‹ Le Sénat de la République romaine, sa composition et ses attributions (volume 2)Chapitre 70 sur 95 · V. Les provinces des II viri navales · texte numérisé non relu

V. Les provinces des II viri navales

En 181 (i) on rétablit une magistrature (2) qui avait fonctionné pendant quelque temps à la fin du iv et au commencement du m® siècle avant J. C. (p. 530).

Ce sont les II viri navales, élus annuellement (3) par le peuple (4) parmi les quaestorii (5).

Leur mission était de croiser sur les côtes de l'Italie pour détruire les navires corsaires ennemis (ô), et de prêter au besoin, sur Tordre du Sénat, main forte aux commandants des armées de terre (7).

De même que pour les autres commandants militaires, le Sénat divisait dès lors annuellement les côtes de l'Italie en deux provinces navales (s), que les II viri se répartissaient par le sort (9), et il déterminait l'effectif de la flotte de chaque duovir, qui était généralement de dix navires (10).

(1) « Nec ret navalis cura omissa, Duumviros in eam rem consules creare jussi, » Liv., XL, 18.

(2) Cf. Liv., XL, 42 : « Quem (Cmmelium DoïabeUam II virum navalem)... pontifex magistratu sese ahdicare jvhebat, »»

(3) Les II viri navales de 181 sont C. Matienus et C. Lucretius (Liv., XL, 26). En 180 on cite le // vir L. Cornélius Dolabella (XL, 42). En 178Tite-Live (XLI, 1) mentionne également un II vir L. Cornélius, qui est peut être identique au précédent. Car rien ne nous oblige d*admettre que Tintervalle du cfecennium ait été requis pour ïiteratio de cette magistrature. — Autrement Mommsen, Staatsr., II, 566, n« 4.

(4) Liv., XL, 18, 26.

(5) Voyez au sujet des quatre duoviri qui seuls nous sont connus de nom, le T. I, p. 355, n^ 283, C. Lucretius, n* 290, C. Matienus, p. 350, n® 233. L. Cornélius Dolabella, et p. 352, n^ 259, C. Furius.

(6) Voyez les notes 8 et 9.

(7) Cf. Liv., XL, 26, XLI, 1, 17.

(8) (181) : - Inter duumviros ita divisa tuenda.., maritima ora, ut pro montorium iis Minervae veliU carda in medio esset : alter inde decotram pariem usque ad Massiliam, laevam alter usque ad Barium tueretur. - Liv., XL, 18, cf. 26. XLI, 1 (178) : « Qui tuendae... maris Superi orae Anconam vélui cardinem haberent. »»

(9) Bien que cela ne soit pas mentionné expressément, cela est conforme aux antres institutions analogues, et semble être indiqué par Tite-Live, XL, 18 (cité n« 8), cf. XL, 26 : - Matieno cv^us ad Qallicum sinum provincia erat. «

(10) - Denis navibus. »» Liv., XL, 18, XLI, 1.

Le rétablissemeot du duovirat naval n'enlevait pas au Sénat le droit d'accorder une escadre auxiliaire aux généraux, commandant les provinces (i); mais elle Tempèchait, ce semble, de créer des provinces navales prétoriennes ou d'en accorder à des promagistrats. En effet, aussi longtemps qu'il y a eu dès // viri navales j nous n'en rencontrons aucun exemple.

Mais l'institution fut encore une fois de courte durée. Après 176, il n'est plus question de II viri navales (2); et en 171 et dans les années suivantes, la flotte fut classée de nouveau parmi les provinces prétoriennes (3).

VI. L'attribution de provinces à des promaffistrats élus par le peuple. Praetores proconsule.

Après la mort de F. Scipion, qui avait obtenu en 218, étant consul, le commandement de la guerre contre les Carthaginois en Espagne (4), et dont Yimperium avait été successivement prorogé (5), depuis 21 1 jusqu'en 197, l'armée romaine qui faisait la guerre en Espagne a été commandée par des citoyens qui, sans être consuls ni préteurs, étaient désignés directement par le peuple eir. s. c, et investis de Yimperium consulaire avec le titre de proconsuls.

