H. N., XXXIV
(4) Dionys., IV, 62. Dio Cass., fr. 106 § 2.
(5) Lactant., inst. div., I, 6, de ira dei, 22 § 6. Dionjs., IV, 62. Cf. Tac.. A!ui., VI. 18.
née (i), à Tépoque de Cicéron ces annonces deviennent de plus en plus rares, et par là même Tintervention du Sénat en matière religieuse s'amoindrit en importance.
Les mesures prescrites pour la procuratio prodiffiorum^ spécialement à la suite de l'inspection des livres Sibyllins, se compliquaient parfois de questions étrangères à la religion, mais présentant une haute importance politique. Voici quelques exemples.
En 144, le préteur pérégrin Q. Marcius Rex avait été chargé par le Sénat de construire un nouvel aqueduc qui devait conduire les eaux jusqu'au Capitole. Marcius mena l'entreprise à bonne fin, et donna son nom à l'aqueduc (aqua Marcia). Mais, peu après, les X viri mer. fac, ayant dû consulter les livres Sibyllins pour une autre affaire, y trouvèrent ce renseignement que, si l'on conduisait les eaux au Capitole, il fallait les puiser dans le fleuve de l'Anio. Marcius ne l'avait pas fait, et il convenait donc de modifier Taqueduc. La consultation fut annoncée au Sénat par un membre du collège ; elle y fut discutée en 143 et de nouveau en 140. Mais les deux fois l'influence de Marcius l'emporta, et il ne fut donné aucune suite aux scrupules des Décemvirs (2).
Une consultation plus célèbre est relative à Ptolémée Aulète.
Ptolémée, roi d'Egypte, chassé du trône, s'était réfugié à Rome pour y implorer la protection du Sénat. Sa demande fut accueillie. Le Sénat chargea le consul Lentulus Spinther (57 avant J. C.) de ramener Ptolémée en Egypte et de le rétablir sur le trône, lorsqu'il se rendrait, au commencement de l'année suivante, dans sa province de Cilicie et de Chypre (3). Peu de temps après le vote de ce s. c, une députation de cent Egyptiens arriva à Rome ; elle exposa les griefs du peuple contre Ptolémée et pria le Sénat de maintenir sur le trône Bérénice, fille de Ptolémée. Ptolémée fit
(i) Voyez plus haat,p. 301, n* 5, les passages cités de Tite-Live.
(2) Frontin., deaqnaed., 7.
(3) Dio Cass., XXXIX, 12. Cf. Cic, ad fam., I, 1 § 3, p. Rab. post, 3 § 6.
assassiner secrètement un grand nombre de ces députés, et il en corrompit d'autres par de l'argent (i). Sur ces entrefaites la foudre frappa le temple de Jupiter au mont Albain (2). Les XFviriaacr. /ac, invités à consulter les livres Sibyllins, y trouvèrent cette réponse : « Si le roi d'Egypte vient demander du secours, ne lui refusez pas votre amitié ; mais ne l'aidez par aucune force armée. Sinon, vous vous exposez à des embarras et à des dangers (3). » Un tribun de la plèbe, C. Gaton, homme remuant et parleur disert, s'empara de cet incident (4) contre le consul Spinther, dont il était l'ennemi. 11 obligea les XF viri à communiquer au peuple la réponse des livres Sibyllins, avant même que le Sénat en eût délibéré, tandis que le mos majorum subordonnait à une décision forqnelle du Sénat toute publicité à donner aux réponses des livres Sibyllins (5),
L'affaire fut portée au Sénat, et donna lieu à de longues délibérations (6). Comme la réponse des XV viri avait été divulguée, il ne pouvait plus être question de rétablir Ptoléniée sur le trône par la force militaire (7).
Différentes solutions furent proposées. Parmi les sénateurs consulaires, Hortensius, Cicéron, LucuUus, étaient d'avis de maintenir à Lentulus la charge* de rétablir Ptolémée sur le trône, mais de lui défendre l'emploi de la force armée (s). Crassus et Bibulus préféraient confier cette mission à une députation de trois sénateurs, tandis que Volcatius et Afranius voulaient en charger Pompée (9),- ce qui était aussi le désir de Ptolémée (10). Enfin le consulaire Servilius opina pour ne pas ramener Ptolémée en Egypte (11).
(1) Dio Cass., XXXIX, 13-14.
(2) Dio Cass., ib., 15. D'après le commentât. Bern. (ad Phars. Lucan., VIII. 824) le prodigium fut une inondation du Tibre qui empêcha le départ du proconsul Lentulus pour la province d'Egypte qui lui était échue par le sort !
(3) Dio Cass., 1. 1. Cic, ad Att., I, 7 § 4.
(4; Fenestella, cité par Non. Marc., v. rumor,
(5) Dio Cass., 1. 1.
(6) Cf. Cic. ad fam., I, 1, 2, 4, 5 a b, 7, ad Q. fr., II, 2 § 3.
(7) Cic, ad fam., I, 1 § 3, 2 § 1.
