LA MESSE PONTIFICALE
Ce lut M"' Bégin, archevètjue de Québec, qui officia à la messe de 10 heures.
Sa Grandeur était assistée du supérieur de la maison, de M. l'abbé Lecocq, supérieur de Saint-Sulpice, comme diacre d'honneur, de M. le chanoine Ferdinand Béland, sous-diacre d'honneur, de M. l'abbé Pierre Arpin, diacre d'office.
Les stalles du chœur étaient occupées par les dignitaires ecclésiastiques venus à la fête. Elèves et invités, laïcs surtout, partout ailleurs, remi)lissaient la nef.
La chapelle étincelait de toutes i)arts, sous ses feux nouveaux.
L'autel brillamment orné, les ornements pontificaux, la majesté du pontife célébrant les saints mystères, l'assistance au chœur de tant de hauts et vénérables dignitaires de l'Eglise, celle, dans la nef, de personnages distingués de toutes les classes de la société civile, le chant de l'orgue et des voix répondant par moments à celui de l'autel, faisaient encore de cette cérémonie, déjà si imposante par elle-même, un spectacle grandiose et des plus émouvants.
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Nic'olot i)()ssède aujourd'hui dans ce nionuuu'iil au(|uel les anciens élèves oui eu l'honneur de contribuer, l'une des chapelles les plus belles du diocèse, peut-être l'une des plus complètement belles du pays.
(Lomme on le sait, le Séminaire affecte la forme dune H. (^est celle d'un corj)s principal de 300 pieds de long sur 158 de large, ayant à chacpie extrémité une aile de 180 sur 43.
Les trois bâtiments reliés en un seul, possèdent trois étages et toit mansard.
La nouvelle chapelle serait comme la moitié d'une aile plus considérable placée entre les deux autres, au nord du tronc principal.
Avec son transept aux bras semi-hexagones, elle figure une croix grecque.
Sa dimension est de 135 pieds sur 55, et, au transept, 95.
Elle possède aussi trois étages, ou plus précisément un rez-de-chaussée et deux étages avec toit mansard, comme le Séminaire.
Un dôme octogonal domine tout ce nouvel édilice surlccjuel plane une croix, à 150 pieds de hauteur du sol.
Dans la lanterne de ce dôme, a été placée une statue en bois doré du Rédempteur auciuel Léon XIII a consacré le nouveau siècle.
Comme nous l'avons dit, tout le rez-de-chaussée ou premier étage, est occupé par la salle de réception. Le reste avec l'attique tenant lieu de voûte, appartient à la chapelle.
L'architecture est de style grec.
Celle du preuner étage, où comuience la chapelle, est d'ordre ionique avec colonnes et pilastres en stuc ; celle du deuxième, où court la galerie, d'ordre corinthien ; l'attique, d'ordre composite.
La dck'oralion porte or sur lond blanc. L'abside, demi-circulaire, est surmontée d'une voûte en l'orme de coquille.
Plusieurs autels sont érigés à chaque extrémité du transept. Autour du sanctuaire, la sacristie. La balustrade, en avant du chœur, se prolonge, chaque côté, entre des colonnes, jusqu'au bas de la chapelle, et se termine aux bénitiers. Klle sert ainsi à isoler les autels du transept et les conlessionnaux placés autour de la grande nel.
Dans la galerie du deuxième étage, en arrière, la tribune des musiciens, puis l'orgue, ce vieux monument de 1866, renlermé, aujourd'hui, dans celui plus considérable qui vient d'être construit, la chapelle même.
Tous deux, l'un par le son, l'autre par la lumière, chacun dans son langage, rappelleront longtemps ensemble, sans doute, les événements auxquels ils sont consacrés.
Des autels existent, aussi, dans le transept de cet étage, au-dessus de ceux du premier.
Dans les demi-nefs latérales du jubé, des sièges destinés aux étrangers et à une partie du personnel de la maison.
Les banquettes, en bas, sont réservés aux élèves.
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Le plan ^ént'ial do cet édilice. lt*I qu'il a été exécuté, réj)()n{l autant (lue possible aux })es()ins de la maison, mais il rappelle heureusement, aussi, celui d'autrefois.
I^our l'ornementation, les architectes ont encore été guidés par l'ordonnance de l'ancienne chapelle, (jui était admirée de tous et dont on voyait arriver la disparition avec tant de regret.
Les plans ont été tracés et exécutés par messieurs Louis C^aron, père et fils, architectes renommés de Nicolet, sous la direction et la surveillance du Sujjérieur.
Le plan du dôme est entièrement l'œuvre des architectes. Rien ne saurait être mieux proportionné, il semble, ni plus harmonieux (|ue ce dôme.
