‹ Le Séminaire de Notre-Dame-des-Anges [microforme]Chapitre 2 sur 10 · D TAN · texte numérisé non relu

D TAN

Ce ne fut que par un coup de la Providence qu'un d'entre eux, tombé malades chez les Jésuites, au moment où il se disposait à retourner * en France, consentit généreusement à donner des leçons au Père Le Jeune. Moins heureux que les Jésuites, les Récollets n'avaient ja- us mais pu vaincre l'obstination des interprètes, que le séjour presque o constant avec les sauvages pendant plusieurs années avait rendus ù $ familiers avec les langues montagnaise, algonquine et huronne. pi Parmi eux, notons surtout Etienne Brulé dont la tin misérable fut 4 | li le terrible châtiment d'une vie licencieuse au milieu des aborigènes. ; Brulé était arrivé au pays en même temps que Champlain, en 1608, + l'année même de la fondation de Québec, et il fut le précurseur de ‘4 Nicolet, de Marguerie, de Godefroy, de Marsolet et d’autres truche- b. Il: ments beaucoup plus respectables que lui, et plus dévoués à l’œuvre à au de la conversion des sauvages Le Br Les Jésuites se trouvaient donc presque impuissants, grâce à leur É. Bu agnorance des langues, à faire fructifier la vigne q'ie les disciples de #4 pa saint François arrosaient de leurs sueurs depuis dix ans. Toute sorte : tin d'obstacles s'offraient pour paralyser legs efforts. Les mauvaises ÿ des dispositions des marchands au service de la compagnie n'étaient pas F et des moindres. Plus soucieux de sauvegarder leurs intérêts matériels 4 vie que d'aider |les missionnaires dans leur œuvre civilisatrice, ces sordi- mé des employés avaient réussi à se conserver un monopole qui mettait tot

Je:

me

tous:les missionnaires et Champlain lui-même à leur merci. Ils en abusèrent étrangement, et s'ils ne réussirent pas à miner la colonie

dès son origine, c'est qu'ils eurent affaire à plus forts qu'eux, dans la 4 me personne du fondateur de la Nouvelle-France et de ses amis les plus 4 tur ‘ dévoués, les Jésuites, tous unis dans un même sentiment de patrio- î de bisme éclairé. b: I Le Père Charles Lalemant et sés compagnons n'avaient pas quitté \ D les leur pays natal avant de s'être prémunis de l'autorisation vice- D pou royale. Non-seulement le due de Ventadour les avait engagés à se F ne porter au secours des Récollets, bien disposés mais impuissants à 4 dont faire seuls tout le bien qu'ils désiraient, mais ce prince généreux À bien avait voulu aussi se charger lui-même des frais de leur installation. É conv Mais il avait compté sans le mauvais vouloir des trafiquants de Qué- 0 arri bec qui croyaient voir dans les Jésuites autant d'ennemis de leur 4 avoi commerce. Voilà pourquoi ceux-ci furent avertis à leur arrivée qu'il ; terr« n'y.avait pas de place pour eux au soleil du Canada, et qu'ils de- E tion

vraient de force ou d'amitié, retourner dans leurs maisons de France. As n'en firent rien cependant. , Pendant que l'orage grondait sur i (1)

ne.

fut \e8.

08, de hevre

leur s de orte pas riels rditait s en onie as la plus trio-

uitté viceits à reux tion.

Quéleur qu'il deance.

sur

leurs têtes, ils se réfügièrent tranquillement dans le modeste couvent

que les Récollets avaient construit sur les bords de la rivière Saint-

Charles. Là, ils étaient à l'abri des persécutions des marchands.

Mais ceux-ci s’aperçurent bientôt qu'ils avment commis une malé-

dresse, et ils changèrent subitement de tactique, montrant même

de la bienveillance à l'égard des Jésuites. Dès lors la paix se réta-

blit, et les nouveaux missionnaires allaient pouvoir circuler partout | librement et accomplir leur œuvre d'évangélisation.

