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SÉMINAIRE DE NICOLET LE CENTENAIRE DU SÉMINAIRE DE NICOLET

A l'occasion du centenaire du Collège-Séminuire de Nicolet, messieurs les directeurs de cette maison ont convoqué une réunion générale des anciens élèves et des amis de l'éducation.

Le conventum est fixé au 10 du courant.

L'Alma Mater veut rassembler ses fils, dispersés Un peu partout par les hasards de Ja vie, pour célébrer en famille, les fêtes de son glorieux jubilé, L'appel maternel ne manquera pas d'être entendu.

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Nous irons tous à Nicolet !

C'est un devoir de reconnaissance pour les amis de l'éducation, envers les instituteurs de la jeunesse.

Le bienfait de l'éducation chrétienne ne s'estime pas.

Il est la plus solide, comme aussi la plus brillante portion de la fortune des peuples.

Malheur à la nation qui ne saurait pas l'apprécier ! On pourrait sûrement prédire d'elle qu'elle est vouée d'avanée à la ruine morale, à la décadence et à l'asservissement,

L'instruction et l'éducation‘ chrétiennes sont, en

effet, les seules forces génératrices de la grandeur morale des peuples, et, en même temps, le boulevard le plus inviolable de leurs libertés.

Cette puissance merveilleuse de l'éducation sur les destinées des sociétés, s'est manifestée d'une manière trop évidente en faveur des Canadiens-Français, au cours du dernier siècle, Pour qu'il me soit nécessaire, ici, d'en faire la démonstration.

C'est une vérité historique ouvertement connue, et appréciée de tous.

Les faits parlent d'eux-mêmes.

Cependant, il me sera bien permis de faire, à ce sujet, une mention spéciale pour la maison de Nicolet.

Puisqu'elle a pris sa large part de travail dans le développement des lettres et des sciences, depuis les jours de sa fondation, il convient, en cette occasion, de lui donner sa part des mérites dans les succès réalisés, de faire la revue de ses titres de gloire, de la citer à son rang, sur le tableau d'honneur.

L'événement prend ainsi le caractère grandiose d'un véritable jubilé national.

Ce mouvement patriotique et chrétien se faisait sous la direction de l'illustre évèque Plessis.

Avec son génie pénétrant, le grand évêque, dont le ferme non licet avait déjà sauvé les libertés de l'Eglise au Canada, comprit de suite que la petite école de Nicolet n'était pas tout ce qu'il fallait pour répondre aux besoins de l'avenir. En effet, les deux rives du Saint- Laurent, entre Québec et Montréal, étaient déjà à rette époque densément peuplées. Et, malgré la tenure sei- -gneuriäle, la colonisation se répandait rapidement par de là les côtes, au nord et au sud du fleuve. Les communications entre ces deux rives étaient difficiles et dispendieuses. (Elles ne sont guère meilleures aujourd'hui encore pour la rive sud). Et comme il n'y avait alors que deux collèges dans le pays (celui de Québec et celui de Montréal), les habitants du centre de la province se trouvaient, pour ainsi dire, absolument privés des avantages de ces institutions pour l'éducation de leurs enfants. :

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Telles furent les raisons qui déterminérent l'établissement d'un troisième collège, Et, sur les fondations de la modeste école du curé Brassard, l'archevêque de Québec jeta les bases du Collège de Nicolet, dont on Célèbrera, le 10 courant, le premier centenaire,

L'œuvre de Plessis n'a pas été stérile,

C'est, en effet, de cette maison, à la naissance si humble, que sortirent ces générations d'athlètes du sacerdoce, de la politique et des professions civiles, qui se signalèrent toujours au premier rang, dans les diverses carrières ouvertes à l'activité humaine.

Pour ne mentionner que quelques-uns de ceux qui ne sont plus, je cite: les évêques Cook, Provencher, Prince, Bourget, Baillargeon, Gaulin, Moreau et Laflèche; les juges Bédard, Polette, Fournier, Thomas Loranger, A.-A. Dorion, Olivier, Charles Gill, etc. Dans les professions et la politique : Joseph-Édouard Turcotte, J.-C, Chapais, Bellerose, F.-X.-A. Trudel, ‘tienne Parent, Valère Guillet, P.-B. Dumo lin, Édouard et Philippe Pacaud, Antoine et -Elzéar Gérin-Lajoie, Evariste Gélinas, Norbert Provencher, Sévère Rivard, les docteurs Beaubien, Léprohon, E.-H, Trudel, etc., etc.

Ces princes de l'Eglise, ces chefs de la magistrature, de la politique et des professions, sont tous comptés au premier rang de ceux qui ont illustré le Pays, par leurs talents, leur travail et leurs succès, dans les positions qu'ils ont occupées,

Voilà l'œuvre des éducateurs de notre jeunesse.

Ils sont des façonneurs d'âmes, des défricheurs d'intelligence. Et tout ce labeur, ils le donnent gratuitement, pour Dieu et pour lu patrie.

Je dis qu'il n'y a rien de plus grand sur terre que les dévouements de ces humbles apôtres de l'enseignement.

Ne leur ménageons pas notre admiration. Aussi, est-ce bien pour ce devoir de reconnaissance que les nombreux amis de l'éducotion se rendront à Nicolet, le 10 juin courant, pour présenter leurs hommage: an: dignes supéreurs de cette maison, qui ont su mainteni: dans toute leur pureté, les traditions de zèle, de dévou: ment, de patriotisme et de bonté, que leurs ‘evancies avaient reçues de l'illustre évêque Plessis lu:-mème.

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