On le devine aisément, rien ne devait, non plus, être épargné pour taire, de toute cette immense construction, un édilice solide et durable, imposant par les proportions et de belle élégance.
Toute cette voûte du transept est d'un goût exquis comme ligne ou comme décoration.
Les autels, aussi, sont de belle proportion, simples €t jolinient ornés. Il y a de h'espace, beaucoup d'espace, partout, et il y a de la lumière.
Ça et là, des tableaux, ornent les murs, au-dessus du maître-autel et ailleurs.
Mais je m'aperçois qu'en m'amusant à décrire, la cérémonie avance.
Le chœur, sous la direction du maître de chapelle, M. l'abbé Désilets, chante une délicieuse messe en mi bémol de Léonard. Il faudrait entendre cette musique.
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Les solistes sont messieurs Arthur DulVesne, Kuclide Desjardius, pour le soprano, Paul Rainville, riiomas Bois, Gaston Dubé, pour l'allo, Willie Robidoux, Joseph Rousseau, pour le ténor, et Léopold (charpentier, pour la basse.
M. Auguste Paradis, ancien élève, s'est joint au chœur.
A l'oflerloire, un autre ancien élève, M. Paul Dul'aul, chanteur de profession, déjà renommé à New-York et ailleurs, l'un des plus riches ténors que nous ayons entendus, chante le vieux canti(jue Bénissons à jamais, etc. Chœur et nef, tous répondent avec un entrain admirable.
M. ()cta\e Hardy de (^hàtillon, professeur de musique du Séminaire, uii ancien, nous donne ici et là quelques pièces de violon. C'est toujours la même finesse, le même goût, ce brillant que tant de générations d'élèves se sont plu à admirer chez le musicien.
Combien — pourquoi ne le dirais-je ici — ne suis-je pas moi-même endetté envers ce bon artiste pour les premières jouissances, si pures, si douces, qu'il éveilla chez moi !
Parmi lant de souvenirs, celui-là, si poétique, n'a cessé de chanter dans ma mémoire. Et que d'autres comme moi, les Perreault, les Trudel, les Blondin, etc., n'ont-ils pas profité des enseignements du vieux maître!
Nous voici au sermon.
(^est un ancien élève de la maison que l'on a désigné pour cet office. Sa Grandeur M^' Bruneault, qui vient pour ainsi dire de revêtir la pourpre épiscopale.
58 SKMINAIHK DE NIC.OLKT
SKHMON DK SA CiHANDErH M*^' HlU'NKAl'LT
KVKQIK I)K Tl BINA
Miil/iiificdl (iitinid inrti Daminiiin, (jiiia ft'cil iiiihi iiKtfjiKi (]iii ]>(>l('iis es/.
« O mon âme, glorifie le Seigneur Dieu, car il a fait en moi de grandes choses. » (Lue. I, 41), 49).
« Messeigneiirs, mes frères,
«Elever des hommes et grandir un peuple, c'est assurément l'une des plus hautes et des plus nohles fonctions sociales. Au témoignage de l'Evangile (St Jean, XVI, 21), si laborieux qu'ait été son travail de gestation, une mère se réjouit toujours de ce que par elle un homme est né au monde. A combien })lus forte raison, YAlnia Mater des Nicolctains n'a-t-elle pas lieu aujourd'hui de se féliciter de sa féconde maternité depuis un siècle !
« 1803— 7/7 memoriam — 1903! Quelles dates et quelles paroles pour nous tous ! Centenaire, oui centenaire, notre chère maison de Nicolet ! Centenaire, et cela dans un pays si jeune et naguère si peu riche! Centenaire, cette maison catholique et française, et cela dans ce Canada que la Erance, il y a 140 ans, abandonnait seul et sans ressources au pouvoir anglais et protestant ! Centenaire, et cela après avoir traversé les jours d'une histoire si pleine de soucis et d'épreuves, mais toujours de plus en plus riche en solides espoirs ! Centenaire, avec à son crédit tant de travaux et tant de succès ! (centenaire et mère vénérable, — Mater Aima! — d'un si grand nombre d'évèques et de prêtres, de magistrats et de députés, de chrétiens et de citoyens qui ont été quelque chose de la force et de la prospérité de notre race !
FÊTES DU (:p:xte\aire 59
«O âme nicolétaine, glorifie le Seigneur Dieu! En vérité, il a lait en toi de grandes choses. Magnificat anima Donùnuni. . . . qnia fecit magna.
«Par toi il a tait de grandes choses, car il a lait des hommes. Par toi il a tait de grandes choses, car il a grandi notre peuple et notre race.