(8) Cic, ad fam., I. 1 §3, 2 § 1, ad Q. fr., II, 2 § 3. Dio Cass., XXXIX, 16.
(9) Cic, ad fam., I, 1 § 3, 2 § 1.
(10) Cic, ad fam., I, 1 § 1. Dio Cass., XXXIX, 16.
(11) Cic, ad fam., I, 1 § 3.
Après plusieurs jours de délibération, l'avis de Servilius prévalut, mais il fut annulé par intercession (i). Bref, la défense d'employer la force militaire resta le seul point décidé. Pour le reste, l'ancien sénatusconsulte qui déléguait la mission à Spînther, ne fut pas expressémeilt rapporté (2).
Dans cette situation indécise, des tributis veulent faire trancher la question par le peuple. Le tribun Caton, pour empêcher absolument Spinther d'accomplir la mission, proposa à la plèbe d'abroger son imperium. Le tribun Caninius promulgua un autre projet d'après lequel le proconsul Pompée, escorté uniquement de ses licteurs, reconduirait Ptolémée en
Egypte (3).
Les deux projets de plébiscites échouèrent.
Toutefois Lentulus Spinther ne ramena pas l'ex-roi d'Egypte. Ce fut Gabinius qui, en 55, étant proconsul de Syrie, fit, satis autorisation préalable, une expédition en Egypte et rendit le trône à Ptolémée (4).
De l'avis du Sénat, Gabinius fut poursuivi pour' être sorti de sa province et pour avoir fait la guerre sans autorisation préalable du peuple et du Sénat (5). Il fut^ acquitté. LeS jurés qu'il avait corrompus, invoquèrent ce motif que les livres Sibyllins n'avaièiit spécifié aucune punition contre letransgresseur (ô).
Si le Sénat, à la suite de la consultation des livres Sibyllins, peut introduire dans le culte national des cultes étrangers, d autre part, il a le droit d'interdire les pratiques étrangères qui n'ont pas été autorisées.
(1) Cic, ad fam., I, 7 § 4, ad Q. fr., II, 2 § 3.
(2) Cic, ad Q. fr., II, 3 § 1, ad fam., I, 4 § 1. Scol. Bob., p. 313.
(3) Plutarch., Pomp., 49. Cf. Cic, ad Q. fr., II, 2 § 3, 3 g I, ad' fam., I, 2 § 4, 4 § 1-3, 5 a § 2.
(4) Dio Cass., XXXIX, 55.
(5) Dio Cass., XXXIX, 56 g 4, 61 § 4, 62. Cf. Cic, in Fis.. 21 g 50.
(6) Dio Caas., XXXIX, 55, 62. Chez Appien (Syr., 51, cf, B. C, II, 24, Parth., 242) : « Twô Tigç Twv Pwfiaiwv ^ov^qç Iffyrjtv ïm tw âviù ^igf WfAaTo; I; AtyvTrrov ifiSoXfîy, » il y a deux erreurs. D'abord, Gabinius ne fut. pas jugé par le Sénat} en second lieu, il ne fut pas condamné de ce chef, mais du chef de concussion, dont il fut poursuivi ensuite. Dio Cass., XXXIX, 55.
TiteLive (i) rapporte qu'en 428 le Sénat chargea les édiles de la plèbe de prendre soin « ne qui niai Èomani dit neu quo alio more quam patrio colerentur, » Il est difficile d'ajouter foi à ce récit. En 428 V^ édiles de la plèbe étaient encore des fonctionnaires subalternes des tribuns, sans rapports directs avec le Sénat, aux séances duquel ils n*assistaient même pas (s). La police de la ville, à laquelle se rattachait la mesure en question, était de la compétence des consuls, tribuns consulaires ou préfet de la ville, magistrats patriciens, auxquels, à cette époqne, les édiles de la plèbe n'étaient pas encore subordonnés.
Les annalistes ont donc inséré dans l'histoire du v® siècle des mesures analogues à celles qui furent prises deux ou trois siècles plus tard (s).
En 213 de nombreuses pratiques étrangères avaient envahi la ville de Rome, et la populace était subjuguée par des charlatans qui la séduisaient par des livres prétendument prophétiques. Le Sénat réprimanda vivement les édiles et les /// viri capitales de la mollesse qu'ils montraient, et il invita le préteur-urbain, présidant le Sénat en l'absence des consuls, à porter un remède énergique au mal. Après avoir donné lecture du s. c. au peuple, le préteur publia l'édit suivant : « Ut quicunque libros vaticinioa precationes aut artem sacrifinandi conscriptam haberety eoa libros omnea litteraaque ad se ante kal. apriles deferret neu quis in publico sacrove loco novo aut externo ritu sacrijicaret (4). » La recherche des livres prophétiques amena entre autres la découverte des carmina Mardana (5).
A cette série de mesures appartient aussi le célèbre sénatusconsulte de Baccanalibus.
Les cérémonies du culte Dionysiaque s'étaient répandues