CHAPITRE XI
Il est nécessaire, afin de donner une idée aussi complète que possible de l'organisation de notre colonie du Sénégal de dire quelques mots des divers services dont il n'a pas été question dans les pages qui précèdent.
Nous allons examiner successivement :
A) Le service de la santé ;
B) Le service des travaux publics ;
C) Le service des postes et télégraphes ;
D) Le service de l'imprimerie officielle ;
E) Le service de la police et des prisons ;
F) Les divers services (enregistrement, domaines, contributions directes, service de Tagriculture) ;
G) L instruction publique ; H) Les cultes.
A. — Service de la santé
S'il est, dans l'œuvre accomplie au Sénégal, un résultat qui doive nous causer un légitime orgueil, c'est assurément celui qui a été obtenu dans Tamélioralion de la santé publique. On ne saurait trop louer notre administration d'avoir apporté un zèle persévérant et une ténacité inlassable à poursuivre ce but, ni trop se féliciter que ses efforts aient été couronnés de succès.
Les bauts fonctionnaires à qui incombe la redoutable respon-
sabilité de la direction de nos possessions de l'Ouest africain ont pensé qu'ils avaient plus et mieux à faire qu'à se montrer habiles administrateurs, politiques avisés ou financiers avertis. Ils ont compris que leur mission ne consistait pas seulement à assurer le développement économique de ces colonies, à initier leurs habitants aux bienfaits de la civilisation, mais encore et surtout à les défendre, tant Européens qu'indigènes, contre les nombreux fléaux qui les décimaient.
« Nous n'aurions pas rempli, disait le Gouverneur général (1), tout notre devoir envers la population si nous avions négligé d'étudier les mesures d'assistance et d'tiygiène publiques qui sont de toute nécessité dans un pays exposé à la malaria, à la fièvre jaune, à la filariose, à la variole et à la peste. Ces questions vitales sont au premier rang de nos préoccupations )>.
Œuvre sanitaire. — De bonne heure, l'administration du Sénégal s'est préoccupée de prendre des mesures d'hygiène dans les centres dont Timportance devenait tous les jours plus considérable et où les Européens commençaient à s'installer. En 1867, un arrêté du gouverneur organise deux conseils d'hygiène publique et de salubrité à Saint-Louis et à Gorée, en 1881 la même création est faite à Rufîsque et en 1883 la ville de Dakar est dotée d'un conseil du même genre. Un décret du 29 août 1884 organise le service sanitaire du Sénégal et des hospices civils sont ouverts à Saint-Louis et à Gorée.
Mais c'est seulement un peu plus tard que la lutte pour l'hygiène est entreprise avec vigueur et succès. Les causes du mal sont connues : elles sont imputables aux méfaits des différents moustiques transmetteurs des germes du paludisme, du terrible stegamya, porteur du typhus amaryl ou fièvre jaune dont l'épidémie de 1900 avait eu des conséquences si désastreuses et un retentissement si considérable. Il importait donc de supprimer, dans la mesure du [)ossible, les germes des fléaux, germes qui résidaient surtout dans les marais, aux eaux croupissantes, qui environnaient les principales villes du Sénégal. Il était également
(1) Discours prononcé à la séance d'ouverture du Conseil de gouvernement le 14 novembre 11)03.
indispensable, étant donné l'importance toujours croissante de ces centres de les doter d'une canalisation complète d'égouts.
Une somme considérable (5.450.000 francs), prélevée sur les fonds de l'emprunt de 65 millions, émis en 1903 par le Gouvernement général de l'Afrique occidentale française, devait être consacrée à cette œuvre d'assainissement. En voici Taffectation :
Egouts de Saint-Louis 350.000 fr.
Dessèchements des marais de Saint-Louis. . 1.650.000 Egouts de Dakar y compris le comblement des
ravins 930.000
Dessèchement des marais de Dakar .... 900.000
Egouts de Rufisque 620.000
Dessèchement des marais de Rufisque ... 1.000.000
La variole exerçait également des ravages considérables. Elle avait à peu près disparu des centres urbains, Saint-Louis, Dakar, Gofée, Thiès, Rufisque, où les vaccinations et les revaccinations étaient faciles. Mais elle avait, en revanche, conservé toute sa forme épidémique chez les populations rurales du Cayor, du N'Diambour, du Oualo, du Baol, du Sine-Saloum, dans le pays Ouolof en Casamance et même dans les escales du fleuve. Elle pouvait et peut malheureusement encore, être considérée comme un des principaux facteurs de la dépopulation dans ces régions.