«Fils privilégié entre tous de la commune A//7îa 3/a/er, son enfant d'adoption, l'évèque de Tubuna voudrait, Messeigneurs et mes Irères, en cette solennelle circonstance, dire, avec force autant qu'avec amour, la gloire de notre cher séminaire. Hélas! les minutes sont comptées et il me faut absolument être bref.
«Je demande à Dieu la grâce d'être aussi convaincant que je suis convaincu. Puisse sa sainte Mère, Marie, sur les lèvres de qui je suis allé chercher les paroles que j'ose appliquer, avec toute la réserve nécessaire, à mon Aima Mater bien-aimée, voir de là-haut la pureté de mes intentions et bénir ma parole!
ce Messeigneurs, mes frères,
« C'est l'honneur de l'Eglise de fonder des œuvres qui durent et d'assurer aux hommes les faveurs terrestres elles-mêmes les plus signalées. Au nombre de ces bienfaits dont l'Eglise enrichit le monde, il convient de placer en première ligne le soin qu'elle a toujours eu de l'enfance et de la jeunesse.
«L'Eglise du Canada, fille de Piome et de la France, n'a pas failli à cette tâche. Tout en s'occupant des intérêts spirituels de ses enfants, elle n'a pas négligé leurs intérêts d'ici-bas. Et s'il est une race qui doit tout
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ce (jirolle a et tout ce ((irolle est à l'Kglise cath()li(|ue, c'est bien la nôtre. Les annales de notre histoire l'établissent admirablement.
<( Il y a cent ans, aux débuts de l'Ecole latine de Nicolet, la première charte de nos libertés, sous le drapeau d'Angleterre, la (Constitution de 1791, ne datait que de 12 ans. Nous étions bien Faibles comme individus et comme société. Ce n'est pas tout, en elVet, d'avoir un sang généreux dans les veines, un cœur de brave sous la poitrine et une tète solide sur les épaules. Cette tète, il laut l'orner de connaissances variées; ce cœur, il Faut lui apprendre à palpiter et à frémir pour les saintes et nobles causes; ce sang, il faut lui donner la chaleur et la vie.
« C'a été là, Messeigneurs et Messieurs, qui représentez ici plus spécialement notre Université Laval et nos ditlérentes maisons d'éducation, c'a été là pour le Séminaire de Québec et le Collège de Montréal, nos aînés, comme ce le fut plus tard pour les séminaires et collèges qui vinrent après les nôtres, c'a été là, Messeigneurs et Messieurs, le giand et beau rôle du clergé instructeur et éducateur dans notre cher Canada français. C'a été là aussi, nous avons le bonheur de pouvoir le proclamer avec autant d'assurance que de légitime orgueil, le grand et beau rôle du Séminaire de Nicolet. Il a formé des chrétiens et des citoyens, il a formé des hommes.
« Il a formé des hommes, parce que ses supérieurs et ses directeurs, pour ne parler que de ceux qui ne sont plus, (pi'ils se soient appelés des Raimbault, des Léprohon, des Laflèche ou des Ferland ; des Gélinas, des Désaulniers ou des Walsh ; des Caron, des Maurault, des Biais ou Isaac Gélinas, ont voulu et ont su, avant tout, travailler à nourrir l'esprit, à purifier le cœur et à vivifier le sang des jeunes gens confiés à leur sollicitude.
FÊTKS DU CENTENAIRE 61
«Il a formé des hommes, parce que les plus distingués de ses fondateurs, de ses amis et de ses maîlres, les Plessis, les Panet, les Signay et tant d'autres, avaient l'admirable esprit de joindre, toujours l'exemple du bien qu'ils faisaient aux avis et aux préceptes qu'ils donnaient de chercher la vérité et d'aimer la vertu.
(( Il a formé des hommes, parce que ses directeurs d'hier, comme ceux d'aujourd'hui, n'ont jamais hésité à pratiquer le renoncement à toute ambition légitime et à toute promotion méritée pour faire de l'œuvre du Séminaire, l'œuvre de leur vie tout entière. Ceux qui l'ont (|uitté, je le sais, sont partis les larmes dans les yeux, même pour répondre à l'appel du meilleur des pères, qui espérait de leur bonne volonté assistance et consolation.
« Il a formé des hommes enlin, o chère famille nicolétaine, il a formé des hommes, notre vieux séminaire, des hommes de caractère, des hommes unis à la vie et à la mort, Concordia et labore, des hommes dévoués à la religion et à la patrie, Reliyioni et bonis artibus, parce qu'il a trouvé dans les populations fortes et pures de notre race, les générations d'élèves que vous avez été, Messieurs; des générations d'élèves chez qui le patriotisme et la foi ne demandaient qu'à être développés ; des esprits avides de lumière, des cœurs amis du beau, un sang généreux et fier.
