‹ Le Séminaire de NicoletChapitre 19 sur 33 · A TRAVERS JOURNAUX, LKTTRKS, ETC · texte numérisé non relu

A TRAVERS JOURNAUX, LKTTRKS, ETC

Pendant que la lamille nicolétaine se réjouit, la presse française du pays, nombre de personnages en vue à l'extérieur, adressent de toutes parts des félicitations à la maison.

L'historique des fêtes serait donc incomplet s'il n'était accompagné au moins de quelques témoignages (il serait impossible de les mettre tous dans ce livre) de cette sympathie universelle si touchante.

Du reste, quelques écrits de nos principaux journaux se trouvent à combler heureusement certaineslacunes de notre récit, en décrivant « la fameuse journée » sous des aspects et avec des détails quelquelois nouveaux qui ont échappé au narrateur.

Cela suppose aussi naturellement des écrits composé pendant ou après la solennité en question. La Presse du 6 juin, néanmoins, contient un article qui, par la façon dont il est conçu, celle dont le grand organe canadien l'accueille dans une page spéciale tout ornée de portraits, mérite d'être conservé. Il émane, du reste, de la plume de l'un des anciens élèves les plus distingués de la maison nicolétaine.

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LE CKNTKNAIRE DU SHMINAIHK DE NICOLET

A l'occasion du ccnlcnaire du C.ollège-Séminaire de Nicolet, messieurs les directeurs de celle maison onl convoqué une réunion générale des anciens élèves et des amis de l'éducation.

Le conventum est fixé au 10 du courant.

UAlma Mater veut rassembler ses lils, dispersés un peu partout par les hasards de la vie, pour célébrer en famille, les lètes de son glorieux jubilé. L'appel maternel ne manquera pas, d'être entendu.

Nous irons tous à Nicolet !

C'est un devoir de reconnaissance pour les amis de l'éducation, envers les instituteurs de la jeunesse.

Le bienfait de l'éducation chrétienne ne s'estime pas.

Il est la plus solide, comme aussi la plus brillante portioii de la fortune des peuples.

Malheur à la nation (|iii ne saurait pas l'apprécier! On pourrait sûrement prédire d'elle (ju'elle est vouée d'avance à la ruine morale, à la décadence et à l'asservissement.

L'instruction et l'éducation chrétiennes sont, en effet, les seules forces génératrices de la grandeur morale des peuples, et, en même temps, le boulevard le plus inviolable de leurs libertés.

Cette puissance merveilleuse de l'éducation sur les destinées des sociétés, s'est manifestée d'une manière trop évidente en faveur des Canadiens-Français, au cours du dernier siècle, })our (ju'il me soit nécessaire, ici, d'en faire la démonstration.

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C/est une vérité historique ouvertement connue, et appréciée de tous.

Les laits parlent deux-inèines.

Cependant, il me sera bien [)ermis de lairc, à ce sujet, une mention spéciale pour la maison de Nicolet.

Puis([u'elle a pris sa large part de travail tlans le développement des lettres et des sciences, depuis les jours de sa Fondation, il convient, en celle occasion, de lui donner sa part des mérites dans les succès réalisés, de faire la revue de ses titres de gloire, de la citer à son rang, sur le tableau d'honneur.

L'événement prend ainsi le caractère grandiose dun véritable jubilé national.

Ce mouvement patriotique et chrétien se faisait sous la direction de l'illustre évêque Plessis.

Avec son ,génie pénétrant, le grand évêque, dont le ferme non lieet avait déjà sauvé les libertés de l'Eglise au Canada, comprit de suite que la petite école de Nicolet nélait pas tout ce qu'il fallait pour répondre aux besoins de l'avenir. Kn effet, les deux rives du Saint- Laurent, entre Québec et Montréal, étaient déjà à cette époque densément peuplées. Et, malgré la tenure seigneuriale, la colonisation se répandait rapidement par de là les côtes, au nord et au sud du fleuve. Les communications entre ces deux rives étaient ditficiles et dispendieuses. (Elles ne sont guère meilleures aujourd'hui encore pour la rive sud). Et comme il n'y avait alors que deux collèges dans le pays (celui de Québec et celui de Montréal), les habitants du centre de la province se trouvaient, pour ainsi dire, absolument privés des avantages de ces institutions pour l'éducation de leurs enfants.

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Telles lurent les raisons qui délerminèrenl rétablissement d'un troisième collège. I^^t, sur les fondations de la modeste école du curé lîrassard, rarchevè(iue de Québec jeta les bases du (Collège de Nicolet, dont on célébrera, le 10 courant, le premier centenaire.

L'a'uvre de Flessis n'a i)as été stérile.

C/est, en eflet, de cette maison, à la naissance si bumble, que sortirent ces générations d'atblètes du sacerdoce, de la polititiue et des professions civiles, qui se signalèrent toujours au i)remier rang, dans les diverses carrières ouvertes à l'activité humaine.

Pour ne mentionner que quekiues-uns de ceux qui ne sont plus, je cite: les évcques C.ook, Provencher. Prince, Bourget, Baillargeon, Gaulin, Moreau et Laflèche ; les juges Bédard, Polette, Fournier, Thomas Loranger, A. -A. Dorion, Olivier, (Charles Gill, etc. Dans les professions et la politique : Joseph-Edouard Turcotte, J.-C. CJiapais, Bellerose, F.-X.-A. Trudel, Etienne Parent, Valère (iuillet, P.-B. Dumo lin, Edouard et Philippe Pacaud, Antoine et Elzéar Gérin-Lajoie, Evariste Gélinas, Norbert Provencher, Sévère Rivard, les docteurs Beaubien, Léprohon, F^.-H. Trudel, etc., etc.

Ces princes de l'Eglise, ces chefs de la magistrature, de la politique et des professions, sont tous comptés au premier rang de ceux qui ont illustré le pays, par leurs talents, leur travail et leurs succès, dans les positions qu'ils ont occupées.

Voilà l'œuvre des éducateurs de notre jeunesse.

Ils sont des façonneurs d'âmes, des défricheurs d'intelligence. Et tout ce labeur, ils le donnent gratuitement, pour Dieu et pour la j)atrie.

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Je dis qu'il n'y a rien de plus grand sur terre que les dévouements de ces huml)les apôtres de l'enseignement.

Ne leur ménageons pas notre admiration. Aussi, est-ce bien pour ce devoir de reconnaissance ((ue les nombreux amis de l'éducation se rendront à Nicolet, le 10 juin courant, pour présenter leurs hommages aux dignes supéreurs de cette maison, qui ont su maintenir dans toute leur pureté, les traditions de zèle, de dévouement, de patriotisme et de bonté, que leurs devanciers avaient reçues de l'illustre évèque Plessis lui-même.

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