QUEBEC
Imprimerie Edouard Marcotte
82, rue Saint-Pierre
Ce livre est surtout l'écho des fêtes du 10 juin dernier.
A parler rigoureusement, les nombreuses pièces que nous publions, suffiraient peut-être à elles seules au récit.
Pour bien saisir la pensée qui présida au jubilé nicolétain, autant que pour rendre hommage à ceux qui le préparèrent avec tant de zèle, certains détails, néanmoins, nous paraissent utiles.
C'est du travail de près de cinq années qu'il s'agit. Aussi bien, ce travail ne forme-t-il pas une part importante de tout ce qui donne du prix à ces fêtes? A ce titre seul, il nous semble qu'il valait la peine d'être rappelé comme introduction à ces pages intimes, et c'est ce (jue nous avons fait.
La question de célébrer le centenaire de la fondation du Séminaire de Nicolet, remonte au mois d'août 1898.
C'était à l'issue de la retraite ecclésiastique ordinaire de l'été, à laquelle avait pris part un très grand nombre de prêtres, tous anciens élèves.
(S INTRODl (TION
Quel (|ue |)ùl t'irc le mode de eoinniéniorer l'événement dont il s'agissait, un cadeau ne })()uvail mancjuer d'être présenté à cette occasion.
Après tant d'exemples venus d'ailleurs et, surtout, après ce cpii avait eu lieu lors de la première réunion, à Xicolet, en 18()(), cet article du programme allait de soi.
Mais que devrait-on otlrir qui fût en rapport avec les magnificences que l'on se promettait et que, du reste, ne manquerait pas d'avoir par elle-même une telle solennité?
Après avoir mûrement réfléchi et mettant à part certains détails plutôt du ressort de la maison, cette dernière ayant besoin d'agrandissement et se trouvant trop à l'étroit pour recevoir tout le monde, il lut proposé de construire une chapelle-monument, laquelle, arrangée de certaine façon — nous verrons comment plus loin — permettrait ensemble d'offrir l'hospitalité aux élèves et de créer un duratile souvenir de leur piété filiale envers VAlma Mater.
Une fois cette idée lancée, M. l'abbé Douville — aujourd'hui M**'' Douville — tant en sa qualité d'ancien élève qu'en celle de supérieur du Séminaire, adressait la circulaire suivante aux intéressés :
CENTENAII^E dl COLLKGE-SÉxMINAIRE de NICOLET kn 1903
GKANDK HKLNION DE TOIS LES ANCIENS ÉLÈVES, LES 23 ET 24 JlIX
PHO.iHT
II est proposé d'élever une chapelle commémorative du centenaire, avec les souscriptions des anciens élèves, autant qu'il est possible, suivant la bonne volonté de chacun.
Cette chapelle, dont le soubassement, assez vaste, servira de grande salle pour la réunion, devra être construite et complètement
finie pour le centenaire et, par suite. les souscriptions devront èti-e faites sans trop de retard. Pour rendre la chose plus facile et moins onéreuse, ces souscriptions pourront être payables annuellement pendant trois, quatre ou cinq ans, c'est-à-dire jusqu'à l'époque du centenaire. Il est nécessaire que le Séminaire sache d'ici à deux ans, au plus tard, sur quelle somme il peut compter pour élever ce monument, dont le coût probable sera de s40,00U à s5U,00U.
Comme les anciens élèves sont très dispersés, pour les atteindre tous, autant qu'il se pourra faire, il est aussi proposé de former cinq comités différents, comme suit :
1" Un comité à Montréal, pour les diocèses de Montréal, S'-Hyacinthe, Ottawa, Valleyfield, etc., et pour tout l'Ouest du Dominion.
'h' Un comité à Québec, pour les diocèses de Québec, Rimouski. Chicoutimi et les Provinces Maritimes.
3" Un comité pour les diocèses de Nicolet, Trois-Rivières et Sherbrooke.
4" Un comité pour les anciens élèves canadiens-français des Etats-Unis.
5" Un comité pour les anciens élèves irlandais et autres de langue anglaise des Etats-Unis.
MM. les secrétaires des différents comités voudront bien faire rapport au soussigné, dès que les comités seront organisés, et de même aussi les trésoriers, quand les listes de souscriptions seront couvertes.
