‹ Le Séminaire de NicoletChapitre 6 sur 33 · SKMINAIHK I)K MC.OI.KT · texte numérisé non relu

SKMINAIHK I)K MC.OI.KT

(( Oui, VOUS ave/. laison de le dire, à la gloire de noire maison il y a eu iei tout un héritage sacré destime, d'alVeelion, de dévouenienl pour leurs élèves, (}ui s'esl transmis des premiers directeurs à ceux (jui les ont suivis, d'un Léprohon, par exemple, à un (^aron, de celui-ci à un autre, puis de cet autre à un autre encore.... Je n'irai pas plus loin, de peur d'arriver jusqu'à nos jours et de paraître louer les vivants. Toutefois, il me sera l)ien permis de dire que ce même esprit des anciens directeurs et professeurs n'est pas tout à fait disparu de la maison, grâce à Dieu, et, croyons-le, il ne disparaîtra jamais. Cette heureuse tradition, qui a fait sa gloire et son bonheur dans le passé, continuera à lui attacher les générations présentes et futures, comme elle lui a attaché celles du premier siècle de son existence. C'est bien là, en eû'et, le secret de la grande estime, de la profonde affection des élèves de Nicolet pour leur Aima Mater, telle qu'elle a existé dans le passé et telle qu'elle existera toujours, nous en avons le ferme espoir.

« L'arbre nicolétain, planté, cultivé, arrosé par des mains habiles et pieuses, enrichi surtout des bénédictions célestes, — Deiis incrementiim dédit, — cet arbre, dis-je, a grandi en produisant d'heureux fruits, des fruits abondants et pour l'Église et pour l'Etat. Pendant un siècle il les a répandus un peu partout, dans les diverses professions de la société civile et religieuse. Il fut un temps même, alors que le nombre des collèges classiques était plus restreint, où les élèves de celui de Nicolet semblaient monopoliser les positions les plus élevées et les plus enviables, se distinguant autant par leur nombre qiie par leurs succès. Sa. bonne renommée lui attirait des recrues d'élite d'une extrémité du pays à l'autre. Aujourd'hui, la clientèle de nos collèges est plus partagée; grâce

à leur nombre, la concurrence plus grande, et chacun d'eux se recrute dans un rayon moins étendu.

« Cela ne veut pas dire que les élèves de Nicolet, de nos jours, n'ont pas su conserver l'excellente réputation que leurs prédécesseurs s'étaient acquise dans les professions libérales et ailleurs, qu'il y brillent moins maintenant que jadis. Non, mais seulement ils sont plus disséminés dans les diverses carrières au milieu de leurs confrères des autres maisons d'éducation, anciennes et nouvelles, qui, elles aussi, ont su conquérir l'estime et le succès, tandis qu'autrefois c'était le partage d'un plus petit nombre d'institutions.

« A Dieu ne plaise qu'il entre dans notre i)ensée de vouloir nous élever au-dessus des autres collèges, ou d'exalter nos mérites et nos hommes plus qu'il ne faut, ou au désavantage des leurs. Nous sommes trop heureux de les considérer comme des frères qui partagent avec nous la grande tâche de former la jeunesse pour les diverses carrières, de reconnaître leurs succès en appréciant tout le bien qu'ils font et à l'Eglise et à la société, comme nous nous efforçons de le faire de notre côté Toute notre ambition est de marcher d'un pas égal avec nos émules, dans les voies du véritable progrès intellectuel et moral, et de suivre de notre mieux, avec eux, le mouvement scientifique et littéraire du temps présent: Haud pluribus impur ....

« Parmi les collèges qui remplissent si noblement le rôle qui leur est confié dans l'éducation de notre pays, il en est deux, les plus anciens, auxquels le nôtre doit beaucoup, pusqu'ils ont été les modèles sur lesquels il s'est formé et d'où lui sont venus tous ses premiers directeurs et professeurs : je nomme le Séminaire de Québec et le C.ollège de Montréal, nos deux illustres

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devanciers. Qu'ils veuillent bien recevoir aujourd'hui rexpression de notre perpétuelle gratitude ; car, la reconnaissance pour des bienfaits reçus, quand il s'agit d'une institution comme la nôtre, ne doit pas être limitée à un siècle, mais durer autant qu'elle-même.

« Deux autres séminaires, dont nous estimons hautement les mérites et les succès, ont eu, aussi, des rapports plus intimes avec le nôtre : celui de Saint-Hyacinthe, qui nous suit de près dans sa fondation et qui célébrera, par conséquent, son centenaire le premier après nous, et celui des Trois-Rivières, plus récent dans son établissement, mais qui marche depuis longtemps de pair avec les plus renommés. Tous deux, à leur origine, ont tiré leurs premiers directeurs et professeurs de Nicolet et ont ainsi contracté avec nous un certain lien de parenté dont nous nous honorons. De plus, ils sont nos voisins immédiats, et, par suite, nous les considérons comme doublement frères, et nous les estimons de même.

