‹ Le Sénat de la République romaine, sa composition et ses attributions (volume 2)Chapitre 3 sur 95 · II. P. Sulpicius 19» 291. L. Postumius · texte numérisé non relu

II. P. Sulpicius 19» 291. L. Postumius

20» Q. Fabius

21« 216(13). I. C. Glaudius Ap II. P. Cornélius

j^tr. COS. 358.

patr. COS. I, 364, II, 361.

patr. COS. I, 366, II, 363.

(Ii; « I.

Ambustus (II) » II, prince du Sénat.

Scipio (1) patr. mag. eq. 362 (2), cos. 350. patr. cos. IV, 353, cf. ad n. 1 1 , V. patr. COS. III, 354, cf. ad n. 11, II et VIII, prince du Sénat.

(Corvus) patr. cos. I, 348, III, 343, dict.

patr. cos. III,JÎ^4, dict. 351, cf.

adn. JS^II, prince du Sénat.

Corvus (II) cf. ad n. 14, I.

patr. COS. I, 341, dict. 335, cos.

patr. cons. 322, qui devint prince du Sénat.

Corvus (III) cf. n. 14, I et n. 15.

patr. cenfl.312,co8. 1, 307,11,296.

patr. cos. 304.

Megellus(10)patr. cos. I, 305, II, 294.

Maximus(l 1) patr. cos. 233, cens. 230, cos. IV, 209, prince du Sénat de 209 à 20^(12).

. f. Cento patr. cos. 240, cens. 225. Asina patr. cos. 221.

(1) Liv., VII, 21 : *^^Adundecimum interregem, ■

(2) Vojez T. I, p. 90bis, n« 4.

P) Liv., vn, 22 : « Duo interreges.,. itOerpositù •

(4) LiT., VIII, 3 : • Duo interreges,,. fUere. » Nous croyons que M. Fabius «t plutAt M. Ambustus que M. Fabivs Dorso, consul de 345.

(5) LiT., VIII, 17 : - Per guintum demum interregem, n Peut-être &ut-il lire : • per guintum decimum demum interregem, » voyez la note suivante.

(6) LiT., VIII, 23 : • guartua decimus demum interrex L. Aemilius,.. »

(7) Ut., IX, 7.

(B) LiT.,X, 11.

(9) Cet Ap. Claudius fut interroi 3 fois. Cf. Elogium n» 28. Corp. Inser. lat., I. p. 287.

(10) Uv., XXVII, 6 : « Qui interrex iis comitiis guaeipse haiuisset^ csonsul cum C. Junio Bubulco creatus esset. » — L. Postumius Megellus III et C. Juniot Bobulcus, consuls en 291.

(11) Corp. Inscr. lat., I, Elog., n» 29 : « Interrex IL n

(12) Voyez T. I, p. 112.

(13) LiT., XXII, 34.

22<> 162(1). L.Aemiliu8L.f.Paulu8(2) patr, éd. cur. 193, prêt. 191,

COS. I, 182, II, 168, cens.

164 (3). 23^ 82. L. Valerius Flaccus patr. cos. 100, cens. 97, prince

du Sénat (4).

24« 77. Ap. Claudius (5) patr.

25® M. Valerius Messala patr. cos. 61. 11 a été interroi

trois fois (6), pendant les interrègnes de 55, 53 ou 52 (7).

26° 52. M. Aemilius Lepidus (8) patr. il devint préteur en 49.

Sep. Sulpicius (9) patr. soit Ser. Galba qui avait

été préteur en 54 (10), soit plutôt (11) Ser. Rufus qui avait géré la préture en 65 et devint consul en 51 (12).

Tous les interrois qui nous sont connus de nom, au nombre de 35, -sont patriciens; en outre de 33 sur 35 il est témoigné positivement qu'au moment de l'interrègne ils avaient géré une magistrature curule. Les deux restants sont les interrois de 77 et de 52, Ap. Glaudius et M. Aemilius Lepidus.

