II. La désiffnation des provinces prétoriennes
Le Sénat désigne annuellement autant de provinces prétoriennes qu'il y a de préteurs, c'est-à-dire, d'abord quatre, depuis 197, six (4).
(1) Liv., XXX. 40. Voyez plus haut, p. 198, n* 1.
(2) Liv., 1, 1.
(3) Liv., XXXII, 28. Cf. Polyb., XVIII, 11-12. — Quelque chose d'analogue se passa en 196, cf. Liv., XXXIII, 25, et en 194 (XXXIV, 43, Nepos, Cato, 2). — Voyez aussi Liv., XXXVIII, 42.
(4) Liv., XXXII, 27 : « Seœ praetores illo anno (pour 197) primum creati crescentibus jam promnciis et îatius patescente imperio, • — En 179, on ne créa que quatre préteurs : « Praetores qiuittuor post mvJUos annos legeBatbia creati, quae altemis quaternos juhébai creari. - Liv., XL, 44. Cepen-
Il choisit ces provinces dans les trois catégories suivantes : 1^ \jB, jurisdidio urhana et X^jansdictio peregrina,^^om^{)), 2° Les provinces ordinaires extra-italiques, à savoir la province réunie de la Gaule Cisalpine et de riUyricum {2), l'ancienne province de Sicile (Sicilia vêtus) (3), et depuis 213 la nouvelle province de Sicile (Sicilia nova){i), réunies définitivement en une seule province depuis 203 (5), la Sardaigne (e), depuis 197 les deux provinces d'EspdignefJIispaniaciterioretuitenor^(7),depui8 146 la province unie de Macédoine(8)et d' Achaïe(9),
dant la leœ Baehia a dû être abolie presque aussitôt. Car en 177 il 7 eut six préteurs (Liv., XLI, 8), tandis que d'après la leœ Baebia il n'aurait dû y avoir que quatre, et depuis lors jusqu'à SuUa on a nommé annuellement six préteurs (Mommsen, Staatsr., II, 190).
(1) Voyez plus haut, p. 271 suiv.
(2) Liv., XXI. 17, XXIV. 44, XXVI, 28, XXVII, 7, 36, XXVlII. 10, 38. XXIX, 13, XXX. 1, 27, XXXI, 6, XXXII, 1, 8, XXXVIII, 42, XXXIX, 45, XL, 18, XLI. 8. — Sur la réunion ordinaire de l'illyricum avec la Gaule, voyez plus haut, p. 536, n^ 2.
(3) Liv., XXIV. 10, XXVII, 22, 36, XXVIII, 10, 38, XXIX, 13.
(4) Voyez plus haut, p. 533, n« 9.
(5) Depuis cette année, on ne rencontre plus qu'un seul gouverneur annuel en Sicile. Liv., XXIX, 38, XXX, 27, 40, XXXI, 6, XXXII, 1, 8, 28, XXXIII,
• 25, 43, XXXIV, 43, 55, XXXV, 20, 41, XXXVII, 2, 50, XXXVIII, 35, 42, XXXIX, 8, 38, 45. XL, 1, 18, 35, 44, XLI, 8, 15, XLII, 1, 10, 28, XLIII, 11, XLIV, 17, XLV, 16. Polyb., XXXVI. 5, etc.
(6) Liv., XXV. 41, XXVI, 29. XXVII, 7, 36, XXVIII, 38. XXIX, 13, XXX, 1, 40, XXXII, 1, 8. 28, XXXIII, 25, XXXIV, 43, 55, XXXV, 20, 41, 50, XXXVIII, 35, 42, XXXIX, 8, 38, 45, XL, 1, 18, 35, 44, XLI, 8, 15, XLII, 1, 10, 28, XLIII. 11. XLIV, 17, XLV, 16.
(7) Liv., XXXII, 28, XXXIII, 25, 43, XXXIV. 43, 55, XXXV. 20. 41, XXXVII, 50, XXXVIII. 35, XXXlX, 8, 38, XL, 1, 35, XLI, 15. XLII, 1, 10, 28, XLIII, 11, XLIV, 17, XLV, 16. Diod. Sic, XXXI; 42, etc.
(8) Marquardt, Staatsverw., I, 161-162. — Des préteurs de Macédoine sont mentionnés chez Liv., Ep. LIV et LVI, Varr., de r. r., II, 4. A. G. Zumpt, Gomm. epigr., II, 164 suiv.
(9) Bien que le point ait été beaucoup discuté et controversé, nous pensons avec Marquardt (Staatsverw.. I, 164, n« 8. 171-173) que la Grèce fut organisée en province en Tan 146; mais, jusqu'à l'Empire, elle fut administrée parle gonvemenr de Macédoine. Cf. Plut., Cim., 2 (le gouverneur de Macédoine exerce la juridiction criminelle à Chéronée en Béotie : « Outtaj yàp, ajoute Tauteur, àiç Tiçv 'EWiâa *Pa>uaîoi o'TpaTiî70i>; (TisTrlpTrovro » ), S. c. de Asclep. de 78 (C. I., I, n» 203, t. lat., l. 6 coll. L 10, t. grec, 1. 23 coll. 1. 29 : nie d'Eubée est comprise dans la province de Macédoine). Marquardt, I. 1., 173.
et la province d'Afrique (i), enfin depuis 133 la province d'Asie (2).
3^ Des départements extraordinaires en Italie ou hors de l'Italie; à savoir, en Italie, des commandements militaires dans une région déterminée, combinés fréquemment avec une juridiction criminelle spéciale (3) ; hors de l'Italie, le commandement d'une flotte d'opérations (4) ou exceptionnellement la conduite d'une guerre sur terre (5).
