‹ Le Sénatus Consulte des BacchanalesChapitre 18 sur 83 · Cicéron. Ibid, LIL · texte numérisé non relu

Cicéron. Ibid, LIL

se

greus crétois ; le second, né en Egypte, fils de Mius et meurtrier de sa nourrice Vysa, c’est l'Osiris égyptien ; le troisième, fils de Cabirus et roi de l’Asie mineure sous le nom de Sabazius, c'est le dieu phrygien : le quatrième, Thebain, fils de Jupiter et de la Lune ; enfin le cinquième, né de Vysus et de Thy'one, le dieu des Triétérica du Cithéron.

Ces combinaisons, présentées sous une forme entachée d’evhémérisme, montrent quel besoin les anciens éprouvaient eux-mêmes d'établir des distinctions entre les dieux, d'origines très diverses, qui versèrent successivement leurs fables dans la masse confuse des légendes constituant le cycle dionysiaque.

Continuant sa marche de cités en cités, le culte dionysiaque parvint à Corinthe. Or, vers une époque qu'on peut situer entre le x° et le vrrr° siècle avant Jésus-Christ, se dessina en Grèce un vaste mouvement d'expansion coloniale en Orient et en Occident.

Tandis que les Doriens se répandaient dans les Cyclades du sud, la Crète, Rhodes, l’Asie mineure, que les Eoliens et les [oniens s’établissaient dans la mer Égée, à Milet, à Phocée, à Lesbos, les Corinthiens formaient une colonie à Corcyre. De là, ils gagnèrent l'Italie méridionale, et fondèrent en Sicile des villes, Chalcis, Mégare, Naxos où se retrouvaient transplantés à la fois les noms, les mœurs et les

dieux de la mère-patrie.Ce fut la grande Grèce C’est

= par cette voie que le culte de Bacchus devait passer successivement en Étrurie et à Rome.

L'Italie méridionale fut donc la première à subir le contact des mœurs grecques. Dionysos fut le premier — et de combien — des dieux helléniques qui mit le pied dans le monde occidental, sinon dans le monde romain qui ne s’étendait pas alors jusque-là. Sophocle (1), faisant allusion au développement exceptionnel que prit le culte de ce dieu dans les colonies helléniques de la grande Grèce, l’appelle «le dieu qui règne sur l'Italie >» Auray cç augéreis "rally.

Toute une série de légendes nouvelles se formèrent sur ce sol et en firent le théâtre d'épisodes de l'existence du dieu et de ses courses terrestres. Bacchus, disait-on, avait disputé à Demeter la possession de la Campanie où les deux divinités avaient prodigué leurs bienfaits (2). Il y avait reçu l'hospitalité de Falernus. Après de nombreux exploits guerriers accomplis dans le pays des Tyrrhéniens (3) (race des Étrusques) il avait poussé plus loin encore ses conquêtes en Italie dans l’ouest. IL y avait laissé les Silènes, vétérans de son armée, fatigués par l’âge, qui s’y étaient livrés à la culture de la vigne et

avaient rendu cette terre fertile en vins.

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