Nous n'avons pas de renseignements positifs sur l'identité de cet Ap- Claudius. En 79 le consulat fut géré par Ap. Claudius Ap. f. Pulcher; mais cet Appius qui est probablement YAppius major dont parle Cicéron dans le de oratore (13), parfit

(1) Il résulte des histoires de Tite-Live que de 216 à 166 il n'y a pas eu d'interrègnes. Il est donc de toute probabilité que Paulus fut interroi en 162, après l'abdication des deux premiers consuls do cette année. Fast. Cap. ad h. a.

(2) Corp. Inscr. lat., I, p. 289, Elog., n» 30.

(3) Voyez T. I. p. 314.

(4) App., B. C, I, 98. Voyez T. I, p. 114.

(5) Sali., hist., I, or. Phil., § 22.

(6) C. I. L., VI, no 3826, cf. Ephemer. epigr., III, p. 1.

(7) Voyez T. ï, p. 430, n® 8. Dans l'inscription où les honneurs de Messala sont mentionnés dans l'ordre chronologique, l'interrègne est placé entre la fonction de Vvir a. d. a, t., qui date de 59, et la censure que Messala géra dès la seconde moitié de 55. Voyez plus loin, p. 18.

(8) Ascon., p. 34, 43.

(9) Ascon., p. 37, Plut., Pomp., 54.

(10) Voyez T. I, p. 484, n» 155.

(1 1) En effet Ser. Galba, s'il devint, comme c^est probable, propréteur en 53, ne pouvait être de retour à Rome au commencement de 52.

(12) Voyez T. I, p. 462, no 90.

^3) II, 70 § 284. Cf. Mommsen, C. I. L., I, p. 77.

en 78 comme proconsul pour la Macédoine (i), où il mourut. Il ne se trouva donc pas à Rome au commencement de 77. L'interroi en question ne fut pas non plus (2) son fils Ap. Claudius qui ne devint consul qu'en 54 et qui en 77 n'avait certainement pas encore lage sénatorial (3). Mais en 73 un Glaudius Pu] cher fut légat dans la guerre contre Spartacus (4). Bien que son prénom ne soit pas connu (5), c'est lui, selon toute probabilité, l'Ap. Glaudius qui fut interroi en 77 (e). Il fut ou bien le frère d'Ap. Glaudius major, qui avait été préteur en 89 (7), consul en 79, ou bien le fils de G. Glaudius, qui avait géré le consulat en 92. Dans les deux hypothèses, il devait avoir dépassé en 77 Tâge requis pour la préture ou du moins pour Tédilité curule; et il est de toute probabilité, eu égard à l'illustration de sa famille, qu'en 77 il avait géré une de ces deux magistratures.

M. Aemilius Lepidus fut préteur en 49, après avoir été édile curule (s). Il géra l'édilité curule, au plus tard, en 52; il peut l'avoir exercée déjà en 53, année dont les édiles curules sont inconnus.

Concluons. Sur 35 interrois connus, la qualité d'ancien magistrat curule est constatée positivement pour 33; d'après les renseignements que nous avons donnés sur les deux restants nous sommes autorisé, selon toute probabilité, à leur attribuer cette même qualité. Partant, les fonctions

(1) Lîv., Epit. XCI, Eutpop., VI, 1, Gros., V, 23.

(2) Comme le veut Mommsen, Hist. de la Monn. rom., II, 388, noie.

(3) Voyez T. I, p. 449, n» 36.

(4) Liv., Epit. XCV : « Gladiatores... Claudium Pulchrum legatum et P, Varinium praetorem proelio vicerunt. » L'expression est très précise, et certainement plus exacte que celle de Plut., Crass.,9,qui l'appelle crrpaTTrfoç, et d'Oros., V, 24 : praet(yi\ Il est mentionné aussi, tans désignation de titre, par Frontin., Strateg., I, 5 § 21.

(5) Drumann, II, 185, Tappelle C. Glaudius Pulcher; c'est une pure conjecture.

(6) On ne peut identifier notre interroi avec le tribun militaire Ap. Glaudius qui ouvrit la porte de Rome à Marins (App., B. G., I, 68) : car celui-ci fut tué par Sulla en 82. Gf. Plut., SuU., 29.

(7) Ci, Cic, p. Arch., 5 § 9.

(8) Voyez T. I, p. 519, n^ 319.

d'interroi n'exigeaient pas seulement la qualité de patricien, ce que d'ailleurs les anciens disent expressément (i), mais encore celle d'ancien magistrat curule. L 'interroi était choisi parmi les sénateurs curulea patriciens,

C!omment et par qui Tinterroi était-il désigné?

