profondeur, on rencontra celui-ci.

L’exploitation du sel gemme, commencée en 1857,

avait déjà fourni des quantités considérables de ce produit avant qu’on ait songé à utiliser les composés potassiques. Ce fut M. Henri Rose qui signala, en 1859, toute l’importance de celte matière. En d 860, 2800 quintaux furent livrés à l’agriculture; en 1861, on en tira près de huit fois plus; enfin, en 1862, la quantité exploitée devint près de 80 fois plus grande et depuis cette époque elle a toujours été en augmentant. L’emploi des sels de potasse, dans l’industrie des produits chimiques, dans les verreries et en agriculture n’a pour ainsi dire pas de limites : on se sert, en outre, du chlorure de potassium pour transformer l'azotate de soude en salpêtre (azotate de potasse), destiné à la fabrication de la poudre.

Les sels de Stassfürt sont nombreux, mais d’une importance inégale; voici les principaux : 1° la polylialite, que l’on a rencontrée également dans les sondages faits en France et notamment à Montmorot (voir page 124), est un sulfate triple de chaux, de potasse et de magnésie; 2° la kainite est formée de sulfate double de potasse et de magnésie, mélange de chlorure de magnésium. La kiesérite est du sulfate de magnésie cristallisé, différent du sulfate des laboratoires en ce qu’il ne contient qu’un équivalent d’eau de cristallisation1. Le sel le plus important est la carnalite, chlorure double de potassium et de magnésium, dont il est facile d’extraire le chlorure de potassium. Enfin ce dernier sel se rencontre aussi sous forme de rognons : les Allemands ont remplacé son nom minéralogique ancien, sel de Sylvius, par celui de sylvine.

L’extraction de toutes ces matières minérales se fait par des galeries de mines de grandes dimensions, et les blocs enlevés sont ensuite traités par différents procédés. Cinq fabrications diverses tirent parti des sels de Stassfürt : 1° production du chlorure de potassium; 2° transformation du chlorure en sulfate de

1 MgO, S03+ IlO.

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