Quelle fut la cause de la procédure exceptionnelle suivie pour l'attribution de cette province extraordinaire? On ne le dit pas expressément. Sans doute qu'en 211, alors qu'outre les provinces extra-italiques plusieurs régions de l'Italie de-

(1) Ainsi, en 177, la province de Sardaigne ayant été décrétée consulaire, le consul auquel la province échoit, obtient, outre son armée consulaire, « decem quinqueremes naves. » Liv., XLI, 9.

(2) Tite-Live les mentionne en 181 (XL, 18, 26), en 180 (XL, 42), en 178 (XLI, 1) et en 176 (XLI, 17). S'il n'en parle pas en 179 et 177, il ne fiant pas en déduire qu'ils n'ont pas été nommés pendant ces deux années. Car aussi en 180 et en 176, l'historien ne les mentionne qu'accidentellement.

(3) En 171 (Liv., XLII, 31), 170 (le préteur Hortensius, XLIII, 4, 8), en 169 (XLIII, 11), et en 168 (XLIV, 17, 21).

(4) Liv.. XXI, 32. Cf: Polyb., III, 40.

(5) Liv.; XXII, 22, XXIII, 26, XXIV, 41, 48, XXV, 3, 36. ~ Le frère de P., Cn. Scipio, tué en même temps que lui, était son légat. Cf. Liv., XXI, 32. App., Pun., 14, Hann., 5.

valent être occupées par des corps d'armée, le Sénat ne trouva aucun magistrat ni prouagistrat disponible ni disposé à succéder à Scipion en Espagne (i). C'est pour ce motif que le Sénat fit inviter les tribuns de la plèbe à soumettre, à l'assemblée tribute l'élection d'un citoyen qui commanderait procon- 8uîe les armées romaines en Espagne (2). Uimperium lui serait conféré, ce semble, pour aussi longtemps que le Sénat le lui maintiendrait (3).

Le peuple nomma le jeune Scipion proconsul d'Espagne, et le Sénat lui adjoignit Texpréteur d'Etrurie, M. Junius Silanus, • dont Vimperium avait été prorogé (4).

Après que Scipion eut obtenu la permission de retourner à Rome pour briguer le consulat, en 206, on suivit pour la nomination des commandants d'Espagne la même voie de pro-

(1) Cf. App., Hisp., 17-18.

(2) Liv., XXVI, 2 : « Consvles rettuîerunt omniumque in unum sententiae congruebant agendum cum tribunis plebis esse, primo quoque tempore ad plèbe m ferrent quem cum imperio mitii placeret in Hispaniam ad eum eœercitutn oui Cn, Scipio imper ator praefuisset. Ea res cum tribunis acta promulgataque est, » Cependant, plus loin, Ch. 18, Tite-Live rapporte : « Postremo eo decursum est tU populus proconsuli creando in Hispaniam comitia haberet diemqice comitiis c on suie s ediœerunt..,adunum omnes,.. centuriae.., P. Scipioni imperium esse in Hispaniajusserunt. « II y a là une contradiction manifeste. C'est sans doute rassemblée tribute qui a nommé Scipion ; car, dans la suite, pour la nomination des successeurs de Scipion, rélection s'est faite à diverses reprises par cette même assemblée. Liv., XXIX, 13 (204) : « Omnes tribus.., jusserunt, » XXX, 41 (201) : - Tribuni,,. plebem rogarent cui,,., « XXXI, 50 (200) : « Plèbes,,, jicssit, » — Mommsen, Staatsr., II, 640, n« 4.

(3) En effet le Sénat exerce à son égard le droit de prorogation. Cf. Liv., XXVII, 7 (209) : « Nec de Hispania quicquam mutatum, nisi quod non in annum Scipioni Silanoque^ sed donec revocati ab senatu forent, prorogatum imperium est y » cf. 22.

(4) - M. Junius Silanus propraetor adjutor ad res gerendas datus est. * Liv., XXVI, 19. Il résulte du récit de Tite-Live et de Polybe concernant la guerre d'Espagne que Silanus était subordonné à Scipion, comme le préteur ou le proconsul lest au consul quand ils commandent dans une même province. C'est donc une expression inexacte que Tite-Live attribue à Scipion, quand il lui fait dire : « M. Silanus eodem jure, eodem imperio mecum in provin* dam missus, * XXVIII, 28.

cédure (i), qui fut renouvelée encore en 204 (2), en 201 (3) et en 200 (4), avec cette modification que le peuple élisait, non plus un, mais deux proconsuls (5).