Le terme technique» employé par les anciens pour exprimer cette désignation, e&tprodere. Mais ce terme n'indique pas le mode de désignation ; car il s'emploie aussi bien de la nomination du premier interroi (2) que de la désignation de ses successeurs (3); et, cependant, dans chaque interrègne, comme nous allons le voir, le premier interroi était nommé autrement que les interrois suivants. Prodere signifie porro dare (4) {TrfoiiiovoLi (5), transmettre), et se rapporte essentiellement aux auspicia (e). A défaut de magistratures curules, les auspicia font retour aux patres; les patres transmettent les auspicia au premier interroi (produnt interreyemj ; celui-ci, après cinq jours, les transmet à son successeur, et ainsi de suite, jusqu'à la fin de l'interrègne.

Mais, tandis que le premier interroi est désigné par les patres (7), du temps de la République, le premier interroi désigne lui-même son successeur (s), de la même manière que le consul nomme le dictateur (9), et il lui transmet auspi-

(1) Zonar., VII, 9 (P. I, 328. Dind. II, 109). Cf. Ps. Cic, de dom., 14 § 38.

(2) Liv., III, 40. IV, 43. Ascon.. p. 43. Cic, de leg., III, 3 § 9, 4 § 10.

(3) Liv., IV, 43, V, 31.

(4) Serv., ad Aen., I, 252 : • Prodtmur. MuUa quidem hic sermo significat; sedmodo pokro damur... Cf. Cic, de leg., III, 2 § 4 : • Quodçenus imperii primum ad homines justissimos et sapierUissimos deflirdHXtur.., deinde etiam deinceps posteris prodebatur, •

(5) Dionys., II, 57.

(6) C*e8t ce qui explique pourquoi ce terme est employé spécialement de la nomimition aux fonctions sacerdotales : flaminem prodere, Cic, p. Mil., 10 S 27, 17 § 46. Ascon., p. 32.

(7) Voyez plus loin.

(8) Dionys. y VIII, 90 : « 'Ano^tixwrai irpo; avrâv (a senatoribus) lucopaaiMç *Àv\oç liiinpinioç "Arparivùç • ovtoç... snpov cbro^cUwox... •

(9) Dionys., V, 72 : «(Consul) àvourrâç âyayoptvfc aîrrdv (dictatorem), «^«p clÀOfcrav Trouîy oî IU9^7ÎUÏÇ' *

€ato{\) ses pouvoirs ftprès cinq jours, le second interroi désigne le troisième (2), et la série se succède ainsi (3) jusqu'à ce que les comices centuriates aient créé des consuls.

Ce serait donc se. mettre en opposition directe avec les témoignages des anciens que de supposer que les patres se réunissaient tous les cinq jours pour désigner un nouvel interroi.

L'interroi était-il entièrement libre dans la désignation de son successeur, à condition qu'il le prenne parmi les sénateurs curules patriciens, ou ceu?-ci se succédaient-ils dans un Dvàre déterminé soit par le tirage au sort, soit par la liste sénatoriale?

Il suffit d'examiner la série des interrois dans les interrègnes du iV* siècle avant J.-C, là où cette série a été conservée par la tradition, pour se convaincre que ni le tirage au sort ni le classement de la liste sénatoriale n'influaient sur la succession des interrois. Qu'on compare les interrois de 396, de 391 et de 389, on verra les mêmes personnages revenir deux, trois fois, et ces personnages sont des sénateurs qui ont déjà géré 2, 3, 4 fois le tribunat consulaire ou le consulat, partant les principes civiiaiis. Le même fait se représente dans les inter* règnes de 355, 351, 340, 332. C'est qu'apparemment le sort n'intervenait pas. Dans l'interrègne de 355, après une série de six interrois, la même série recommence; et cependant il 7 avait, à cette époque, plus de six sénateurs curules patriciens.

