‹ Le Séminaire de NicoletChapitre 2 sur 33 · CHAPELLE-MONUMENT DU CENTENAIRE · texte numérisé non relu

CHAPELLE-MONUMENT DU CENTENAIRE

ADRESSES, DISCOURS, POESIES, Etc.

C'était une heure qui ne manquait pas d'intérêt que celle-ci :

Départ de Montréal on de Qnéhec, 5 henres.

Pour Québec, cela équivalait à -i}^, dernier bateau, et, au plus tard, 4 heures pour le lever.

Il s'agissait d'arriver à Nicolet à 8 h'"'^^ Or, comme il n'y avait qu'un seul convoi du matin, qu'un seul jour officiellement consacré à la fête, qu'une seule fête du centenaire, l'an de grâce 1903, le fameux dilemme de Hamlet, to he or hot ta he, mot à mot : prendre les chars on les manqner, s'imposait.

Ce Shak'speare, Monsieur, était un liien grand homme !

Tous les voyageurs se trouvèrent au poste à 5 h'"'^^ Remarqués parmi, MM. les abbés Chabot, ancien curé de St-Basile, Sormany, d'en bas de Québec, G. McChea, curé de Saint-Casimir, MM. L.-N. Carrier, père et fils, D'" La.certe, J.-B. Dumont, rédacteur de V Evénement, tous de Lévis, M. le chanoine Bolduc, de Cacouna, le

30 SKMIXAIHK DE NICOLKT

I)'' Victor Laiirin, de la Potile-Hivière, Ak-xandrc Fréchette, négociant, 1). Auger, de l'Hôtel des postes à Québec.

Je ne sais — en ma qualité de narrateur- comment Montréal s'arrangea. Ils n'avaient pas les préliminaires d'une traversée, eux.

Quant à Québec, certain nombre craignant de manquer l'étrier, s'allèrent blottir commodément, la veille, dans un char-dortoir, à Lévis, sûrs d'être remorqués, le matin, sans qu'eût à en soutïrir le moindrement un bon somme.

Au matin-jour, le temps était couvert. Il n'avait pas plu depuis des semaines. Tout le monde — hormis les Nicolétains, bien entendu — conjurait le ciel d'ouvrir ses cataractes et le ciel, à la fin, semblait sur le point de céder aux supplications.

La brume, une brume épaisse, descendait si bas que du milieu du fleuve on ne distinguait pas Lévis.

Les voyageurs loin de Québec, ceux des Etats-Unis, ou d'ailleurs, loin des grands centres; avaient dû partir avant nous par toutes les voies, soit celles du nord, soit celles du sud. Quelques invités de Québec étaient de ce nombre.

Le train de Lévis n'avait pas lait {|uel([ues milles que le rideau de brume commençait à se trouer de toutes parts, laissant percer les rayons du soleil.

LTne belle journée en perspective !

A toutes les gares où nous devions stopper, de nouveaux élèves prenaient passage. Au croisement des voies.

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à Aston, très grand nombre de fêtards nous rejoignent, anciens élèves, invités, quelques dames, des curieux, etc.

A Sainte-Monique, paroisse voisine dé Nicolet, où !e train de Montréal, en nous précédant de quelques minutes, a pourtant dû prendre un fort contingent de monde, nous sommes envahis.

Au milieu des gais propos, des rires, nous ressentons vraiment les premiers charmes de la fête qui nous attend.

Nous voici à Nicolet. Le trottoir de la gare est tellement rempli par la foule que nous ne savons comment faire pour descendre.

De la gare au Séminaire, un long défilé de voitures ou de piétons s'est formé. Nous entrons dans les rangs.

La rue des Quarante a pris un air de fête. Les gens en habits de dimanche sont dans les fenêtres ou sur les perrons, regardant passer les voyageurs. Ici et là, les maisons sont ornées. Au loin, flottent des pavillons, des insignes, etc.

C'est une vieille petite ville de province que Nicolet. On n'en voit nulle part qui ait son cachet. Sans doute elle doit cela en partie au Séminaire. La fête de ce jour est aussi la sienne ; comment pourrait-il en être autrement ? N'est-ce pas tout Nicolet que cette vieille institution si considérable? Quelle place n'occupe-t-elle pas dans le cœur de ses habitants, comme dans celui des habitants de toute cette contrée?

Aussi, ils en sont fiers. Une partie de sa fortune, on le sent, a rejailli sur eux. Ses joies, comme ses deuils, sont donc les siennes.

Même spectacle (jue dans la rue des Quarante du c()té de la rivière ou de l'église, et dans l'avenue principale où les touristes des bateaux et des environs arrivent en foule.

La façade du Séminaire est décorée. Au-dessus de la porte d'entrée, comme lors des fêtes de 1<S()(), on lit en grandes lettres les mots :

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