Deux de ces départements faisaieut nécessairement partie des provinces prétoriennes. C'étaient \a jurisdictio urbana et la jurisdictio peregrina. Celles-ci ne pouvaient être déléguées ni aux consuls ni à des promagistrats. Mais, comme nous Tavons exposé plus haut (p. 272), le Sénat avait le droit de les réunir en un seul département, ou encore, ce qui revenait au même résultat, de combiner la jurisdictio peregrina avec un département militaire.
Le sénatusconsulte annuel sur les provinces prétoriennes peut en outre augmenter ou diminuer l'étendue des provinces extra-italiques ordinaires, soit par la réunion transitoire de deux provinces en une seule, par exemple, la province unie des deux Espagnes (a), soit par la division transitoire d'une province en deux, comme le fut la Gaule Cisalpine en 177 (7).
Le Sénat peut enfin combiner une province ordinaire extra-
(1) App., Pun., 135 : « Kai ^paTD7év Wciov autotç \x 'PwfAiJc ïnini\aszvi îfxpivav ». — Marquardt, Staataverw., I, 305 auiv.
(2) Marquardt, Staatsverw., I, 176 suiv.
(3) Liv., XXIV, lU 44. XXV, 3, 41, XXVII. 7, 22, XXX, 27. 40, XXXI, 6, XXXIII, 43, XXXV, 20, 41, XXXVII, 2, XXXVIII, 42, XXXIX, 45, XL, 18. Voyez aussi le Ch. VII, § 3. ,
(4) Liv., XXIV. 10-11, XXXV, 20, 41, coll. XXXVI. 2, XXXVII, 2, 50, XLIII. 11, XLIV, 17. Justin., XXXI. 6.
(5) C'est ainsi que vers 148 la guerre contre Pseudo-Philippe en Macédoine, partant avant Inorganisation de la province do Macédoine, fut dirigée successivement par deux préteurs. Liv,, Ëp. L, Eutrdp., IV. 13, Polyb.. XXXVIIÎ, 10.
(6) Elles le furent de 171 à 168 : Liv., XLIl, 28, XLIII. 11, XLIV, 17, XLV, 16 : « Censuere paires duos provincias Hîspanîam rursus /far*(pour 167) quae una per bellum Macedonicum /Uerat. •
(7) « Scipio et Laevinus (deux préteurs) Galliam in duos divisam provmcias sortiti sunt, » Liv., XLI, 8.
italique avec une attribution de juridiction criminelle à remplir en Italie, de telle sorte que le titulaire ne peut partir pour sa province qu'après avoir terminé sa mission en Italie. C était de préférence la province de Sardaigne que le Sénat combinait avec un département de juridiction criminelle en Italie (i).
Le Sénat désigne donc annuellement quatre (2), depuis 197, six provinces prétoriennes (3), à savoir, les deux départements urbains, constituant selon la décision du Sénat deux ou une province, et deux ou trois, depuis 197, quatre ou cinq provinces extra-urbaines, que le Sé)iat choisit librement parmi les autres départements que nous avons énumérés plus haut. Il pouvait aussi ne spécifier que trois ou, depuis 197, cinq provinces, et en laisser une provisoirement indéterminée : « quo senatu% censuissei (4). »
Les préteurs se répartissent par le sort les provinces prétoriennes désignées par le Sénat (5).
Cependant, en ce qui concerne les provinces prétoriennes, le Sénat peut dispenser du tirage au sort et décréter eîvtra ordinem spécialement les provinces urbaines, comme nous l'avons exposé plus haut, p. 273.
Même, après que les provinces ont été réparties par le sort, le Sénat a le droit d'ordonner des permutations (e). A propos
(1) Liv., XXXIX, 38, 41 (en 184), XL, 37 (en 180), XLV, 16 (en 167). Voyez le Ch. VII, § 3.
(2) Liv., XXIV, 10, 44, XXV, 3, 41, XXVII, 7, 22, 36, XXVIII, 10, 38, XXIX, 13, XXX, 1, 27, 40, XXXI, 6, XXXII, 1, 8.
(3) Liv., XXXII, 28, XXXIII, 25, 43. XXXIV, 43, 55, XXXV, 20, 41, XXXVII, 2, 50, XXXVIII, 35, 42, XXXIX, 8, 38, 45, XL, 1, 18, 35, XLI, 8, 15, XLII, 1, 10,28, XLIII, 11, XLIV, 17, — Sur Texception en 179, voyez plus haut, p« 542, n« 4.
(4) Par ex.> en 171 : Liv., XLII, 28, cf. 31. Voyez aussi plus haut, p. ^2, n«5.
(5) Cf. Liv., IXV, 3, 41, XXVII, 7, 36, XXVIII, 10, 38, XXX, 1, XXXII, 1, etc.
{6) En 177 le préteur Mummius avait tiré au sort la province de Sardaigne ; mais, après le tirage, la province fut décrétée consulaire (Liv,, XLI, 8), et Mummius reçut du Sénat une mission spéciale en Italie (ib., 9. Voyez Ch. VII, §3). -~ En 168 le préteur de Sardaigne fut retenu à Rome pour remplacer le préteur
d'un de ces cas de permutation, Tite-Live(i) rapporte que le sénatusconsulte qui l'ordonna, fut ratifié par un plébiscite. 11 ne fait pas connaître le motif du plébiscite en ce cas spécial. Peut-être la décision du Sénat avait-elle rencontré de l'opposition, et a-t-on eu recours, pour la faire cesser, au vote populaire.