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collaborateurs, et l'œuvre continua à grandir et à prospérer sous la protection de Québec.
Glorieux témoignage du dévouement de notre clergé pour la cause de l'éducation, Nicolet a coûté au clergé soixante mille piastres en argent, outre l'incalculable somme de dévouement intellectuel et moral dont nous avons parlé.
Et l’histoire de Nicolet est en abrégé l’histoire de toute la formation intellectuelle de la nationalité canadienne française. Devant ces monuments de sacrifices continuels, d'abnégation, de luttes et d'héroïsme où se sont conservées avec une étonnante pureté les traditions de notre race, arrètons-nous avec respect et saluons avec fierté !
Nous leur devons nos succès, notre influence, notre rôle; nous leur devons d'être un peuple !
Etrange contradiction! Quand nous nous sommes bien glorifiés d'être les égaux de nos compatriotes anglais, oubliant aussitôt nos bienfaiteurs, nous demandons à changer, réformer, détruire même tout ce système sur lequel nous nous aPPUYons précisément pour nous élever au niveau de ceux qui, pour avoir le front plus dur, n'ont pas le cerveau mieux outillé que nous!
Avant donc de céder à la vanité trop commune qui se croit de taille à tout réformer et à tout changer, chaque printemps, comme la mode, apprenons ce qu'ont coûté les œuvres d'éducation qui ont donné de si beaux résultats ; pensons aux sacrifices qu'elles s'imposent constamment, pénétrons-nous de l'esprit qui les anime et demandonsnous si les échecs dont nous nous lamentons quelquefois, ne sont pas plutôt que le fruit de l'éducation, celui de nos faiblesses et de notre excès du bien-être que nous voudrions substituer à ce quiest encore et qui doit rester, pour notre salut, l'enseignement de nos maisons d'éducation.
Le lendemain, le même journal publiait encore l'article suivant : :
L'HOSANNA NICOLÉTAIN
Si la nature embellit Nicolet, le télégraphe ne l'accomode pas. Un rapport sommaire des fêtes adressé à l'Evénement, déposé à midi, hier, au bureau de l'Intercolonial, après avoir été en vain offert au bureau régulier de la Great North Western, est encore accroché quelque part au fil de la compagnie.
Nous ne dirons pas aujourd'hui tout ce que l'hosanna Nicolétain a produit dans la journée d'hier. 1 a été chanté sur tous les tons, en musique, en poésie, en éloquence; et les milliers de cœurs si profondément remués par ses accents, en garderont longtemps, toujours un souvenir rafraichissant.
La revue des gloires nicolétaines passée par ce vétéran qui, à lui seul, est une couronne pour la maison qui l'a formé, M. Bellemare : la réponse si pleine d'émotions de M. le supérieur Douville, aujourd'hui Mr Douville, la messe pontificale dans cette chapelle — presque une cathédrale- qui chantera pendant des siècles la reconnaissance des enfants de Nicolet: le Magnificat religieux et patriotique de l'orateur, M“ Bruneault; ce banquet servi avec un succès que pourraient envier les meilleurs hôtels; ce concours d’éloquence épiscopale où la palme serait difficile à décerner; ces chants poétiques vibrant d’admiration; cette cantate aux paroles si douces et d’une musique si pénétrante, ont produit des émotions dont les âmes nicolétaines longtemps encore aimeront à savourer les frémissements.
Les moments du vrai bonheur s'écoulent vite, hélas! et, quoi qu'ils aient été si bien employés hier,
MS Re Rene M D PERTUIS RUES
il a fallu retrancher du programme le Te Deum que devait sonner l'adieu de cette mémorable fête. Nous aurions pourtant aimé entendre les accents de cette hymne d'incomparable envolée !
Nicolet est aujourd'hui dans son deuxième siècle d'existence, entouré de tous les vœux de ses enfants et chargé des bénédictions pontificales et épiscopales. Nous ne verrons pas ce deuxième centenaire, mais il sera difficile de le faire plus beau, plus grand, plus solennel que celui-ci.
Pour le succès d'hier, qui a été, disons-le encore une fois, grandiose, MM. les supérieurs, anciens élèves et élèves aciuels, méritent les plus vives félicitations. Mentionnons en particulier l'un des secrétaires, M. J.-E. Prince, qui a été jusqu'à la fin d'un dévouement et d'une attention admirables.
Un autre organe de la pre:se française à Québec, le Soleil, écrivait ce qui suit le même jour: