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UNE FÊTE SANS PRÉCÉDENT

Discours éloquents — Enthousiasme de la foule — Le Supérieur de

cette admirable institution est nommé Prélat de la maison du Pape

(De l'envoyé spécial du Soleil)

Nicolet, 11 juin.

Il faudrait une page complète de votre journal pour donner un compte-rendu fidèle de la fête d'hier.

La messe à laquelle assistaient tous les étrangers et les élèves, commença à 10 heures et fut chantée par M" Bégin, assisté de M. le supérieur Douville, de M. Lececq (1), comme diacre d'honneur, M. le chanoine Ferdinand Béland, sous-diacre d'honneur, M. l'abbé Pierre Arpin, diacre d'office.

Le sermon fut prononcé par M“ Brunault, qui avait pris pour texte: « Magnificat annima mea dominum « quia fecit mihi magna qui potens est. »

J'ai pu me procurer ce magnifique sermon, que j'enverrai aux lecteurs du Sokeil pour le numéro de samedi.

A l'Offertoire, M. Dufaut, de New-York, chanta le vieux cantique Bénissons à jamais, le refrain étant répété par plus d'un millier de personnes présentes. L'effet en était saisissant et j'ai vu plus d'un assistant pleurer de joie. Ce chant dans la chapelle neuve et brillamment décorée, tout cela était émotionnant au dernier point.

Le repas se donna dans les parterres du Collège, sous rois tentes. Un millier de convives y prirent part. Pendant le repas, M. L'abbé Proulx, procureur, ayant fait son apparition, ce fut un tonnerre d'applaudissements à ébranler les tentes. Pendant tout le repas, la plus grande gaieté n'a cessé de régner.

Inutile de parler des joies éprouvées par les anciens confrères en se retrouvant réunis, après de nombreuses années d'absence.

Les convives, autant que possible, étaient placés par ordre d'ancienneté, sans autre préséance. (2)

(1) Ce n'est pas M. l'abbé Lecocq mais M. l'abbé Fidèle Morissette, curé de St-Anselme, qui était diacre d'honneur. Cette erreur qui s'était glissée dans notre récit, se trouve déjà corrigée dans les errata.

(2) Le journal fait erreur ici. C'est par ordre de classes, suivant qu'il avait été réglé. Voir l’Introduction.

À quatre heures, les Nicolétains étaient rcunis dans l'immense et splendide nouvelle salle, sous ja chapelle, sous la présidence de M. Je supérieur Douville, avec les archevêques plus haut nommés et ious les dignitaires religieux et civils à ses côtés. Quelques minutes avant la séance, le vénérable M. Narcisse Bellemare fit son apparition et alla prendre une humble place dans la foule. Sa vue fut le signal des plus vifs applaudissements. Les assistants frappaient des mains avec une vérilable frénésie. Cette Ovation n'a eu d'égale que celle faite à Mer Laflèche, à Ja grande fête de 1866. Un élève des philosophie, M. Paul Lavigne, fit la lecture d'une adresse et les discours commencérent de suite. MY Grave] parla le Premier et rappela que ses souvenirs nicolétains datent depuis 52 ans, alors qu'il n'était qu'élève au Collège de Saint-Hyacinthe, lorsque M“ Taché venait d'être nommé coadjuteur de Mr Provencher, un ancien Nicolétain,

ME Gravel a donné la grande et heureu je nouvelle de l'élévation du supérieur, M. l'abbé Douville, au grade de prélat de la maison du pape.

L'annonce de cette nouvelle fut le signal d'applaudissements frénétiques. La foule agitait chapeaux et mouchoirs ; plusieurs même se hissèrent sur les chaises pour mieux voir M# Gravel décorant M. Douville. Pour moi, j'ai vu déjà bien des scènes imposantes mais je n'en ai jamais vues d'aussi spontanées.

M Bégin parla ensuite et annonça que la fête coïncidait heureusement avec le 38° anniversaire de son ordination. Inutile de faire une analyse de ce superbe discours. Les anciens évêques de Québec sont les fondateurs du collège de Nicolet et MF" Bégin a payé un beau tribut d'éloges à M. Douville, pour avoir si bien exprimé à Québec les sentiments de reconnaissance des Nicolétains.

M“ Langevin, M# Bruchési, M. l'abbé Lecocq, supérieur de Saint-Sulpice, de Montréal, parlèrent ensuite : puis ia séance fut ajournée à 8 heures du soir. Au début de la séance, l'Harmonie du Séminaire exécuta les chants canadiens harmonisés par M. le D" Édouard Desjardins, de Montréal. Lorsque les jeunes musiciens en vinrent à jouer « O Nicolet », « Un Canadien errant », 0 Je « Drapeau de Carillon» ce fut une série d'applaudissements frénétiques.

Les strophes déclamées par notre poète, M. Louis Fréchette, ont aussi été très applaudies.

À 8 heures du soir, M. Rodolphe Lemieux, député de Gaspé, prononça son discours. M. Lemieux est un Nicolétain de cœur et d'âme, et il a recueilli justement une large part des applaudissements de ses amis.

Je vous envoie son discours ; vos lecteurs jugeront eux-mêmes de cette pièce d'éloquence superbe. M. Beauchemin a ensuite lu une poésie de sa composition. J'espère que le Soleil la publiera.

Le 13, le même journal reproduisait encore les lignes

suivante; :

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