Il était nécessaire d'agir vigoureusement. Un centre vaccinegène qui fut installé à Saint-Louis, permit d'avoir sous la main de la vaccine possédant toutes les qualités désirables de fraîcheur et d'activité, qualités qui, atténuées lorsque les tubes vaccinaux arrivaient de France à Saint-Louis ou à Dakar, disparaissaient complètement lorsqu'ils étaient transportés dans l'intérieur. D'autre partie Conseil de gouvernement de l'Afrique occidentale française décida dans sa session de 1903 que quatre médecins se consacreraient uniquement à la vulgarisation de la vaccine et parcourraient le pays en tous sens pour inoculer les indigènes.
Très récemment encore, le Gouverneur générai obéissant à la même préoccupation de permettre à chacune de nos colonies de posséder de la lymphe vaccinale active, a décidé par un arrêté en date du 6 janvier 1906, l'installation dans ^intérieur de chacune de nos possessions, d'un centre vaccinogène qui produirait luimême la lymphe nécessaire et d'où rayonneraient les médecins qui seraient chargés de l'innoculer aux indigènes.
Il convenait également de donner à l'administration des pouvoirs assez étendus pour qu'elle puisse, le cas échéant, prendre les mesures qui lui sembleraient opportunes soit pour enrayer une épidémie, soit pour en supprimer les causes. Le décret du 14 avril 1904, relatif à la protection de la santé publique en Afrique occidentale française a atteint ce but. Il rend en premier lieu la vaccination antivariolique obligatoire au cours de la première année de la vie, ainsi que la revaccination au cours de la onzième et de la vingt et unième année. L'autorité administrative est autorisée, moyennant certaines conditions : avis du comité supérieur, approbation du Gouverneur général, à prendre toutes mesures de désinfection ou même de destruction des maisons dont la conservation constituerait un danger pour la salubrité publique qui lui paraîtraient nécessaires. De même le Gouverneur général peut en cas d'épidémie prendre par arrêté toutes les dispositions propres à enrayer le mal.
Ce même acte institue en outre au siège du Gouvernement général un comité supérieur cVhygiène et de salubrité publiques qui est appelé à donner son avis sur toutes les questions d'hygiène publique et de police sanitaire qui lui sont soumises par le Gouverneur général.
Il est présidé par le Gouverneur général ou, à son défaut, par le Secrétaire général du Gouvernement général et se réunit sur sa convocation et est ainsi composé :
Le (jénéral commandant supérieur des troupes ;
Le Secrétaire général du gouvernement général;
Les Lieutenants gouverneurs, et les habitants notables ayant siégé à la dernière session du Conseil du gouvernement quand ils sont présents au siège du Gouvernement général ;
Le Procureur général, chef du service judiciaire de l'Afrique occidentale française ;
Le directeur du service de santé de l'Afrique occidentale française, inspecteur des services sanitaires civils ;
L'inspecteur des travaux publics de l'Afrique occidentale française ;
Le commandant de la marine ;
Le pharmacien des troupes coloniales le plus élevé en grade ;
Cinq membres désignés pour deux ans par le Gouverneur général parmi les médecins, ingénieurs, légistes, commerçants, etc. ;
Le médecin adjoint à l'inspecteur des services sanitaires, secrétaire.
Comme suite à ce décret un arrêté du Gouverneur général, en date du 5 janvier 1905, institua un service municipal d' hygiène dans les quatre communes de plein exercice du Sénégal et « éventuellement dans les centres ou agglomérations érigées en communes ». Le service municipal d'hygiène comprenant un certain nombre d'agents assermentés placés sous les ordres directs du commissaire de police, est chargé, sous l'autorité du maire et la surveillance technique de l'autorité sanitaire, de l'exécution des dispositions qui résultent du décret précité et des règlements sanitaires édictés par le Lieutenant gouverneur. Un médecin nommé par arrêté de ce haut fonctionnaire et placé sous les ordres du chef du service de santé est chargé de la surveillance technique du service. Il a sous son contrôle, non seulement les immeubles privés, mais encore le service de la voirie, des eaux, des vidanges, de l'enlèvement des ordures, des égouts, etc.