II sera fourni à chaque comité des listes complètes des anciens élèves, dès qu'elles seront imprimées, et autant d'exemplaires qu'il en faudra.
l'^''' octobre 1898, 95*' anniversaire de l'ouverture de l'Ecole latine de Nicolet.
J.-A.-Ir. DOLVILLE, Ptrc
Le personnel d'organisatioir devait être assez tôt constitné.
Le 13 janvier 1900, Montréal formait un comité composé ainsi qu'il suit :
Président honoraire: M. le D' J.-L. Léprohon.
Président: M. Raphaël Bellemare, ancien journaliste et publiciste, de Montréal.
10 IN THonrcriox
Membres du comité: L'hon. A.-l'. Angers, avocat, C, R., ci-dc'vant juge, ministre aux (^onnnunes du Canada el lieulenanl-goiiverneur de la Province, Tlion. A. I)esjardins, sénateur. Thon, juge Clis (îill, .M^' Z. Chanipoiix, M. 1{. Leniieux, avocat, professeur à la l'acuité de droit de riniversité Laval et député aux (^onnnunes du (<anada, M. Louis Fréchette, homme de lettres, membre de la Société Royale du (Canada, grellier du Conseil Législatif" de la Province, AL le D' L.-E. Desjardins, médecin-oculiste.
Trésorier: NL .[.-A. Prendergast, financier.
Secrétaires: MAL Albert-P. etOscar-P. Dorais, avocats.
Le 1*"'' mars suivant, ce comité adressait aux élèves de sa circonscription le chaleureux appel dont je détache les lignes suivantes:
« Le Séminaire de Nicolet, fondé en 1803, célébrera, en 1903, le centenaire de sa fondation. Les directeurs de cette institution classicjue, la plus ancienne du pays après celles de Québec et de Montréal, se j)roposent de célébrer avec éclat ce glorieux anniversaire au mois de juin 1903. Ils chérissent l'espérance de voir réunis auprès d'eux, en cette occasion solennelle, tous les anciens élèves, dispersés en grand nombre par tout le Canada et les Etats- Unis, et pour lesquels ils ont conservé une afVection si remarquable.
« Il y a un projet qui a été suggéré par plusieurs anciens élèves et qui semble recevoir une approbation unanime, attendu (jue sa réalisation sera des plus pro})res à rappeler aux générations de l'avenir le mémorable événement du centenaire. Ce projet ({ui ne peut manquer de plaire aux autorités du Séminaire, est la construction
INTHODICTION 11
d'une chapelle comméinorative, signe diirai)le de cette atîection et de cette gratitude inaltérables qu'éprouvent pour leur Abua Mater les anciens élèves de Nicolet.
« Rien n'est plus rrapj)ant que le sentiment d'amitié Iraternelle (jui unit les uns aux autres les élèves de cette vénérable institution, où tant de générations son allées puiser la bonne éducation et les éléments variés de la science. La grande réunion projetée pour l'année 1903 sera une manifestation de ces sentiments toujours vivaces, et le monument érigé pour cette occasion servira à perpétuer le souvenir de cette tète familiale, à rappeler aux futurs élèves de cette institution le dévouement lilial et la généreuse atfection de leurs prédécesseurs.»
De son côté, Québec, le L' lévrier, avait composé son comité, où figuraient les personnes suivantes :
Président: l'hon. .J. Blanchet, juge C. B. R.
Vice-président : M. l'abbé F. Morisset, p'"'', curé de S'-Anselme.
Trésorier: M. J.-D. Montambault, avocat, C. R.
Secrétaire : M. J.-E. Prince, avocat.
Mendyes du comité: MM. les abbés Luc Rouleau, p'''", chanoine, du diocèse de Rimouski, (ieorge McCrea, p""^, curé de Saint-C.asimir, Zoël Landîerî, p'''", curé de Saint-François de Beauce, MM. L.-N. Carrier, notaire et régistrateur, de Lévis, Aug. Pacaud, avocat, de Saint- Joseph de Beauce et J.-R. Prince, médecin-dentiste, de Inverness, comté de Mégantic.
Par sa lettre adressée aux élèves de son ressort, le comité disait :
« Si les anciens élèves de Nicolet veulent, à l'époque du centenaire, fonder quelque chose qui soit en harmonie
12 INTHOnrC.TIOX
avec la lèlc, (jiiol aulre inoiuinienl i)eiil mieux (|u'un temple en symboliser la grandeur, en marquer le durable souvenir?
