‹ Le sénat de la République romaineChapitre 7 sur 162 · C. Coelius, dont nous avons parlé plus haut · texte numérisé non relu

C. Coelius, dont nous avons parlé plus haut

P. Albius P. f., sénateur inconnu, dont le nom gentilice figure ici pour la première fois dans les annales du Sénat,

M. Cosconius M. f., d'après Mommsen,. peut-être M. Cosconius, préteur de 135 (Liv., Epit. LVl), à notre avis, un fils de celui-ci, et frère de L. Cosconius M. f., qui fut monétaire vers 114-109 avant J. C. (3),

P. Gessius P. f., sénateur inconnu, dont le nom gentilice figure ici pour la première fois (4).

Le nom suivant est mutilé. D'après le nouvel estampage de MM. Pottier et Hauvette-Besnault, on lit sur la pierre Aeiixioç 'Acpe... oç Aeuxiou. Nous complétons Aeuxioç ^Açeivwç Aeuxiou, d'abord, parce que nous ne connaissons à cette époque aucun autre nom gentilice commençant par 'A<pe si ce n'est celui d"Aç8ivtoç,. qui apparaît lui-même pour la première fois dans notre document à la ligne 35-36 ; en second lieu, parce que la lacune de la ligne 21, comparée à la ligne 22, qui est complète, est précisément de trois lettres INI. Aux lignes

(1) Voyez le stemma de la famille chez Mommsen, Hist. de la monn. rom., Il, 430.

(2) Ps. Cic, de dom., 53 § 136. Cf. Auct. ad Herenn., II, 13 § 19.

(3) Mommsen, Hist. de la monn. rom., II, 362, n° 170.

(4) Une inscription sépulcrale, trouvée â Préneste, porte P. Gessius P. f. Vala. C. L, I, nMlO.

35-36, nous rencontrons un autre sénateur, qui s'appelle également Aeiixioç 'Acpetvioç Aevytiov uîoç. Cependant il n*y a pas lieu de supposer que le lapicide ait inscrit par erreur à deux endroits différents les noms du même personnage. Car le premier L. Afinius est de la tribu Oufentina, le second, de la tribu Lemonia. Ce sont donc deux personnages distincts. On pourrait supposer qu'ils sont parents éloignés, fils, par exemple, de deux cousins germains, ou bien que le second Afinius est le fils du premier. De la première supposition il résulterait que la gens Afinia comprenait, au commencement du i"" siècle, plusieurs familles sénatoriennes ; et dès lors, il serait étrange de ne plus rencontrer à l'époque de Cicéron aucun descendant de ces familles. A la seconde supposition on pourrait opposer la diversité des tribus. Cependant cette objection ne serait pas décisive ; car, précisément, à propos de ce document, Mommsen a prouvé que de trèsproches parents étaient souvent inscrits en des tribus différentes. Il n'y a donc aucune impossibilité à ce que le père et le fils n'appartiennent pas à la même tribu. D'autre part, les n** respectifs des deux sénateurs ne contredisent pas un tel rapport de parenté. Car, d'après nos conjectures, le second L\ Afinius qui a le n"" 27, a géré la questure après 106. Que si nous supposons que le premier L. Afinius est inscrit en tôte des tribuniciens, il a, d'après nos conjectures, géré le tribunat avant 123-122 : partant, d'après l'intervalle du temps, il peut aisément être considéré comme le père du questorien.

Or, nous sommes précisément disposé à croire qu'ici environ, au n"* 12, finit la série des sénateurs prétoriens, et commence celle des sénateurs tribuniciens, qui se continue jusque vers le n"" 23 ou 24. De la sorte, les trois rangs sénatoriens les plus nombreux, le rang prétorien, le rang tribunicien et le rang questorien, seraient représentés dans des proportions à peu près égales dans le conseil. De plus, te qui semble prouver que les sénateurs du n"" 12 au n** 23 sont de rang tribunicien, c'est que nous y rencontrons si peu de noms de familles sénatoriennes consulaires ou prétoriennes. Ainsi, outre le n^ 12, dont nous venons de parler, les n**^ 15, 17 et 20, M. Falerius M. f., L. Filius (ou Fiilius)L. f., et L. Anotius G. f.,