<t Désormais, pouvait alors dire le Gouverneur Général dans le discours qu'il prononça en décembre 1905 à la séance d'ouverture du Conseil du gouvernement, désormais toutes les colonies de l'Afrique occidentale française ont à leur disposition les armes légales nécessaires pour combattre le paludisme^ pour prévenir et faire cesser les maladies épidémiques, pour imposer la pratique de la vaccine. En même
temps les organes chargés spécialement de Tapplication de ces règlements, c'est-à-dire les services municipaux d'hygiène et les brigades sanitaires, ont été constitués. Ils fonctionnent au Sénégal depuis le l'^^'janvier de cette année, et ont été créés successivement dans les autres colonies. Il est donc difficile de se rendre, dès à présent, un compte exact des résultats obtenus ; cependant, je puis vous faire connaître à titre d^indication, dont vous apprécierez certainement l'intérêt, quelques chiffres qui se rapportent à la ville de Dakar et qui me paraissent singulièrement significatifs. Les nombreux travaux qui s'exécutent dans cette ville y ont amené un afflux notable de population tant européenne qu'indigène, et ces travaux, qui bouleversent le sol de la ville et de ses abords, n'ont pas été interrompus même pendant la saison des pluies. Malgré ces circonstances défavorables, et quoique l'hivernage ait été au moins aussi accentué que l'année dernière, le nombre brut des malades entrant à l'hôpital a diminué de 210, dans la période du l^'" janvier au 31 octobre. Les entrées pour paludisme ofTrent une difîérence plus grande encore ; elles ont diminué de plus de moitié ; elles passent en eflet de 407^ en 1904, à 242 en 1905, et les médecins qui pratiquent en ville accusent, eux aussi, une diminution de moitié de cas de paludisme ; enfin la mortalité générale a diminué sensiblement, elle est passée de 12,5 0/0 à 10,10/0 ».
C'étaient là, en effet, des résultats bien remarquables et vraiment encourageants mais l'avenir permet d'en espérer de plus satisfaisants encore. Gomme complément de ces diverses mesures, un service d'assistance médicale d indigène a été créé par un arrêté du (S février 1905.
Il était reconnu, en effet, que les médecins urbains, les médecins des troupes coloniales, dont le dévouement a d'ailleurs toujours été au-dessusde tout éloge, étaient en nombre insuffisant et que leurs occupations ne leur permettaient pas de se déplacer comme il aurait été nécessaire. Aussi bien, lorsqu'ils faisaient une tournée dans une région, leur était-il difficile sinon impossible de transporter avec eux les médicaments indispensables. C'est à ces divers inconvénients que l'arrêté dont il est question a porté remède.
206 LORGANISAÏION DE LA COLONIE DU SENEGAL
Un certain nombre de docteurs en médecine recrutés parmi les médecins civils de France ou parmi les médecins des troupes coloniales hors cadres sont déjà installés dans nos diverses colonies de la côte occidentale d'Afrique et donnent leurs soins gratuits aux indigènes. Il y en a malheureusement peu encore, « mais, disait M. le médecin principal Gallay, dans son rapport, au fur et à mesure que les ressources budgétaires permettront de développer le nouveau service, c'est une centaine de postes médicaux civils que nous espérons voir se créer et compléter avec les postes militaires existant déjà^ un réseau médical couvrant notre Afrique occidental française de mailles suffisamment serrées pour qu'en chacune d't lies le médecin qui y résidera puisse arriver à connaître complètement la parcelle du pays qu'elle enserre, et à être en contact intime avec toute la population qu'elle abrite.
Mais, même quand ils seront au complet, la tâche des médecins de l'assistance indigène sera lourde, et vaste encore sera le domaine que chacun d'eux aura à parcourir s'il veut porter partout le secours de son art, et attirer à lui, de tous les points du territoire qui lui sera réservé, la sympathie et la confiance des populations.
Aussi ridée se répand-elle parmi les Chefs du Service de santé qui sont le plus désireux de voir se multiplier les contacts entre le médecin et les indigènes, de la nécessité d'un nouvel agent, en même temps interprète-délégué, ou aide à l'occasion, agent qui puisse, lui, plus facilement pénétrer partout dans l'intimité noire, qui soit plus aisément mobile que le médecin blanc, et qui, tout en restant sous sa dépendance, puisse le renseigner rapidement sur la nécessité de sa présence, et, en l'attendant, porter, où la chose serait nécessaire, quelques premiers secours rudimentaires.