« Cette chapelle, (jui fera corps avec Tédilice loul entier dont elle est comme le couronnement, unira heureusemenl dans une même pensée et un même sentiment les pieux initiateurs du siècle qui va s'éteindre et ceux du siècle qui va bientôt luire.
« De cette manière, aussi, la religion, qui tient une place si importante dans l'éducation et que tant de représentants de Nicolet ont honorée jusque dans les plus hautes fonctions du sacerdoce, aura le rang qui convient dans le dessein commémoratil du centenaire.
«Enfin, outre (jue le temple se prête admiral)lement à tous les embellissements de l'art, rien ne saurait mieux que cet asile de concorde et de prière rappeler de siècle en siècle le lien Iraternel (pii unit toujours si étroitement les membres de la grande famille nicolétaine. »
Dans une autre lettre importante adressée, vers le même temps, aux anciens élèves canadiens-français des Etats-Unis, M. l'abbé Bourret, alors curé de Waterbury, dans l'Etat du (^onnecticut, mais formant partie maintenant de la maison même de Nicolet, annonce que leur comité est formé et se compose des personnes suivantes :
Président: M. l'abbé C.-E. I^runault, Holyoke, Mass.
Vice-présidents: L'hon. Aram Pothier, Woonsocket, R. I., MM. les al)bés F. Tétreau, alors curé de New- York, aujourd'hui curé de Drummondville, et M. Laplante, de Berlin Falls, N. H.
Autres membres du comité: M. Marc Fontaine, Spencer, Mass., MM. les abbés J.-A. Legris, Webster,
IJVTRODUCTION 13
Mass., A. Delphos; Chicopee Falls, Mass., A. Lamy, Spencer, Mass., P. Portier, Aurora, Kansas, MM. les docteurs Jos. Lemaître, Manchester, N. H., et Robert St-Jacques, Marlboro, Mass.
Trésorier: M. l'abbé L.-O. Triganne, curé d'Adams, Mass.
Secrétaire: M. l'abbé J.-E. Bourret, curé de Waterbury, Conn.
Secrétaires locaux: Diocèse de Portland : M. l'abbé N. Charland, Waterville, M% M. Ern. Léprohon, Portland, M^
Diocèse de Burlington : M. l'abbé N. Proulx, Rutland, V, M. Albéric Bellerose, M. D., Rutland, V^
Diocèse de Boston : M. l'abbé A. -G. Rainville, Brockton, Mass, M. Emile Poirier, M. D., Salem, Mass.
Diocèse de Springfield : M. l'abbé W. Alexander, Holyoke, Mass., M. L.-L. Auger, M. D., Worcester, Mass.
Diocèse de Hartford : M. l'abbé Jos. Désaulniers, Bridgeport, Conn., M. L.-G. Bourret, M. D., Waterbury, Conn.
Diocèse de Manchester: M. l'abbé T. -J.-E. Devoy, Greenville, N. H., M. Jos. MacDonald, M. D., Manchester, N. H.
Diocèse de New-York : M. l'abbé John-B. Tétreau, New-York, M. F. Levasseur, M. D., New- York.
Diocèse de Providence: M. l'abbé J.-A. Savoie, Woonsocket, R. I.,>M. Ernest Legris, M. D., Centreville, R. I.
Et M. l'abbé Bourrel lerniinc sa lettre en disant:
«Au reste, tout en nous permettant de l'aire quelques suggestions, nous savons bien que d'une manière ou d'une autre cbacun tiendra, dans une circonstance comme celle-ci, à i)rouver que les élèves de nos belles institutions canadiennes n'ont pas perdu la mémoire du cœur en passant la ligne 45""^, mais (jue tous, au contraire, ont conservé envers leur Aima Mater la plus sincère atîeclion et la plus profonde reconnaissance.»
Je m'empresse d'ajouter à l'honneur de ces élèves que si, en général, les Nicolétains ont généreusement répondu à l'appel de leurs camarades, ceux des Etats-Unis, Irlandais comme Canadiens-Français, ont lait largement leur part, en cette circonstance, comme le prouvent surabondamment tous les témoignages.
Le généreux concours qu'ils ont donné dans l'érection du monument est de ceux qui honorent infiniment leur esprit et leur cœur.