(1) Liv., VI, 45 § 5 : « Sed nos quoque ipsi sine suffragio populi aiispieato inierregem prodamus. •

(2) Cf. LW., V, 31 : « Interreœ creatur Af. Furitcs Camilltts qui P. Corndium Scipionem, is deinde L. VcUerium Potitum inierregem prodidit, • La même procédure fut suivie exceptionnellement par les praepscti fer, lot. en 45 : « Oollap^^oc Tt riç ht raie dvoy^axç xaroffràç Srepov aura; xvç vorcpaïaç cv<kiXrro, xal hulvoç ak'kQv, » Dio Cass., XLIII, 48.

(3) (Test donc une inexactitude d'expression quand Tite-Live, XXII, 34, dit : •Interregesproditi apatrihus C. Clat^ius.., inde P. Cornélius Asina,..^ Cette inexactitude d'expression se rencontre aussi parfois chez Denjs. TiteliTe est encore dans Terreur lorsque dans le même interrègne il représente les tribans comme empêchant d plusieurs reprises la nomination d'un interroi (IV, 43). Le premier interroi nommé, les tribuns n'avaient plus aucune action «ur la désignation des suivants.

Si donc le sort avait fixé l'ordre de la succession des interrois, la série n'aurait pu être épuisée après six titulaires.

D'autre part, la succession des interrois n'était pas déterminée non plus par le classement de la liste sénatoriale. Dans rinterrègne de 396, Tinterroi L. Valerius Potitus, qui avait été tribun consulaire pour la première fois en 414 et pour la cinquième fois en 398, est suivi de Q. Servilius Fidenas qui fut tribun consulaire pour la première fois en 402 et pour la seconde fois en 398, tandis que sur la liste plusieurs sénateurs curules patriciens étaient classés entre eux, par exemple L. Purius MeduUinus qui avait été tribun consulaire pour la première fois eu 407 et qui le devint pour la cinquième fois en 395. Dans Tinterrègne de 355, le troisième interroi, Cn. Manlius, avait été consul I en 359, II, 357, le quatrième, C. Fabius, avait été consul en 358, tandis que le cinquième, C. Sulpicius, avait géré le consulat eu 364 et 361, et le sixième, L. Aemilius, en 366 et 363.

L'on voit que les séries d'interrois, mentionnées par les anciens, confirment le témoignage des sources, d'après lequel l'interroi désignait librement son successeur parmi les sénateurs curules patriciens.

Cependant, en résulte-t-il que cette désignation ne pouvait se faire qu'à la fin du cinquième jour, au moment même où l'interroi transmettait ses pouvoirs au successeur? N'était-il pas permis que lors de la désignation du premier interroi par les patres, au Sénat même, les sénateurs curules patriciens s'entendent d'avance et règlent de commun accord la série d'un certain nombre d'interrois d'après la durée probable de l'interrègne?

Non-seulement rien ne s'oppose à cette désignation anticipée, mais la pratique la rendait presque indispensable. Il était de l'intérêt des citoyens de savoir d'avance quel serait à tel ou tel jour le dépositaire de la magistrature suprême, alors qu'elle changeait de titulaire tous les cinq jours, de môme que les sénateurs qui étaient aptes à la fonction d'interroi, devaient préférer régler selon leurs convenances l'époque de l'exercice de ce pouvoir éphémère, plutôt que d'y être appelés inopinément.

L'entente préalable des sénateurs curules patriciens était spécialement nécessaire à la dernière époque de la République. Prenons comme exemple Finterrègne de 53. Il a duré au delà de six mois (i), partant plus de 177 jours (2). Il y a eu une série d'au moins 36 interrois. A cette même époque les sénateurs curules patriciens, présents à Rome, étaient au maximum de 24. Ce sont (3) les ce^isorii Cn. Lentulus Clodianus* (t. I, p. 428, n^ 3) et M. Valerius Messala (ib., p. 430, n** 8), les consulares Cn. Cornélius Dolabella* (p. 431, n*" 9), M* Aemilius Lepidus (p. 437, n"* 19), L. Manlius Torquatus (ib., n° 20), L. Julius Caesar (p. 438, n^ 21) (4) et Ap. Claudius Pulcher (p, 449, n"* 36) (5), les praetorii C. Claudius Nero* (p. 449, n^ 38), A. Manlius Torquatus* (p. 456, n° 66), P. Cornélius Dolabella* (p. 457, n° 72), Ti. Claudius Nero* (p. 458, no 76), P. Sulpicius Galba* (p. 460, n^82), Ser. Sulpicius Rufus (p. 462, n° 90), C. Sulpicius (Gains)* p. 464, n** 98), L. Valerius Flaccus* (p. 464, n^ 99), M. Valerius Messala (p. 467, n° 106), Cn. Lentulus Clodianus* (p. 470, n^ 114), A. Postumius Albinus (p. 471, n^ 117), L. Lentulus Crus (p. 472, n^ 123), Sex. Quinctilius Varus*(p. 476, n<>135), M. Aemilius Scaurus (p. 476, n** 138) (e), Ser. Sulpicius Galba (p. 484, n° 155) (7), et lesaedilicii Q. Pabius Maxumus (p. 484, n** 157) et L. Aemilius Paulus (p. 485, n^ 160) (s).