sont les seuls sénateurs connns de leur gens respective. Les n'^ 16 et 22, M' Lucilius M. f. et P. Silius L. f., sont les premiers sénateurs connus qui portent ces noms gentilices (i). Les n^** 13 et 21, C. Rubrius C. f. et Sp. Carvilius L. f., appartiennent à des familles tribuniciennes(2). Restent les n**" 14, 18, 19 et 23. 11 est diflScile de préciser la personnalité du n** 14, C. Licinius C. f. Le prénom C. est porté par toutes les branches de cette gens qui étaient représentées au Sénat vers cette époque, les Crassi, les LucuUi, les Nervae, les Getae, et il est encore en usage dans les branches qui apparaissent ensuite, les Muraenae, les Sacerdotes et les Macri(3). 11 pourrait s'agir de C. Nerva, qui fut tribun vers 120 avant J. C. (4), si celui-ci ne s'est pas élevé à la préture.

Les n«« 18 et 23, C. Didius C. f. et C. Annius C. f., appartiennent à des gentes dans lesquelles il y avait à cette époque des familles consulaires ou prétoriennes ; mais les différences de prénoms indiquent qu'ils n'étaient pas issus de ces familles-là. En effet, en 98, il y a un consul T. Didius T. f., et le même prénom T. est porté par les consulaires de la gens Annia : T. Annius T. f. Luscus, consul en 153 (F. C), et T. Annius Rufus, COS. en 128 (C. L, 1, 532-533). Notre C. Annius C. f., de la tribu Arnensis, est peut-être le fils de C. Annius C. f., de la tribu Camilia{5), qui. est cité comme témoin de la rédaction d'un s. c. en 135 (p. 251).

Quant au n° 19, Q. Ciaudius Ap. f., Mommsen (Eph. ep., IV, 218) remarque : « Quamquam ex Claudiis patriciis nullum alium novimus praenomine Quintum, hune ex ea domo

(1) Nous faisons abstraction de Silius, questeur plébéien en 409. Voyez p. 88, n«7.

(2) Rubrius, tr. pi. en 133 (App., B. C, I, 14). Rubrius, tr. pi. en 123-122 (Plut., C. Gracch., 10, cf. C. I., I, p. 56). C'est peut-être celui-ci même qui est cité ici. Des Rubrii sont arrivés à la préture plus tard, voyez p. 458, n® 74. — Des Sp. Carvilii Maximi .ont géré le consulat en 293 et en 234 ; mais depuis lors, cette famille est considérablement déchue. Les deux seuls Carvilii qu!on. mentionne dans la suite, Sp. et L., furent tribuns de la plèbe en 212 (p. 344» Dp* 182-183) et" ne gérèrent aucune magistrature supérieure. Notre Carvilius, qui s*appelle Sp., L. f., est sans doute un descendant d'un de ces Carvilii.

(3) Voyez le registre des noms propres.

(4) Cic, Brut., 34 § 129.

(5) Sur la différence de tribus, voyez p. 703.

oriundum esse ostendit praenomen patris. » Nous ne pouvons souscrire à cette affirmation. Il y a peu de g entes patriciennes dont nous connaissions autant de membres avec leurs prénoms et les prénoms de leurs pères et grands-pèreaque de la gens Claudia. Jamais, n'y apparaît le prénom Q. Notre Claudius n'est donc ni un Pulcher, ni un Nero, les seules branches patriciennes de la gens Claudia qui soient encore mentionnées à cette époque. Au contraire, parmi les Claudii plébéiens, nous rencontrons, par exemple, Q. Claudius Flamen, qui fiit préteur en 208 (p. 329, n^ 92), Q. Claudius Quadrigarius, l'annaliste qui a vécu dans la seconde moitié du ii** siècle avant J. C. Le prénom Appius du père démontre-t-il nécessairement une origine patricienne? Je ne sache pas que les pnénoms fussent une propriété des familles ; et je ne vois pas pourquoi un Claudius plébéien n'eût pu prendre un prénom, spécialement affectionné par les familles patriciennes de la môme gens. Nous sommes donc davis que Q. Claudius était un sénateur plébéien, d'autant plus que la place qu'il occupe sur la liste, correspond au rang des sénateurs tribuniciens.