Le comité de Nicolet, comme bien l'on pense, devait aussi promptement se former, (tétait le plus important.
Au reste, deux otficiers, un président, M. l'abbé Majorique Marchand, curé de Gentilly, un secrétaire, M. l'abbé Edmond Buisson, curé de Saint-François-du-Lac, paraissent composer toute l'organisation ; mais il ne faut pas oublier que de ce comité dépendent des sous-comités fondés à Trois-Rivières, à Nicolet même, à Arthabaskaville, à Saint-Grégoire, à Bécancour et à la Baie-du- Febvre, endroits où, de tout temps, les Nicolétains furent si nombreux.
Par sa lettre datée de IcSUV), le secrétaire disait:
«En 1903, le Séminaire de Nicolet célèbre! a le centième anniversaire de sa londation. Il est peu d'institutions sur la terre de la jeune Amérique qui conqitent dans leur existence une période de temps aussi longue ; il en est peu, aussi, qui aient donné à l'Eglise et à la société un plus grand nombre d'hommes remarquables par les talents et les services rendus, qui aient su inspirer à ceux qu'elles ont lormés un plus vif attachement, et (|ui aient uni entre eux leurs enfants par des liens d'une plus touchante et fraternelle atfection.
«Aussi, tous les lils de la grande famille nicolétaine seront-ils heureux de célébrer ce glorieux centenaire, et de saisir cette occasion d'exprimer d'une manière durable leur éternelle reconnaissance à la maison qui les a initiés aux connaissances et aux vertus sociales.
« Quelques-uns d'entre eux, réunis au Séminaire au mois d'août dernier pour la retraite ecclésiastique, j)ro[)osèrent, dans une réunion provoquée à cet effet, la construction d'ime chapelle, comme la manière la plus propre de commémorer cet événement du centenaire et de redire éloquemment aux générations futures l'affection et la reconnaissance des Nicolétains actuels pour leur Aima Mater. »
Un comité rej)résentant les élèves de langue anglaise des Etats-Unis, était aussi organisé, ayant })Our })résident le R"' l^hilippe-J. O'Donnell, curé de l'église Saint- Philipi)e de Boston, et })our secrétaire le IV'' John-D. Colbert, curé de Wakefield, Mass.
L'empressement avec lequel ces dévoués fils de Nicolet, d'origine irlandaise, répondent à l'invitation qui leur est faite, le sympathique souvenir qu'ils ont conservé de
16 INTUOnUCTlON
Nicolet, sont de ces choses qui louchent et qu'on ne saurait rappeler sans admiration.
Le projet de célébrer dignement la lèle avait donc été embrassé avec ardeur.
(kdui d'élever un monument pour en commémorer le souvenir, convenait trop pour (pi'il ne lïit également bien accueilli, et c'est avec un zèle et un dévouement au-dessus de tout éloge que les difl'érents cercles se mirent à l'œuvre.
Deux ans environ s'écoulèrent pendant lesquels les travaux lurent poussés avec la plus grande vigueur.
La bénédiction de la pierre angulaire eut lieu le 28 avril 1901, avec beaucoup de solennité, quoique la cérémonie fût intime, (i^
Nous avions le plaisir d'y assister en compagnie de l'hon. juge Blanchet, président du comité de Québec, et en compagnie de quelques invités au nombre desquels M. F,-L. Désaulniers, de Montréal, fonctionnaire civil et autrefois député, l'un des anciens élèves les plus attachés à la maison.
Dix-sept mois après la bénédiction, le 24 septembre 1902, une assemblée composée des représentants de tous les comités, était convoquée à Nicolet pour rendre compte des opérations, et mettre la dernière main à l'organisation de la fête.
(1) 28 avril 1901, dimanche, fête du patronage de saint .Joseph. Les travaux d'excavation avaient été commencés le premier mai 1900, la fondation et les murs du rez-de-chaussée achevés, la même année. Les murs de la chapelle et la toiture devaient être construits en 1901, l'intérieur, dans le cours de 1902 et 1903.
La réunion, va sans dire, devait avoir lieu au Séminaire où, du reste, les délégués venus de loin, recevaient l'hospitalité.
Nous reproduisons le procès-verbal de la séance si importante tenue à cette occasion.