«Chers amis et chers frères, nous avons lieu d'en louer le Seigneur et de nous en réjouir. Magnificat anima Dominum ! Fecit nobis magna qui potens est. Maison de Nicolet, réjouis-toi, en toi et par toi Dieu a fait de grandes choses, et tes enfants sont ici accourus de partout, pour le chanter et te le redire avec ivresse et bonheur.
«Et c'est parce que le Séminaire de Nicolet a formé des hommes, Messeigneurs et mes frères, qu'il a
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contribué dans une large mesure à grandir noire peuple et notre race.
«Pour grandir un })euple que menace l'oppression, pour délendre ses institutions et ses droits en danger, pour le rendre invincible et prospère, trois choses, il me semble, sont nécessaires à ses enfants : une foi religieuse qui empêche de s'enliser dans les seules recherches des jouissances matérielles, un idéal national qui lasse aimer la patrie pour elle-même, une langue Forte et sonore, qui sache revendiquer pour chacun, sous le soleil où il vit, la place qui lui appartient.
« Or, cette foi religieuse, cet idéal national et cette langue forte et sonore, il faut le dire bien haut, Messeigneurs et mes frères, ce sont nos séminaires et nos collèges qui les ont conservés chez nous, (canadiens- Français. Qu'il me soit permis d'ajouter (|ue notre chère maison de Nicolet, tout en rendant hommage au zèle des maisons-sœurs, n'a pas lieu d'envier la gloire d'aucune : la sienne lui suffit.
« Le Séminaire, aujourd'hui centenaire, a assisté, pour ainsi dire, à la naissance politique et religieuse du pays sous la Domination anglaise. Ses directeurs et ses maîtres n'ont certes jamais prêché la déloyauté au drapeau qui se faisait de plus en plus large pour protéger nos libertés; mais ils ont, aussi, vaillamment inculqué aux jeunes générations cette foi catholique qui enfante des prodiges, cet idéal de générosité qui s'est appelé jusqu'aujourd'hui l'idée française, et cette langue de nos mères, si claire et si fière, avec laquelle nos evêques et nos hommes d'Etat ont pu noblement plaider la cause de nos droits, quand ils n'allaient pas jusqu'à emprunter la langue de nos vainqueurs pour prouver victorieusement les droits de la nôtre.
«Nicolet, ai-je dit, a eu sa large part dans cette œuvre d'agrandissement de notre peuple. Je ne veux pas citer de noms, bien que plusieurs se présentent d'eux-mêmes sur mes lèvres. Je m'arrête simplement à noter que 760 prêtres, 9 évêques, 12 vicaires-généraux, et 5 prélats romains, ont puisé sur les bancs de notre séminaire, le goût de l'apostolat et la science de la direction des âmes. Je m'arrête simplement à signaler, en plus que 234 avocats, 375 médecins, 180 notaires et nombre d'autres dans les dillerentes carrières, ont pris chez nous cette formation intellectuelle, ce respect des sains principes, cet amour de l'ordre et du devoir, qui devaient les conduire à faire partie de notre classe dirigeante, plusieurs même d'une façon très brillante, puisque nous comptons parmi les nôtres 40 députés, sénateurs ou conseillers législatifs, 16 juges et 1 lieutenant-gouverneur, sans parler de ceux qui se sont distingués sur la terre étrangère. N'est-ce pas qu'à l'exemple de la matrone des temps antiques, VAlina Mater nicolétainc a raison de s'enorgueillir de ses enfants? N'est-ce pas qu'à elle aussi, comme à C.ornélie, ses «joyaux» brillent du plus vif éclat? Aussi, quand l'un des aînés de la famille, l'àme vivante de la grande réunion du 24 mai 1866, vient au nom de tous ses frères, lui redire son amour et sa reconnaissance, —et vous savez avec quelle fraîcheur et quel charme ! — que trouve-t-il dans son cœur de plus propre à la réjouir et à la glorifier? «Mère, repètet-il, sous le coup de la plus vive émotion, mère, regarde — ((leva in circiiitii ociilns tuas, et vide: omnes isti congregati sunt, venerunt ///)/» — regarde autour de toi — (( mirahitur et dilatahitiir cor tuiimy) — lève les yeux et tu découvriras un peu partout de tes fils en vue quehjue part, au poste de l'honneur, à la tête de la société civile ou religieuse.» Et si tous n'ont pas connu les succès des
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grandes scènes de la vie, tous, on peut l'alfirmer d'une façon générale, ont été des citoyens et des chrétiens. Ils ont gardé leur loi, ils ont ilélendu leur idéal patriotique, il ont parlé leur langue. En deux mots, ils ont noblement contribué à grandir la race dont ils étaient issus, le peuple dont ils étaient les fils.