En 197 les Espagnes furent divisées en deux provinces ordinaires, et depuis lors le Sénat décidait du commandement de ces provinces, comme il disposait des autres.

Néanmoins il fut établi que les gouverneurs des Espagnes, s'ils étaient de rang prétorien, préteurs ou expréteurs, auraient Vimperium consulaire avec le titre de procomsule (e).

Cette disposition a dû être introduite par voie législative. Le Sénat n'en avait point le pouvoir. En effet, en dehors des gou-

(1) A la vérité, Tite-Live (XXVIII, 38, XXIX, 2) ne dit pas comment L. Lentalus et L. Manlius Acidinus obtinrent le commandement des Espagnes ; mais, comme ni Tun ni Tautre ne furent ni magistrats ni promagistrats en 207, il a fallu l'intervention du peuple pour leur attribuer la province d'Espagne, de même que pour leurs successeurs. Tite-Live les appelle (XXVIII, 38) prop^aetores, mais leur vrai titre est proconsule (cf. XXIX, 13, XXXI, 20).

(2) Liv., XXIX, )3 : » De Hispaniae imperio, qtws in eam provinciam duos proconsules mitti placeret, latum ad populum est. »♦ Maia le peuple réélut les deux proconsuls qui commandaient en Espagne. Ils furent prorogés par le Sénat en 203 et 202 (XXX, 2, 27).

(3) Liv., XXX, 41 : « Quod ad Hispanias attinerety aîiquot annos jam ibi L, Comelium Lentulum et L. Manlium A cidinum esse, idi consules cum tribunis agerent, uty si iis videretur, plebem rogarent cuijubereni in Hispania imperium e^se,.. « En réalité, il ne s'agissait de remplacer que L. Cornélius Lentulus (XXXI, 20), qui eut comme successeur G. Cornélius Cethegus (proconsiU, XXXI, 49). Manlius ne fut rappelé qu'en 200. Voyez n« 4.

(4) Liv., XXXI, 50 : « Sciium plébi est factum rogantibus tribunis, quos duos in Bispaniam cum imperio ad exercitus ire cubèrent, ut C Cornélius aedilis curulis ad magistratum gerendum veniret, et L. Manlius Acidinus decederet de provincia post multos annos. Plèbes On. Comelio [Lentulo] et L. Stei^tinio pro consulibus imperium esse in Hispania jussit. ^ Ils y restèrent jusqu'en 197 (Liv., XXXIII, 27). — Le cognomen Lentulo, qui se trouve chez Tite-Live, XXXI, 50, est une glose erronée. Ce Cornélius s'appelait Blasio, cf. Liv., XXXIII, 27, Act., tr. cap. ad. a. U. 558 (C. L. I, p. 459 : le complément qu[a£stor], donné par Mommsen, est certainement fautif). Sur le personnage voyez T. I, p. 323, n<> 64.

(5) Liv., XXVIII, 38, XXIX, 13, XXXI, 50.

(6) Ceci a été parfaitement démontré par Mommsen, Staatsr., II, 628, n*2, tant au moyen des acta triumphorum qu'au moyen des monnaies ou inscriptions. — Sur la raison de cette innovation et les avantages qui en résultaient pour les gouverneurs, voyez Mommsen, 1. 1., Marquardt, Staatsverw., 1, 380-381.

verneurs d'Espagne, l'histoire de cette période ne mentionne qu'un seul exenaple d'un préteur sortant de charge qui ait reçu, aVec la prorogatio imperii, le titre officiel àe proconsule. C'est M. Claudius Marcellus, qui, après avoir géré le consulat en 222, fut préteur pour la seconde fois en 216 (i), et proconsuie en 215. Or, le pouvoir proconsulaire lui fut accordé, non par le Sénat, mais par le peuple : « M. Marcello proconaule imperium esse populns jussit, quod post Cannensem cladem unus Romanorum imper atorum in Italia prospère rem gessisset (2). »

Vir. Le Sénat avait-il le droit de conférer un département militaire ou provincial eu m imper io à un priva tus?