Un agent qui puisse même, à l'occasion être installé à poste fixe dans certains centres trop éloignés du médecin, et avec un bagage scientifique modeste, y rendre des services aux populations, lutter contre l'influence maraboutique et jouer le rôle précieux d'informateur, pour le médecin sous la dépendance duquel il se trouverait placé.
Il s'agit là, vous le voyez, de la création de véritables médecins indigènes ».
Et c'est ainsi que l'on fut amené à organiser un corps d'aidesmédecins indigènes qui doivent être les plus utiles collaborateurs des médecins de l'Assistance médicale.
« C'est localement, disait encore le médecin principal Gallay en soumettant au Gouverneur général un projet d'arrêté portant création de ces aides-médecins, qu'il faudrait recruter, soit des infirmiers intelligents, ayant déjà été dans les hôpitaux en contact avec les malades ; soit à la sortie de l'école, des jeunes gens comprenant bien le français, et le lisant et l'écrivant, si possible, et en faire des aides ou des élèves des médecins de l'Assistance médicale indigène.
Leur faire une situation modeste d'abord, avec la perspective d'une carrière assurée au bout de deux années, par exemple, s'ils sont à même de passer un examen sommaire sur les éléments de la médecine pratique.
Chaque médecin dressera ses aides aux pratiques de l'antisepsie, pour les pansements, et lui enseignera, avec les soins essentiels à donner dans les maladies les plus fréquentes dans le pays, la réduction des fractures, la pratique de la vaccine.
Un examen passé au chef-lieu, devant un jury présidé par le Chef du Service de santé, suffirait pour leur donner la licence nécessaire pour être définitivement employés comme aidesmédecins indigènes dans leur colonie d'origine.
Bien entendu il serait désirable de créera ces auxiliaires une situation qui leur assure une vie honorable dans leur milieu indigène, de même qu'il serait indispensable de les laisser toujours dans le rayonnement du médecin résidant au centre du cercle dans lequel ils seraient employés.
La présence de semblables auxiliaires aiderait singulièrement à la diffusion de nos idées médicales parmi la population noire. Elle serait un premier pas de fait dans la lutte indispensable à engager contre les pratiques maraboutiques ou fétichistes. Elle multiplierait les moyens d'action du médecin de l'Assistance médicale indigène, en mettant à son service, dans sa province,
toute une série d'informateurs, et toute une série de stations préparées à Pavanée pour ses propres tournées ».
Par l'arrêté du 7 janvier 1906 le Gouverneur général donna sa complète approbation à cette idée et ce corps spécial fut ainsi officiellement organisé à dater de ce moment.
Des médecins d'assistance médicale indigène sont ainsi installés un peu partout, des collaborateurs, les aides-médecins indigènes, leur sont donnés « ce n'est pas assez (1), il faut leur donner l'outillage nécessaire, il faut organiser dans les campagnes des centres, si modestes qu'ils soient, d'assistance médicale. Nos médecins doivent pouvoir disposer d'abris dans lesquels seront hospitalisés au moins les malades les plus graves ; nous ne devons plus revoir ce pénible spectacle d'indigènes accourus de tous les points du cercle à la consultation du médecin et qui, après avoir reçu les soins indispensables sont réduits, même les plus malades d'entre eux, à coucher à la belle étoile, et que^ par pitié, le médecin recueille sous sa vérandah. Nous devons prendre pleine conscience de nos devoirs envers ces populations dont nous avons assumé la direction et qui, en retour de l'impôt qu'elles nous paient, en doivent recevoir la contre partie non seulement on sécurité, en travaux d'utilité publique, mais aussi sous forme d'assistance médicale que toute nation civilisée doit à ses ressortissants et qui est le bienfait le plus immédiatement tangible qu'elles puissent recevoir ».
C'est en vue de pourvoir à ces besoins élémentaires que des recherches ont été faites dans le but de trouver un type de ces dispensaires qui seraient installés dans les postes pourvus de médecins de l'assistance médicale indigène. Le projet présenté par M. Gallay Inspecteur des services sanitaires civils, a été adopté. Chaque ambulance doit comprendre 2^ lits, placés dans deux pavillons, 12 lits du côté des hommes, 12 lits du côté des femmes ; un dispensaire qui abritera une salle de pansement^ une salle d'opération, une pharmacie et une tisanerie et des annexes oii logeront les médecins, les infirmiers, etc. Une somme de 1 mil-
(1) Discours prononce par M. Roumo à la séance d'ouverture de la session extraordinaire du Conseil du Gouvernement en mai 1900.