(1) Dio Ca«s., XL, 45. Cf. Cic, p. Mil., 9 § 24. App., B. C, II, 19.

(2) Total des jours d^ six premiers mois de Tannée, antérieurement à la réforme de César.

(3) L^astérisque indique qu'il n'y a pas de renseignements certains prouvant que ces sénateurs vivaient encore en 53. Puisque parmi eux, selon toute probabilité, plusieurs étaient morts en 53, le nombre de 24 est plutôt au dessus de la réalité. Car, à cette époque si connue, il n'y a guère ou du moins fort peu de sénateurs curules patriciens dont les noms n'aient pas été conservés par la tradition.

(4) C. Julius Caesar (T. I, p. 441, n9 27) était absent de Rome en 53.

(5) Il partit en 53 pour le gouvernement de Cilicie; mais il était à Rome pendant les premiers mois de cette année.

(6) C. Claudius Pulcher (T. I, p. 477, n<» 140) était absent de Rome en 53.

(7) Il avait été préteur en 54 et était donc encore à Rome au commencement de 53.

(8) M. Aemilius Iiopidus (T. 1, p. 519, n<* 319) ne fut probablement édile curule qu'en 53, partant après l'interrègne.

Il est donc certain qu'en 53, si même tous les sénateurs cnrules patriciens présents à Rome ont été revêtus successivement de la fonction d'interroi, au moins la moitié d'eux a géré cette fonction deux fois. Aussi est-il probable que le censorius M. Valerius Messala qui fut interroi trois fois, géra cette dignité une fois en 55, et deux fois en 53, et quil ne fut pas interroi en 52.

On comprend dès lors qu'après la désignation du premier interroi par les paires les sénateurs curules patriciens s'entendent pour déterminer d'avance Tordre de succession des interroi s, pour fixer une série qui, étant épuisée, pourra recommencer.

Il est naturel aussi qufil était libre aux patriciens curules de décider que la succession serait réglée par le rang sénatorial et qu'elle commencerait soit par le premier, soit par le dernier en rang.

Il semble même que dans Tinterrègne de 52 on s'est conformé à un tel ordre. L'interrègne commença le 21 janvier (i) et finit a, d. V Kal. Mart. mense intercalario (2); il dura 56 ou 57 jours (3). Il y eut donc douze interrois qui se succédèrent; le premier fut M. Aemilius Lepidus (4); le dernier ou douzième Ser. Sulpicius Rufus (5). A ce moment M. Aemilius Lepidus était le dernier en rang des sénateurs curules patriciens. En remontant la liste indiquée plus haut nous trouvons : 2*" L. Aemilius Paulus.

3** Q. Fabius Maxumus (e).

4"* M. Aemilius Scaurus.

5** Sex. Quinctilius (Varus)*.

6** L. Lentulus Crus.

(1) Ascon., p. 43. Cf. p. 32.

(2) Ascon., p. 37.

(3) Les 9 jours de janvier, 25 jours de février, et le mois intercalaire qui en cette année était, on ne sait au juste, de 22 ou 23 jours. Voyez Mommsen, Rom. Chronol.

(4) Ascon., p. 34, 43.

(5) Ascon., p. 37. Voyez plus haut.

(6) Ser. Sulpicius Galba fut sans doute propréteur en 53, et n'était pas encore de retour k Rome en 52. C. Claudius Pulcher était à cette époque en exil.