Le cas s'est présenté à diverses reprises que, des commandements militaires étant devenus vacants au milieu de Tannée, le Sénat invite les magistrats cum imperio chefs du pouvoir exécutif, partant, les consuls (3) et en leur absence le préteur urbain (4), à envoyer un citoyen pour se charger provisoirement

(1) Liv., XXII, 35.

(2) Liv., XX ni, 30. L'intervention du peuple dans la prorogatio impe}*ii de C. Aurunculeius (p. 550, n« 3) a eu peut-être la même cause. — Quant à l'emploi du titre, on ne peut se fier sur Tite-Live, qui n'est pas très précis sous ce rapport. Ainsi, Marcellus, appelé proconsul au livre XXIII, 30, 32, 48, est nommé pro praetore au ch. 38. De môme, les gouverneurs d'Espagne qu'il désigne généralement par le nom de proconsul (XXIX, 13, XXXI, 20, 49, 50, XXXIII, 27, XXXVII, 46, etc.), sont appelés aiUeurs pro pr. (XXXVIÏ, 57). — Il ne suffit donc pas que Tite-Live (XLI, 12) donne le titre de proconsul à Ti. Claudius, préteur de 178 (T. I, p. 348, n« 217), dont le pouvoir fut prorogé pour 177, pour que nous admettions que ce Claudius, qui ne commandait qu'une seule légion (Liv., XLI, 12, 14), a réellement eu le titre de ptY) conside. Voyez plus haut, p. 534, n* 11.

(3) En 201, en prévision de la guerre de Macédoine, le Sénat vote « ut P, Aelius consul, quem videretur ei, cum imperio mitteret, qui classe accepta... in Macedoniam traiceret. »» Liv., XXXI, 3.

(4) Liv., XXIII, 34 (215) ; Q. Mucius, préteur de Sardaigne, étant devenu malade, « decreverunt patres ut Q. Fulvius Flaccus (pr, urb.)... mitteret cum imperio quon ipsi videretur qui rem gereret quoad Mucius convaluisset " XXVIII, 46 (205) : Le proconsul d'Etrurie ayant reçu l'ordre de se rendre à Ariminum (en Gaule), « Cn. Servilio praetori (urb.) negotium datum ut si e rep. censeret esse, urbanas legiones, imperio cui videretur dato, ex urbe ducijuberet (en Etrurie). »» En 192, au milieu de l'année, craignant une

de ce commandement : « ut mitteret cum imperio quem ipsi videretur (i). » Mais un citoyen investi de Vimperium dans de telles conditions, ne peut être assimilé au titulaire effectif d'une province militaire. Il doit être considéré plutôt comme le délégué du magistrat qui le nomme ou comme un légat du magistrat ou promagistrat dans le département duquel il exerce ses fonctions (2). Il se trouve dans la même situation que le légat qui, par délégation du général faite en suite d'un sénatusconsulte, commande une armée, quand le général pour des circonstances spéciales a été chargé du commandement de deux armées, cantonnées en des régions différentes (3).

Il convient, ce semble, d'accorder une portée analogue au décret du Sénat voté en 211, lorsqu'Hannibal était aux portes

attaque de la flotte d'Antiochus, le Sénat décrète : *»ut M. Fulvius praetor (urb.) classem navium viginti mitteret ad ticendam Siciliae oram^ et ut cum imperio esset qui classem eam duceret — dicœit L. Oppius Salinator, quipriore anno aedilis plébei fuerat — » Liv,, XXXV, 23. — Parfois Tite- Li?e mentionne le seul fait de l'envoi, sans dire par qui. Par ex., XXVII, 24 (en 208) : « C Hostilio (propret. d'Eti-urie) scriplum est ne differret obsides ab Arretinis accipere, et cui traderet Romam deducendos, C. Terentius Varro cum imperio missus, " Ceci ayant eu lieu, « Legionem unam.., Arretium ducere jussus ipse C Terentius y eamque habere in praesidio urbis : C. Hostilium cum cetero eœercitu placet totam provindam peraffi^are, et cavere... » (ib.). Vers la fin de la môme année, « C. Terentius Varro in Etruriam pro praetore missus, lU ex ea provincia C. Hostilius... Tarentum iret »» ib., 35. — • Il ne faut cependant pas en conclure qu'en ces cas la désignation se faisait directement par le Sénat.