ORGAiNISATlON DES DIVERS SERVICES
Fig. 29. — Kaolack (l'Ecole).
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Fis- 30. — Dakar (la Mos(Hlt■t■^,
lion doit être afTectée, sur les fonds de Temprunt projeté, à la construction et à Tinstallation de plusieurs ambulances.
Le prix de revient de chacune de ces formations sanitaires étant évalué à 50,000 francs environ, il sera possible d'installer dans un bref délai un nombre considérable de ces groupes dans chacune des colonies de l'Afrique occidentale française.
Etablissements hospitaliers. — De très bonne heure, la colonie du Sénégal a été doté d'hôpitaux : le mouvement commercial qui de tout temps a été considérable, Tafflaence de troupes, le nombre important de fonctionnaires qui depuis longtemps déjà habitent les villes principales avaient rendu indispensable l'installation d'établissements hospitaliers.
Des hôpitaux sont installés à Saint-Louis, à Dakar et à Gorée.
L'hôpital civil de Saint-Louis est placé sous la haute direction du chef du service de santé du Sénégal, son personnel comprend 1 pharmacien, 1 économe, 1 surveillant chef, 1 sage-femme, 3 dames infirmières, 10 infirmiers et divers gens de service.
L'hôpital de Gorée qui est l'un des plus anciens de la colonie, est placé sous la direction d'un médecin qui est assisté de 2 dames infirmières et de 1 infirmier.
La ville de Dakar possède un hôpital colonial qui a suivi la fortune de la ville. D'abord destiné à n'être qu'une simple ambulance, annexe de l'hôpital de Gorée, il s'est peu à peu développé pour faire face aux besoins que créaient chaque année l'importance croissante de la ville. Le transfert des services du Gouvernement général à Dakar ainsi que celui de la Cour d'appel de l'Afrique occidentale française, l'augmentation de la garnison, la création du port militaire, l'afflux de la population, rendent indispensable son agrandissement. La somme de 50.000 francs qui est nécessaire pour cela sera prélevée sur l'emprunt de 100 millions dont le projet est actuellement soumis à l'approbation du Parlement.
Une somme de 300.000 francs qui sera également prélevée sur les fonds de cet emprunt doit être consacrée à la construction d'un hôpital indigène à Dakar où il n'en existe pas. Cet établissement d'après les intentions du Gouverneur général doit comprendre :
212 I/OIIGANISATION DE I.A COLONIE Dr SENEGAL
« 1" Un service de femmes et une maternité;
^'^ Un service où puissent être liospitalisés les chroniques iadigènes qu'il peut être indispensable d'abriter temporairement ;
3" Des salles pour les indigènes susceptibles de rembourser le prix de leur journée ;
4° Des salles pour le personnel indigène des Services : gardes des cercles, agents des ports, de la police, des douanes, etc. ;
5° Des salles spéciales dans lesquelles les militaires indigènes, sous-officiers et soldats, puissent être traités par les médecins militaires', suivant le mode des hôpitaux mixtes;
6° A la distance nécessaire, un pavillon de contagieux.
Pour rendre le prix de la journée remboursable, accessible au plus grand nombre, il est bien entendu que l'organisation intérieure de cet établissement devra être combinée de façon à satisfaire aux habitudes et aux besoins spéciaux des indigènes.
Il sera important de prévoir, dans les annexes de cet établissement, les locaux nécessaires pour le fonctionnement d'un dispensaire largement ouvert où puisse se donner commodément de nombreuses consultations : se faire convenablement des pansements et se pratiquer de larges distributions de médicaments.
Toute idée monumentale et coûteuse doit être écartée pour arriver à la réalisation de l'hôpital indigène que nous désirons voir s'élever à Dakar.
Mais rien ne doit être négligé, en revanche, pour assurer à cet établissement la bonne aération, les facilités de propreté et d'approvisionnement en eau. En un mot, toutes les commodités pour le service des malades et les meilleures conditions de confort indigène.