Procès-verbal d'une assemblée des représentants des différents comités d'anciens élèves du Séminaire de Nicolet, tenue, à Nicolet, le ''2't septembre 1902, dans le but d'organiser la célébration du centenaire de 1903.
Présents: M. l'abbé J.-A.-I. Douville, supérieur du Séminaire, M. Raphaël Bellemare, de Montréal, D' L.-E. Desjardins, de Montréal ; MM. les abbés P. Quinn, de Richmond,D. (iérin, de Saint-Justin, M. -A. -J. Marchand, de Gentilly, John-D. Colbert, de Wakefield, Mass., P.-J. O'Donnell, de Boston, Mass., C..-E. Brunault, de Holyoke, Mass., L.-O. Trigànne, de Adams, Mass., J.-E. Bellemare, de la Baie-du-Febvre, L.-A. C.ôté, d'Arthabaskaville, V.- P. Jutras, de Tingwick ; MM. Eugène .Crépault, avocat, Arthabaskaville, L.-N. Charrier, régistrateur, Lévis, N.-L. Denoncourt et F. -S. Tourigny, avocats, Trois-Rivières, J.-E. Prince, avocat, Québec, D'" H. Trudel, St-Grégoire, J.-L» Belcourt, notaire, La Baie-du-Febvre, W. Camirand et L.-H. (Moineau, avocats, Nicolet, Oscar-P. Dorais, avocat, Montréal.
L'assemblée a d'abord élu comme son président honoraire M. Raphaël Bellemare, comme son président actif, M. l'abbé J.-A.-L Douville, et, comme son secrétaire, ^L Oscar-P. Dorais.
18 INTHODl'CTION
Etat des S()ns(rii>lit)ns en /((iwiir du luoiininciil du ccntciKtirc de Xicolcl, le '2'i septembre l!l(r2.
Souscriptions Payé I)ù
lo Comité (le Nicolet !r;l(im4.()() 813551.25 s 2i):r2.75
2" Comité de Montréal 2200. 00 117().î)0 102:5.10
3o Comité (le Québec 707.00 500.00 207.00
4o Comité des É.-U. (fr.) 14425.00 9795.00 -KiiiO.OO
5o Comité des h.-U. (ang.) 2075.00 990.00 1085.00
830551.00 i-!20013.15 iril0537.85
Coût du nioiuimeiit du centenaire à la même date : ^3,851.93.
Estimé pi'obable des trais pour le terminer: )«;10. ()()().
Il n'y a jusqu'à présent que 250 souscripteurs inscrits.
L'assemblée adopta ensuite à l'unanimité les résolutions suivantes, savoir:
1" La date de la convention générale des anciens élèves du Séminaire de Nicolet, à l'occasion du centenaire de la londalion de cette institution, sera le 10 juin 1903. La tète commencera à neuf heures du matin, ce jour-là, et se prolongera juscpie dans la soirée.
2" Des trains spéciaux de Montréal et de Québec, par le chemin de Ter l'Intercolonial, seront organisés; ces trains quitteront Montréal et Québec, pour Nicolet, à 5 heures du matin. Il y aura aussi un train qui partira de Victoriaville })our St-(irégoire à G heures tlu matin, et un bateau qui partira de Trois-Rivières [)()ur Nicolet, aussi à 6 heures du matin.
3" Le programme de la journée sera comme suit:
A 9 heures, matin — Réception des anciens élèves, dans la grande salle nouvelle. Adresse des anciens élèves,
qui sera présentée par M. Raphaël Bellemare. Réponse à cette adresse.
A 10 heures- Grand'messe pontificale et sermon.
De midi à 1 heure Temps libre.
A 1 heure -Banquet.
A 2 heures Temps libre.
A 3 i,> heures — ^Séance: adresse des élèves et réponses.
A 6 heures — Souper.
A 7 heures- Temps libre.
A 7 Kl heures - Séance d'adieu, suivie du Te Deiim et de la bénédiction du Saint-Sacrement, puis de la prière du soir qui se terminera par le chant du Siih tuiim en usage au Séminaire.
A 9)4 heures- Départ.
4° Quant à l'ordre de préséance, il est entendu que, sauf les personnages officiels, les élèves seront classés cours par cours ou classe par classe, suivant l'ordre d'ancienneté.
