Réville. La religion à Rome sous les Sévères, p. 142 ets
titions orientales et s’en firent au besoin les apôtres (1).
Pour Bacchus précisément, les célèbres mystères d’Éleusis furent un foyer des plus actifs. Les Éleusinies se maintinrent jusqu'à la fin du paganisme et survécurent mème longtemps à sa décadence puis à sa chute morale et officielle. Les plus illustres Romains et les empereurs tinrent à honneur de s’y faire initier, Hadrien par exemple. On dépensa des sommes énormes pour enrichir Éleusis, sous la République, de monuments splendides et sous Antonin le Pieux, pour rebâtir le temple que les chrétiens étaient accusés d’avoir incendié. En vain les édits de Jovien et de Théodose abolirent le paganisme et en prohibèrent l'exercice. Ce fut seulement sous le coup des Goths d’Alaric qu’Éleusis, moins heureuse qu’Athènes et désignée par les moines à la fureur des barbares fut écrasée avec les Éleusinies.
On voit ce qui demeura dans la suite de l’histoire romaine, de l’ancienne politique jalouse du Sénat à l'égard des religions étrangères. Peut-être, chaque jour plus conscient de son impuissance à enrayer le mouvement, renonça-t-il à la lutte et s’achemina-t-il vers la tolérance absolue à l’égard de toutes les religions qui devait être proclamée par les empereurs.
Avant cette consécration officielle, au rrr° siècle de