Ce fut en l’année 1625 que les Jésuites vinrent se fixer à Québec. Is étaient arrivés le 19 juin au nombre de six, dont trois Pères et autant de Frères. C’étaient les Pères Charles Lalemant, Jean de Brébeuf et Enemond Massé, et les Frères François Charton, Gilbert Burel et un troisième dont le nom échappe. Les Récollets n'étaient pas nombreux, mais ils comptaient dans leur rangs des hommes distingués, comme le Père Joseph de la Roche d’Aiïllon, de la maison des comtes de Lude. Il avait quitté, dit Champlain, les honneurs et les biens de la terre pour les humiliations et la pauvreté de la vie religieuse. Les PP. Poulain et d'Olbeau étaient des re’'ieux de mérite et de grandes vertus. Les pères Le ('aren et N. Viei avaient tour à tour prêché l'Evangile au pays des Hurons. Le père Jésuite Jean de Brébeuf devait poursuivre cette œuvre sublime conjointement avec le père la Roche d’Aïllon (1) qui, en 1655, était le seul membre de son ordre résidant à Québec avec rs Frères Bonaventure et Charles. Ce dernier étaïc connu dans le monde sous le nom de Pierre Langoissieux, | Le petit monastère de Notre-Dame des Anges,—c'est le nom que les Récollets lui avaient denné,—bien qu’exigu dans ses proportions, pouvait suffire à loger les nouveaux hôtes. Mais les Jésuites ne voulurent pas abuse: de l'hospitalité généreuse de ces bons Pères dont la position financière était loin d’être brillante, et s'occupèrent bientôt de se choisir fan endroit propice pour y ériger une résidence convenable. Ceux-li même qui leur avaient fait la guerre à leur arrivée, furent les premiers à leur otfrir ce qu'ils désiraient, Après avoir étudié la localité, leurs regards s’arrêtèrent sur une pointe de terre de l'autre côté de la rivière Saint-Chärles, à son point dé jortetion avec le ruisseau Lairet. C'était à l'endroit que le Frère Sagard-

(1) Relation de 1626, page 9.

Le.

Casio.

Théodat, Récollet,et Champlain indiquent dans leurs écrits sous le nom f: 1 de Fort Jacques-Cartier, là où l’immortel découvreur du Canada avait 4 «érigé en 1535 un petit fort pour se mettre à l'abri des attaques des à Sauvages. Quatre vingt-dix ans s'étaient écoulés depuis l'hivernage k de Cartier à l'embouchure da ruisseau Lairet, et il restait encore S.

des vestiges de construction en ruines. Champlain les aperçut, et il en a donné une description assez complète. Les Jésuites les virent | également, et il est permis de croire que le souvenir du grand 4 découvreur, attaché à ces débris de fortifications, ne fut pas étranger ; au choix qu'ils firent de l'emplacement du fort Jacques-Cartier pour H leur future résidence, Quelques-uns pourraient croire que les Jésuites N allèrent se fixer sur la rive droite du Lairet plutôt que sur la gauche, 4 où il est convenu de placer le petit fort de Jacques Cartier. En effet, si on s'en rapporte à un plan (1) de Québec dressé en 1690, on serait porté à ajouter foi à cette opinion. On y voit la désignation de trois constructions au lieu où est bâti le village Stadacona, sur la rive droite du petit ruisseau. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'en 1690 les Jésuites avaient depuis longtemps abandonné leur nu: résidence première, pour aller s'établir à la haute-ville. Ces cons- 1 trucbions marquées sur Je plan dont l'original se trouve à la Biblio-

thèque nationale de Paris, appartenaient sans doute aux seigneurs 4 de Notre-Dame-des-Anges, maïs elles né leur servaient certaine- 4

ment pas d'habitation. Leur seigneurie, comprenant tout le territoire entre le ruisseau Saint-Michel à l’ouest et la rivière Sainte-

Marie ou Beauport à l'est, était alors en assez bon état de culture. Les pères s’occupaient eux-mêmes d'agriculture ; ils avaient des L. .. fermiers à gages qu'ils logeaient et pourvoyaient d'instruments agricules et de logements. Rien d'étonnant donc de rencontrer des bâtiments, soit pour y transporter leurs récoltes, soit pour servir de ‘ résidence à leurs métayers. Voilà comment on peut expliquer la présence de ces constructions consignées sur la carte de 1690.

Il m'est tombé sous les yeux un autre plan (2) fait vers 1776 où 4 l l'on voit très lisiblement écrit sur la rive gauche du Lairet, les ë € mots: Notre-Dame des Anges. L'auteur a-t-il voulu désigner l’ancienne résidence ou la seigneurie ? Il est plus raisonnable de croire 3 J

(1) Ce plan est de Villeneuve, et fut gravé par le Sieur de Fer dans l'ile du Palais sur k lo quay de l'Orloge à la Sphire Royale en 1694. Ù

: € (2) Plan of the City and Environs of Quebec with its siege and blockade by the : f {1 Americaus from the &th of December 1775 to the 13th of May 1776, engraved by Wm.. | d

Faden.

he, En ,On ion sur vue leur onsblioeurs ineerriinteure.

des ents r des ir de >r la

6 où +, les

l'an- ‘roire

lais sur

by the

y Wim. :

Page 1