5° Pour cette fête du centenaire, il sera présenté un emblème-souvenir, avec écusson du Séminaire de Nicolet et indication du centenaire. M. l'abbé Douville voudra bien se charger de faire cet emblème, qui sera distribué aux anciens élèves présents, à des conditions raisonnables.
6° Les secrétaires des comités de Montréal et de Québec demanderont par les journaux, aussitôt que possible, à tous les anciens élèves avec qui on n'a pas encore pu communiquer, d'envoyer leur adresse au secrétaire du comité dans la circonscription duquel ils peuvent se trouver ou dont ils peuvent dépendre ; les noms et
IXTRODUCTION
adresses des secrélaircs dos dilVérenls comités seront donnés dans ces journaux. (Pour le comité de Montréal, A. -P. et O.-P. Dorais, avocats, 97, rue St-Jacques, Montréal ; pour le comité de Québec, J.-E. Prince, avocat, Québec; pour le comité de Nicolet, M. l'abbé J.-E. Buisson, St-François-du-Lac et L.-H. (^omeau, avocat, Nicolet ; pour le comité des anciens élèves de langue anglaise, aux États-Unis, M. l'abbé J.-D. Colbert, Wakefield, Mass. ; pour le comité des anciens élèves canadiensfrançais des Etats-Unis, M. l'abbé L.-O. Triganne, Adams, Mass.)
7° Monsieur J.-E. Prince, avocat, de Québec, voudra bien se charger de préparer pour le mois de décembre prochain (1902), une circulaire qui sera imprimée et distribuée, en janvier 1903, aux secrétaires des ditïérents comités, pour être adressée à tous les anciens élèves dont l'adresse sera alors connue. (A^tte circulaire sera faite au nom du comité général des anciens élèves, composé de toutes les personnes faisant partie de l'assemblée d'anciens élèves tenue au Séminaire de Nicolet, le 24 septembre 1902.
8" Toutes autres questions de détail concernant la célébration du centenaire et la convention générale des anciens élèves, qui pourront surgir jusqu'au 4 juin 1903, sont laissées à l'entière discrétion des membres de la corporation du Séminaire de Nicolet.
9° Cette assemblée des représentants des anciens élèves, tenue à Nicolet le 24 septembre 1902, n'a pas voulu terminer sa séance sans exprimer sa parfaite satisfaction et
son approbation la plus complète, à l'égard des travaux de construction de la chapelle coimnémorative, lesquels travaux sont très avancés.
Vraie copie du procès-verbal.
OscAR-P. Dorais,
Secrétaire.
(domine on le voit, la îète au lieu de rester iixée aux 23 et 24 juin, comme beaucoup l'eussent préléré, était avancée d'une quinzaine et fixée au 10.
Il restait ainsi neuf mois environ à courir.
Conformément à la résolution de l'article 7", le comité général adressait son dernier appel aux élèves, fin de janvier 1903.
Pendant ce temps, les listes de souscription ne devaient pas rester stationnaires.
Dans son discours de remerciements. M"'" Douville a donné à peu près le résultat général; Nous publions le dernier état (jui nous a été envoyé par le même et qui est définitif.
Soiiscrij)tions en faneur du monument du centenaire, juin W()3 {par comités)
Souscriptions
1" Xicolft 818073
2" Montréal liOTS
3" Québec 1319
4» É.-U. (anglais) 3365
5" É.-U. (français) 13946
839781 Autels et statues 6000
Totaux: s45781 840061 S5720
Payé
Dû
"22 INTHODl'CTION
Ces chiflVcs ont une signification, certes, fort éloquente.
Il ne faudrait pourtant pas les accueillir à la légère, quand il s'agit de comparer entre eux les montants souscrits par les divers comités.
Toute générosité à part, ce (ju'ils décèlent principalement c'est Ti nportance relative des milieux (pi'habitentlesélèves. (^ar, quels que soient les montants souscrits, partout l'on a fait preuve de sympathie réelle, de bonne volonté rare et il y a dans les archives d'une volumineuse correspondance, malheureusement trop longue et trop intime pour être pul)liée ici, des témoignages de piété filiale qui resteront l'un des plus cbcrs souvenirs de la maison nicolétaine.
Tous ont tenu à honneur de montrer à VAlma Muter que ses enfants n'ont pas dégénéré, que cette atï'ection, dont l'excellence a toujours été vantée, est aussi vivace aujourd'hui cpie jamais.