Procédant à une création de toutes pièces, il est désirable d'organiser au seuil de notre Afrique occidentale française, un hôpital indigène qui puisse avoir l'ambition de servir de modèle aussi bien aux étrangers, qu'aux Français, négociants, officiers et fonctionnaires, qui passent à Dakar avant d'aller dépenser leur activité dans les Colonies du Sud ».
Un lazaret est également installé dans chacun des ports de Dakar et de Saint-Louis sous la surveillance permanente d'an gardien chef qui veille à l'observation des prescriptions du
décret du 31 mai 1897, sur le service sanitaire aux colonies. La police intérieure est exercée par un médecin qui ne doit y résider que lorsque les circonstances l'exigent et sur un ordre du directeur du Service de santé. Ce médecin est chargé de soigner et de visiter gratuitement les quarantenaires, de constater leur état de santé à l'expiration de la quarantaine et de veiller à l'exécution de toutes les mesures prescrites.
Chacune des quatre villes du Sénégal possède, en outre^ ainsi qu'il a été dit plus haut un Service municipal d'hygiène qui fonctionne selon les prescriptions du Lieutenant-gouverneur sous la direction de médecins urbains.
Le service de santé est également bien organisé dans l'intérieur de la Colonie : 4 médecins de l'assistance médicale indigène sont établis dans différents postes, en outre Louga Tivaouane, Ziguincher et Kaolack possèdent chacune un docteur.
A titre documentaire il nous paraît intéressant de citer les sommes qui depuis 1898 ont été consacrées chaque année au Sénégal au service sanitaire et à l'assistance. On pourra constater par leur constante progression l'importance croissante que l'on a donné au développement de cette œuvre.
fr. c.
B. — Service des Travaux publics.
Le service des Travaux publics est chargé pour le compte de la Colonie de la préparation des projets, plans, devis et cahiers des charges des Travaux publics, autres que ceux qui rentrent
dans les attributions des services militaires, ainsi que de la conduite et de la surveillance de ces ouvrages. Il est préposé à l'entretien et à la conservation des routes, des chemins, des rives, des ouvrages d'art, des quais, des jetées, des bâtiments civils, etc. Il prépare les arrêtés d'aliguement le long des routes et chemins. Il est également chargé de la conservation des terrains, faisant partie du domaine de la Colonie ; du contrôle des travaux exécutés par les concessionnaires pour le compte de la Colonie, ainsi que de celui des travaux exécutés par les municipalités avec le concours des fonds du budget local.
Le Service des travaux publics est dirigé par un ingénieur en chef, placé sous l'autorité du Lieutenant-gouverneur et qui a sous ses ordres tout le personnel du service.
Ce personnel, régi par le décret du 18 janvier 1905, comprend :
a) Territoires d'Administration directe.
1 ingénieur en chef, chef du service ; 1 ingénieur de 2^ classe ;
1 sous-ingénieur;
2 conducteurs principaux ; 2 conducteurs;
2 commis principaux ; 6 commis ;
2 comptables ; 4 dessinateurs ; 6 surveillants ;
3 magasiniers;
1 officier d'administration du génie est chef du service topographique et assisté de :
4 géomètres; 1 dessinateur;
I écrivain ;
II faut ajouter, en outre, le personnel chargé d'assurer le service de l'alimentation en eau des villes de la Colonie et qui se répartit ainsi :
Ville de Saint-Louis :
1 chef mécanicien ;
1 mécanicien ;
2 fontainiers;
1 chef plombier.
Ville de Dakar :
1 mécanicien breveté de 1" classe ;
2 chauffeurs ;
1 chauffeur stagiaire ;
1 fontainier ;
2 fontainiers stagiaires ; 1 ajusteur-mécanicien.
Ville de Rufisque :
1 mécanicien ; 1 chaulFeur mécanicien ;
1 fontainier auxiliaire ;
2 chauffeurs stagiaires.
11 convient également de citer dans cette énumération le personnel du service de la navigation employé dans les rades de Saint-Louis, Gorée, Rufisque et dans le port de Dakar. Ce service est placé sous la direction de capitaines et lieutenants de port dont les attributions sont déteruiinées par des règlements spéciaux et qui ont sous leurs ordres tout un personnel indigène comprenant des maîtres, quartiers-maîtres et laptots.