Nous avons dit plus haut que le rang questorien devait commencer approximativement au n*^ 24. Sur les neuf noms qui restent, les deux premiers, n*** 24 et 25, et les trois derniers, n*"^ 30^3'i, appartiennent à des familles sénatoriennes bien connues. Il n'en est pas de même des n**® 26 à 29.

Pour commencer par ceux-ci, il. a été déjà question plus haut du n^ 27, L, Afinius L. f.

Quant au n° 28, C. Nautius Q. f., il y a eu dans les premiers siècles de la République une branche patricienne consulaire, les Nautii Rutili. Le dernier est C. Nautius Rutilus, consul en 287 (i). Depuis lors^ il n'en est plus question. Il n'est pa^ probable que notre Nautius descende de cette branche patricienne.

C. Numitorius C. f., n* 29, est peut-être, dit Mommsen, 1. 1., ce C. Numitorius qui périt dans les proscriptions de Marins en 86 avant J. C. (2), et qui semble s'identifier avec

(2) App., B. C, I, 72. Flor., III, 21 § 15.

le monétaire C. Numitorius, dont les monnaies datent de la fin du 11^ siècle avant J. C. (i).

Le n*^ 26, M. Appuleius M. f., se distingue par le prénom des Appulei Saturnini qui siégeaient au Sénat aux deux derniers siècles de la République , et qui portaient , outre les prénoms C. et Cn., de préférence celui de L. (2).

En ce qui regarde les deux premiers noms de la liste des questoriens, C. Sempronius C. f., de la tribu Falerna, est probablement un fils de C. Sempronius C. f., (de la tribu Falerna), qui fut témoin de la rédaction d'un s. c. en 133, et que nous avons identifié avec C. Sempronius C. f. C. n. Tuditanus, consul en 129 (p. 252).

Cn. Octavius L. f., n^ 25, « omnino ex posteris Cn. Octaviî COS. a 589 (165 avant J. C), a quo originem duxit stirps Octaviorum aetate liberae reipublicae magis splendida , puto nepos ejus ex filio Lucio alibi non nominato. » Ainsi s'exprime Mommsen, 1. 1. Nous pensons que notre Octavius est Cn. Octavius Rufus, qui fut questeur en 106 (Sali., Jug., 104).

Quant aux trois derniers, nous avons parlé plus haut du n^ 30, L. Cornélius M. f.

Le n"" 31, Cn. Pompeius Cn. f., ne peut être le consul de 89, père du grand Pompée. En effet, le consul de 89 s'appelle sur les fastes Capitolins Cn. Pompeius Sex. f. Cn. n. Strabo. D'après Mommsen, notre Pompeius était peut-être son oncle. D'après l'époque que nous assignons à notre document, notre Pompeius était plutôt le cousin germain du consul de 89 ; car il doit avoir géré la questure peu de temps après le consul de 89, peu après 100 avant J. C. (3).

.(1) Mommsen, Hist. de la monn., Il, 343.

(2) Voyez le registre des noms propres. — Il ne peut pas s'agir non plus d* Appuleius Decianus qui fut tribun de la plèbe vers 106 (Cic, p. Flacc, 32 § 77). Celui-ci s'appelait C. (Cic, p. Rab. perd., 9 § 24).

(3) Le stemma serait donc celui-ci :

Cn. Pompeius

Cn. Sex.

Cn., Cn. f. Cn. (cos. 89) Sex. (philosop^us).

Cn. Pompeius Magnus.

Enfin, P. Popillius P. f.. par ses prénoms, semble appartenir à la famille consulaire des Laenates (i). Il s identifie peut^ être avec P. Laenas qui fut tribun de la plèbe vers 86 (Vell. Pat., II, 24 § 2), et qui a pu gérer la questure une dizaine d'années auparavant.

 la suite de cette étude, nous compléterions la liste de la manière suivante :

1 (Consul.).

3 (Prétor.).

12 (Tribun.).

24 (Questor.).

1 Q. Caecilius

2 C. (Flavi)us

1 M. Pupius M. f.

2 C. (Co)rneliusM.f.(CethegU8)

3 L. Memmius C. f.

4 Q. Valgius M. f.

5 L. Julius Sex. f. (Caesar)

6 C. Coelius C. f. (Caldus)

7 P. Albius P. f.

8 M. Cosconius M. f.

9 P. Gessius P. f.

Q. f. (Metellus Balearicus), cos. en 123.

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