7** A. Postumiu8 Albinus.

8"* Cn. Cornélius Clodianus*.

9** M. Valerius Messala (i).

10^ L. Valerius Flaccus*.

11^ C. Sulpicius (Galus)*.

12** Ser. Sulpicius Rufus.

C'est, ce nous semble, une coïncidence assez curieuse, et qui semble autoriser la conjecture que nous faite plus haut.

Mais s'il est établi comment Tinterrègne, une fois constitué, se continuait, il est plus difficile de dire comment on procédait pour la désignation du premier interroi.

Les auteurs latins sont d'accord à dire qu'à défaut de magistratures curules, les auspicia font retour aux patres et que ceux-ci nomment le premier interroi.

Qui sont les patres?

Les sources donnent les détails les plus circonstanciés sur Imterrègne qui suivit la mort de Romulus. D'après la tradition cet interrègne dura un an. D'après le récit de Tite-Live le Sénat, composé de 100 membres patriciens, est divisé en dix décuries ; dans chaque décurie chaque membre reçoit (Tite- Live ne dit pas comment) un numéro d'ordre. Les dix sénateurs qui ont le n° 1 des dix décuries forment le premier collège d'interrois qui se succèdent un à un, chacun pendant cinq jours ; après eux vient le tour des sénateurs qui ont eu le n^ 2 de chaque décurie, et ainsi de suite (2). Au rapport de Denys d'Halicamasse (3), le Sénat, divisé en décuries, se composait de deux cents membres. Le sort désigna Tordre dans lequel les décuries se succéderaient de cinquante en cinquante jours;

(1) & distinguer du censoriiLS,

(2) Liv., I, 17 : - /i?a rem inter se centum patres decem decuriis facHs singulisque in singulas decurias creatiSy qui summae rerum praeessent, consociant. Decem imperitabant^ umis cum insignibus imperii et lictoribus erat; quinum dierum spatio finiebatur imperium ac per omnes in orbem ihat; annuumque intey^vallum regni fuit, Id ab re, quodnunc quoque tenet nomen, interregnum appellatum. »

(3) II, 57. Cf. Mommsen, Staatsr., I, 633, n» 3.

chaque membre de chaque décurie était interroi pendant cinq jours.

Les renseignements des autres écrivains anciens (i) concordent dans les traits principaux avec le récit de Tite-Li ve et de Denys(2) .

La tradition sur l'interrègne durant la Royauté est en désaccord avec l'organisation de l'interrègne sous la République. Dans cette dernière période, comme nous l'avons démontré plus haut, le sort ne déterminait pas la succession des iuterrois, et pour devenir interroi, la qualité de sénateur patricien pédaire ne suffisait pas. Les antiquaires romains, sachant qu'à la mort de Romulus les sénateurs curules (3) n'étaient pas en nombre suffisant pour remplir l'interrègne d'une année, ont été amenés naturellement à chercher une autre combinaison. Mais le fait qui ressort positivement de cette tradition, c'est que rinterrègne était l'affaire du Sénat, patricien si l'on veut, mais non certes des comices.

Passons aux témoignages des anciens sur la nomination du premier interroi pendant la période républicaine.

D e n y s (4) et A p p i e n (5) s'accordent à attribuer au Sénat la désignation du premier interroi.

Tite-Live, en parlant des interrègnes qui ont eu lieu depuis 449 jusqu'en 420 (e), nomme expressément les patricii

(1) Plut., Num., 2. Eutrop., I, 2, Sex. Ruf., Brev., 2, Serv., ad Àen., VI, 809. Suid., V. f«ffo6flwi>e0;. Flav. Vop., Tac., 1.

(2) Mommsen, Rom. Forsch., I, 219 suiv. — Plutarque et Flavo Vopisce seloignent de la tradition commune dans la durée des fonctions d'interroi. Mommsen, Staatsr., I, 634, n** 1.

(3) Suidas, v. f«(ro6aâri>evç, a ces sénateurs en vue, quand il dit : •• *H oTiyx^jj- ^oç... 7rsvO)7pupov oipx^'^ "^^^^ «TTiyaviOTgpoi; twv êov^urûv ex JiaJo;^ç; xaravifiouo'a. »

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