« O mon Alimi Mater, sois fière et confiante au jour de ton centenaire ! Ton passé garantit ton avenir.
aO àme nicolétaine, magnifie le Seigneur Dieu! En toi et par toi, il a fait des œuvres admirables. ((Magnificat anima Dominnm! Fecit nnujna qni potens est.»
« C'est pour louer le Seigneur et le magnifier, en effet, mes très chers amis, que vous avez voulu faire grande et belle la fête du centenaire. Vous avez en raison. Soyez fiers de votre Aima Mater comme elle est fière de vous tous !
(( Cette chapelle, dont nous faisons en ce moment l'inauguration, restera le monument impérissable de votre bon goût chrétien et de votre patriotique et fdiale générosité. L'ionique et le corinthien, en superposant leurs gracieuses colonnades et leurs su})erbes élancements vers le ciel, ont su conserver admirablement la vieille chapelle agrandie et perfectionnée. Le présent s'est souvenu du passé pour mieux enseigner à l'avenir la beauté et la grandeur de nos traditions.
« Soyez-en félicités, MM. les membres des différents comités de l'organisation des fêtes du centenaire, qui, depuis trois ans, n'avez épargné ni les veilles ni les travaux ! Soyez-en félicités, vous tous, architectes et artistes, qui avez su mener à bien cette œuvre dont vous avez fait un chef-d'œuvre, aussi parfait qu'on peut le rêver chez
nous! Soyez-en félicités, fils de Nicolet, répandus partout sur la terre canadienne et sur celle des Etats-Unis, vous dont les souscriptions généreuses ont rendu possible et parachevé cette importante construction-souvenir !
« Ces létes sont belles. Nous en rendons grâces à Dieu d'abord, à qui soit à jamais honneur et gloire.
«A vous aussi nous en devons rendre grâces, M. le Supérieur, qui avez été l'àme de ce mouvement magnifique. Ce poste d'honneur vous convenait, certes, à vous qui consacriez naguère en de si belles pages la vie et les gloires de notre vieux séminaire.
« A vous aussi nous en devons rendre grâces, M^"" l'évêque de Nicolet, qui êtes ici pour tous le dépositaire de l'autorité et le représentant de Dieu. Ce matin, après avoir béni ce temple dédié à l'archange Raphaël, qui vient de vous ramener sain et sauf au milieu de vos enfants, vous avez célébré le premier sacrifice sur la table de cet autel. Tous ceux qui y monteront désormais, garderont le souvenir, devant Dieu, de votre constante sollicitude pour votre séminaire diocésain.
«A vous aussi nous en devons rendre grâces. M**' l'archevêque de Québec. Votre présence à nos fêtes, nous est un grand honneur et un grand bonheur. Le successeur des Plessis, des Panet, des Signay, des Baillargeon et des Taschereau, est bien chez lui à Nicolet. D'ailleurs, vous êtes notre métropolitain, l'ami d'hier et d'aujourd'hui, et, à ces titres, nous avions lieu de compter sur vous.
« A vous aussi nous en devons rendre grâces, immortel Léon XIII ! Cette maison de Nicolet, qui dira votre amour pour elle? Vous la bénissez au jour de son triomphe, vous bénissez son centenaire glorieux, et cette bénédiction, vous avez voulu la déposer sur les lèvres de notre bien-aimé pontife et père, afin que nous en
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puissions goûter toute la douceur et la suavité. Merci I Le calice qui bientôt doit recueillir les gouttes du sang précieux, c'est un don de votre munificence, mais encore plus l'otïVande de votre cœur. Merci !
«Avons tous, enfin, nous rendons grâces, Messeigneurs, messieurs du clergé, de la magistrature, de la députation, du barreau, de la médecine, du commerce, de l'industrie, de l'agriculture et du travail, à vous tous, anciens condisciples ou amis, nous rendons grâces. Ces fêtes que votre affluénce fait si grandioses et si imposantes, continuent, en une superbe et unique leçon, les leçons du séminaire. Elles sont un enseignement pour les jeunes. Elles contribueront à « former des hommes et à grandir le peuple.»
«Encore une fois, ô Dieu puissant, merci à vous, qui avez donné à la famille nicolétaine la joie de ce beau jour! Magnificat anima mea Dominiiml Ainsi soit-il».