‹ Le Sénat de la République romaine, sa composition et ses attributions (volume 2)Chapitre 6 sur 95 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA PATRCM AUCT0RITA8 {i).

§ 1. AUGT01UTAS ET CONSILIUlf.

Les attributions exercées par le Sénat, du temps de la Rojranté et de la République, peuvent se résumer en ces deux termes : aucioritaa et coriâilium (2).

(1) Niebahr, ffîst. ronL, II, 43 saiv. Hosdika, Dié Yerfassung des Sârviuc Tollins, Heidelberg, 1838, p. 403 soiv. Bocker, II, 1, 314-331. Walter, I, § 23, &•• 55-56, § 41, n« 16, § 66. Broecker, Untepsuchungen ueber die Glaubwuerdigkeit etc., 64-100. Schwegler, Rôm. Gesch., II, 153-173. Rein, v. Senatm danB Pauly's Realencycl., T. V, p. 1017-1020. Mommsen, Rom. Forsch., I, 233-249. ClAson, Knt..Er(yrter. ueber den Rôm. Staat, 61-68. G. Humbert, AuctarUaspatrum,d&nB le Dictionnaire des Antiquités de Daremberg et Saglîo. Lange, De patrum auctoritate commentatio, Lipsiae, 1876, Commentatio altéra, 1877, et Rdm. Alterthûmer, I, 300-307 (3* éd.). H. Christensen, Die ursprungliche Bedeutong der patres dans le Hermès, IX, 196-216 (1874), et la critique de la première dissertation de Lange dans les Neue JahrbOcher fQr Philologie nnd Pa6dagogik,T. GXIII, p. 521-532 (1876) .E. Herzog, Critique de la seconde ilissertation de Lange, dans la même Revue, T. CXV, 565-570 (1877). , (2) Oie., De rep., II, 8 § 14 : <• Romulus pcUrum auctoritate consilioque.,. reffnamt. n Cf. p. Sest., 65 § 137, de leg., II, 12§ 3a, ad fiim., VI, 1 § 5, Liy., II, 27 § 12, etc.— De là ces deux prérogatives sont souvent attribuées aux séoatears personnellement (Cic, ad fam., III, 9 § 4, 10 § 10, IV, 3 § 2, Y, 8 g 5, VI, 1 § 6, 10 § 1-2, XIII, 26 § 2, 29 § ']^, ensuite aux juges (Cic, div. in Caec.» 22 § 73), aux Jurisconsultes (Cic, p. Ros. com., 18 § 56), parfois même à de simples partioulien (Cic, ad fam., IX, 25 § 3, ad Att., XIV, 9 g 1, Cat. m»i.^ 6 S 16*17)*

Uauctoritas suppose, chez celui qui en jouit, Tàge, la vieillesse (i) ; le consilium, la prudence, Texpérience (2).

Jj auctoritaa est exercée par le Sénat vis-à-vis du peuple. Le Sénat, en donnant la sanction de son autorité aux décisions du peuple, en achève le caractère légal et obligatoire.

A regard des magistrats qui dirigent l'administration de TEtat, le Sénat est un corps consultatif (consiliumj. Le ma^^ fnaforum prescrit aux magistrats de consulter le Sénat pour toutes les mesures importantes qu'ils veulent prendre dans la sphère de leurs attributions.

Il résulte de là que Xauctoritas suit et ratifie les votes du peuple, tandis que le cannlium est la délibération qui précède l'exécution d'une mesure importante par les magistrats.

Telle était, dans les premiers siècles de la République» la distinction nette, précise des termes auctoritaa et conailium. Les modifications introduites plus tard dans l'exercice de Yauctoritas ont efiacé cette distinction tranchée, et opéré un rapprochement entre la signification des deux termes auctoritas et consilium. Mais si les institutions politiques ont subi avec le temps de notables changements, les rites du culte et des auspi^ cia sont restés immuables. Là les termes ont conservé leur sens antique. La science augurale di&tinguait trois genrea d'éclairs : « Gênera fulffurum tria esse ait Caecinna, consilia- RiUM, AUCTORiTATis et quod status dicitur. consiliarium ai^ttr rem/^, sedpoat coçitationem, cum aliquid in anima veraantibua aut suadetur fulminis ictu aut dissuadetur. Auotoritatis est ubi POST wxifactam venit, quant bono futur ammalove siçnijicet (3).»

(1) Plin., EpÎBt., VIII, 23 : • Nam quotus quisque [adolescenHumnostrufn\ vd aetati àUerius vel auctorttaùi ut minor ceditf » Tac., Hist., II, 48 : • Juvenes auctoritate^ senes precibus movébat, » Liv., XXVI, 22 : - Velîe acte cum majoribus ncUu colloqui et eœauctoritate eorum constUes dicere. »

(2^ « Constlium est aliquod fadendi non facxendive excogitata ratio. • Oie, de inv., I, 25 § 36, II, 9 § 31. — • Consilio providere, auctoritate monere. • Gic, ad âim., X, 4 § 3.

(3; Seneca, Nat. Qasest., II, 39. Cf. Serv., ad Aen., VIII, 542 : « Unum

00N8IUARIUM vbi çutd coffitantUncs nobis accidit quod vetat aut hortatur ;

aUerum AuoroRiTiLTis quod evenit rb obsta, quod probet. » Ces passages

mportants pour dôterminor le sens primitif du mot auctoritas ont échappé, si

« \J éclair consiliaire précède l'acte, et conseille ou dissuade de l'exécuter, Véclair d^ autorité suit Tacte, et Tapprouve ou le désapprouve. » Cette terminologie du droit augurai est en harmonie parfaite avec la distinction qui, d'après les sources, existait primitivement entre Yauctoritas et le consilium du Sénat.

Le Sénat, exerçant Yauctoritas à l'égard du peuple, formant le consilium des magistrats, telle fut la double sphère d'action du célèbre Corps politique dont nous allons étudier les attributions.

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