L'érection d'un monument tel (jue celui (jue possède aujourd'hui Xicolet en est une preuve irréfragable.
Au milieu des préparatifs qui devaient conduire à la fête du 10 juin, il serait injuste de passer sous silence la constance, l'habileté, l'ictivité inces ante du supérieur du Séminaire. Il semblait ({u'il fût partout à la fois. Pendan'. qu'il 'aisait lace aux devoirs déjà si amples de sa charge de supérieur, il correspondait avec les comités et les élèves, conduisait les traAaux de la chai)elle, accomplissait plusieurs voyages, et achevait, six mois avant le temps fixé pour l'événement, l'histoire du Séminaire en deux forts volumes in-quarto de 700 pages chacun.
en attendant que, grâce toujours à sa surveillance, la chapelle fût elle-même prête pour le temps fixé.
Nous avons eu occasion déjà de parler de l'Histoire du Séminaire, ouvrage qui eût suffi, dans les derniers temps, à occuper tous les loisirs d'un travailleur ordinaire.
Pouvait-il se trouver idée plus heureuse que celle de mener à point ensemble les deux entreprises, l'une de célébrer les fêtes du 10 juin et l'autre de publier l'histoire de l'institution qui en était l'objet?
(iràce à l'aide elficace qu'il dut recevoir sans doute de la part de ses confrères de la maison, aide dont il sera le premier à reconnaître le prix, la fortune voulut que M. Douville exécutât les deux projets avec un égal bonheur.
(^ette histoire est une mine de renseignements curieux et intéressants sur la maison de Nicolet.
Aucune recherche ne semble avoir été épargnée, aucun détail négligé, pour en faire un tableau complet et définitif de l'époque (|u'elle embrasse.
L'historien avait à son service une expérience consommée de la gouverne des séminaires, y ayant dépensé près de quarante ans dans l'exercice de toutes les fonctions qui y sont compatibles.
Il connaissait les anciens pour avoir joui du commerce de beaucoup d'entre eux; aussi, sa mémoire heureuse lui a-t-elle permis d'en tracer des portraits d'une fidélité admiralîle.
C'est un véritable charme aujourd'hui de pouvoir contempler en pleine lumière ces vétérans d'un autre
24 INTMODrC/riON
àgc, CH'S lioiiiincs dont plusieurs t'iisscnl pu, p;ir leurs talents, i)riller sur une seène plus vaste, mais qui se contentèrent de mener une vie humble, entièrement consacrée à l'éducation de la jeunesse.
En sau\ant leur nom de roid)li, non seulement l'historien s'est ac(juis la reconnaissance des fils de Xicolet, mais il a aussi bien mérité de son pays,
A})rès avoir lu cet ouvrage, il nous est venu à J'esprit que l'indirtérent ou l'étranger serait peut-être tenté de reprocher à l'écrivain trop de complaisance dans la peinture des événements et des hommes.
Ces derniers y apparaissent, l'on dirait parfois, plus grands que nature.
Mais quand l'on a eu, comme nous, l'insigne honneur de connaître quelques uns de ces hommes, aujourd'hui descendus dans la tombe, vraiment l'on n'est plus étonné. L'on n'est plus étonné de rencontrer tant de ])errection là où brilla si pure l'auréole sainte de l'abnégation et du dévouement.
L'œuvre de M. Douville constitue donc l'une des monographies les plus complètes qui aient encore été écrites en ce genre.
(^est i)eut-ètre la plus considérable que notre éducation secondaire possède aujourd'hui.
Elle forme un tableau admirablement instructif et réconfortant, que la génération actuelle aura profit à méditer.
Il s'échappe, enfin, de ces pages un parfum de douceur et de bonté excpiises. Tout Xicolet, le vieux Nicolet,
est là avec ce charme inexprimable qui n'est qu'à lui et que seul un homme de bien en même temps qu'homme de cœur, pomaii rendre dans un tel ouvrage.
C'est, on l'a dit avec vérité, un monument à lui seul que ce beau livre élevé à l'honneur du Séminaire.
Tous deux, celui de la chapelle-souvenir et celui-là, sont venus à point témoigner de la piété filiale envers une institution chère, et glorifier un })assé dont on ne saurait trop conserver le culte aimé et reconnaissant.
J.-E. Prince.
Québec, l^-r octobre 1903. ,