« Nous ne pouvons pas, non plus, passer sous silence, comme collège affdié, les liens qui nous unissent étroitement à la grande université française et catholique du Canada, l'Université Laval. Cette affiliation des collèges, sans parler des avantages incontestables qu'elle leur ofTre, à tous les points de vue, a pour elTet immédiat de les unir plus étroitement entre eux, d'en faire des frères heureux de suivre la direction sage et éclairée de cette commune Aima Mater, dont la gloire et les grands états de service viennent d'être célébrés avec tant d'éclat, il y a un an, à l'occasion du cinquantenaire de sa fondation. Reconnaissance donc et vif attachement à cette grande institution, à laquelle le Collège de Nicolet, fier d'être un des premiers affiliés, ofîre avec bonheur, au jour de la célébration de son centenaire, les plus sincères félicitations avec les meilleurs souhaits de prospérité.

«Il nous reste. Messieurs les anciens élèves, un autre devoir très agréable à remplir auprès de vous : c'est celui de vous remercier de tout cœur pour votre empressement à venir honorer aujourd'hui votre Aima mater devenue centenaire, et lui offrir à cette occasion, avec vos vœux de bonheur et de succès, un don magnifique qui atteste hautement et votre générosité et votre piété filiale à son égard. Kn fils dévoués et aimants, qui n'oublient pas les bienfaits qu'elle vous a procurés, vous déposez sur son fïont une couronne précieuse; vous l'ornez d'une nouvelle auréole de gloire dont l'éclat rejaillira bien loin dans le second siècle de son existence et au delà. Veuillez recevoir l'expression de notre plus sincère gratitude pour ce grand acte de bienfaisance à son égard, qui vous honore autant qu'elle-même.

«Si nous pouvons en ce jour jubilaire vous donner une cordiale réception sous ce toit nouveau, c'est grâce à vos dons généreux. Cet édifice, monument commémoratif de tout un siècle qui finit plein des meilleurs souvenirs pour les élèves de Nicolet, sera un témoignage éclatant de votre attachement et de votre libéralité pour notre chère Aima Mater. Honneur donc et reconnaissance à tous ceux qui ont bien voulu mettre la main à l'œuvre et fournir leur contingent pour édifier ce monument, que les directeurs de la maison se sont efforcés de rendre digne de l'événement qu'il doit rappeler et de ceux qui y ont si largement contribué, puisqu'il est destiné à redire aux générations futures du nouveau siècle, le zèle, le dévouement et la piété filiale de celles du premier! Les annales de la maison conserveront précieusement les noms de nos bienfaiteurs, grands et petits, présents et futurs (car la liste n'en est pas close avec cette fête), et l'histoire du Séminaire, dans le second siècle, les rappellera avec gratitude comme elle l'a fait pour ceux du temps passé.

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«Merci encore, Messieurs, de la mention si bienveillante que vous laites de cette flistoire du Scininnire, qui vient d'être livrée à la publicité. Toute iniparî'aite qu'elle puisse être, elle vous a été dédiée avec bonbeur, dans l'espoir qu'elle pourrait vous intéresser quehpie peu et contribuer à mieux faire connaître les bommes éminents et dévoués qui ont lait notre maison ce (pielle a été et ce qu'elle est, en vous la rendant encore plus cbère. Si cet ouvrage est aussi favorablement accueilli par tous les anciens élèves qui voudront bien le lire, celui qui en est l'humble auteur sera amplement récompensé du travail qu'il s'est imposé en faveur d'une cause qui doit intéresser toute la famille nicolétaine.

«Maintenant, Messieurs et chers amis, jouissons du bonbeur qui nous est donné en ce jour de nous voir réunis en si grand nombre sous le toit de notre Aima Mater, et que cette fête célébrée en l'honneur de son centenaire fasse époque dans son histoire et dans notre vie aussi ! Avant tout, rendons grâces à Dieu des grands bienfaits qu'il lui a départis si abondamment durant le siècle écoulé. Dans une commune allégresse, allons inaugurer le nouveau sanctuaire et y offrir nos adorations et nos actions de grâces au Dieu très grand et très bon, auteur de tout bien ; ce sanctuaire qui désormais rappelera tous les jours votre souvenir devant le Seigneur à vos successeurs du second siècle au Séminaire de Nicolet ! »

Le spectacle de cette vaste assistance, recueillie et écoutant debout la lecture de ces deux magnifiques discours, avait, dans les circonstances, quelque chose de véritablement impressionnant.

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Comme bien l'on pense, des applaudissements chaleureux ne manquèrent pas de souligner ce premier acte solennel de la journée.

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