(1) Liv., XXIIÏ. 34, XXVIII, 46 (cités, p. 557, n« 4), XXXI. 3 (cité ib., n« 3).

(2) Ainsi Oppius Salinator, envoyé en 192 avec une flotte pour protéger les côtes de Sicile (Liv., XXXV, 23, cité p. 557, n« 4), doit être considéré comme le legatus, praefectus classis, du préteur de Sicile.

(3) Cf. Liv., XXIII, 32 (215) : - Valerium praetorem in Apuliam ireplacuit ad exercitum a Terentio accipendum : cum ex Sicilia legio^es venissenty iis potissimum uti ad regionis qjus praesidium : Terentianum Tarentum mitti cum aliquo legatorum, »» Peu apré^, le Sénat décide que le même Valerius ira en Macédoine ave3 l'armée de son légat et que celui-ci commandera Tarmée d'Apulie, ib., 38. Liv., XXVI, 28 (210) : Le consul d'Italie a une armée en Italie et une autre en Gaule. Le Sénat décrète : •» Galliae et legionibus praeesset quem consul cujus Italia provincia esset praefecisset. - En 189, le propréteur d'Etrurie est invité à se rendre dans l'Espagne ultérieure, « provincia exercituque tradito uni cui vider etur ex legatis. « Liv., XXXVII,

de Rome : « omnes gui dictatures consulea censoresve fuissent cum imperio esse, donec recessisset a mûris hostis » (i), et à cet autre sénatusconsulte de 173 qui envoya un praetor designatus cum imperio en Apulie pour délivrer cette contrée d'une invasion de sauterelles (2).

Tous ces privati cum imperio, nommés sans l'intervention du peuple, ne commandaient certainement pas suis auspiciis (3).

A notre avis donc, il n'était pas admis à cette époque que le Sénat eût le droit de décerner le commandement suprême à'niïQ provincia à un privât us.

Mais peut-être objectera-t-on, pour soutenir l'opinion contraire, un fait relatif au début de l'année 215.

T. Otacilius Crassus avait été propréteur en Sicile en 216 (4). Il rentra à Rome pour exercer la fonction de // vir aedi dedicandae (5), et, partant, déposa Yimperium proprétorien. Néanmoins il est envoyé immédiatement après en Sicile cum imperio qui classi praeesset (ô).

Tite-Live, dans la narration de ces faits, ne s'explique pas sur la procédure qui a été suivie. Il nous semble probable qu'Otacilius a été autorisé par un vote du peuple à entrer à Rome pour les fonctions qui lui avaient été confiées, sans perdre Ximperium dont il était investi, tout comme un vote populaire conservait aux promagistrats Ximperium pendant le jour de leur triomphe (7).

C'est ici le lieu de mentionner une décision du Sénat, peutêtre unique dans Thistoire romaine. En 212, le Sénat accorda

(1) Liv., XXVI, 10.

(2) Liv., XLII, 10.

(3) Nous adhérons sur ce point pleinement à Topinion de Lange, I, 781.

(4) Liv., XXII, 37.

(5) Liv., XXIII, 31. .

(6) Liv., XXIII, 32.

(7) On dira peut-être que M. Marcellus, nommé proconsul par le peuple pour 215 (voyez p. 557, n® 2), élu peu après constU suffectus^ dut abdiquer à cause d'un vitium dans les élections (Liv., XXIII, 31), partant qu'il était devenu privatus^ et que néanmoins dans la suite de Tannée il est proconsul en Campanie (Liv., XXIII, 32). C'est que Tabdication du consulat qu'il n'avait pas géré, n'enlevait pas à Marcellus le proconsulat qui lui avait été décerné.

bénévolement à un centurion primipilaire qui promettait un coup d'éclat contre Hannibal, si on agréait sa demande, un corps d'armée de 8000 soldats, moitié citoyens, moitié alliés, avec le droit d'augmenter son armée par des enrôlements. Le centurion ne tint pas sa promesse. Sa petite armée fut écrasée par les Carthaginois (i).

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