Port de Saint-Louis :
1 lieutenant de port ;
2 quartiers-maitres ;
12 laptots.
Port de Dakar :
1 capitaine de port ; 1 second maître ; 1 quartier-maitre ; 12 laptots.
Port de Gorée :
1 second maître ; 6 laptots.
Port de Rufisque :
1 capitaine de port ; 1 quartier-maitre ; 5 laptots.
Le service de la barre du fleuve Sénégal est confié à : 1 capitaine de port ; 1 lieutenant de port.
L'entretien des différents feux^ phares et sémaphores de la côte est ainsi assuré :
Ville de Saint-Louis :
1 guetteur-allumeur au sémaphore.
Villes de Dakar et de Rufisque :
1 gardien-chef;
8 gardiens ;
1 allumeur du feu à Rufisque.
b) Pays de Protectorat.
Le personnel employé au service des travaux publies des Pays de Protectorat est, on le conçoit, infiniment plus restreint et comporte :
1 capitaine, chef d'arrondissement ;
1 conducteur ;
1 conducteur auxiliaire ;
1 surveillant ;
Des équipes de travaux ;
2 pilotes à carabane.
C — Service des Postes et des Télégraphes.
Personnel du service des Postes et Télégraphes,
Ce service, dont la charge financière est supportée uniquement par le budget des Territoires d'administration directe, est assuré par des fonctionnaires et agents empruntés à l'Administration métropolitaine des Postes et Télégraphes et soumis au point de vue de leur solde et de leur situation administrative au décret du 4 mars 1905, et par des agents du cadre local. Un arrêté du Gouverneur général en date du 10 janvier 1906 a réglé d'une façon uniforme le recrutement et l'organisation du personnel des Postes et Télégraphes dans l'étendue de nos possessions de rOuest africain.
Le service des Postes et Télégraphes est dirigé par un chef de service qui relève de l'autorité immédiate du Lieutenantgouverneur. 11 correspond avec les diverses autorités de la Colonie et prend toutes les mesures d'exécution nécessaires. Il a sous ses ordres directs tout le personnel de la Colonie et le répartit suivant les besoins dans les divers bureaux sous l'approbation du Lieutenant-gouverneur.
Le personnel prévu pour 1906 se décompose ainsi :
Cadre métropolitain :
1 inspecteur chef de service ;
2 commis principaux ; 5 commis ;
2 surveillants.
Cadre local :
3 receveurs locaux ;
13 dames employées ; 3 commis principaux ; 41 commis ;
14 surnuméraires ;
7 commis auxiliaires :
1 mécanicien ; 4 chefs surveillants ; 30 surveillants ; 1 brigadier facteur ;
1 facteur chef ; 14 facteurs ;
4 convoyeurs ;
2 convoyeurs auxiliaires ; 33 surveillants auxiliaires ; 23 facteurs auxiliaires ;
soit au total 220 unités (1).
D. — Imprimerie officielle.
La Colonie du Sénégal (Territoires d'Administration directe et Pays du Protectorat), possède une imprimerie officielle installée àSaint-Louis. Elle est chargée des travauxd'impression, de reliure et de brochage des divers services publics de la Colonie ; et effectue l'impression des différentes publications officielles. Elle exécute en outre pour le compte des particuliers des commandes qui sont une source de recettes appréciables au profit du budget local.
Personnel de V hnpriinerie . — Le personnel de Timprimerie de Saint-Louis comprend :
1 chef de l""® classe, chef comptable ;
1 chef de 2^ classe ;
7 compositeurs ;
4 imprimeurs ; 3 relieurs ;
5 apprentis ;
3 manœuvres tourneurs ;
Publications. — Les principales publications sortant des presses de l'imprimerie officielle sont :
(1) Voir au paragraphe : Contributions indirectes et divers produits, les différentes taxes postales et télégraphiques et au chapitre: Outillage économique de la Coloiiie, l'organisation des communications postales et télégraphiques.
Le Journal officiel du Sénégal pdLVàissdint le jeudi de chaque semaine à Saint-Louis ;
Le Bu lie lin officiel du Sénégal paraissant tous les mois et qui est le recueil des actes administratifs intéressant la Colonie ;
Les Délibérations du Conseil général ;
L annuaire du Sénégal\
Le calendrier des marées ;
Les budgets du Sénégal : celui des territoires d'Administration directe et celui des Pays de Protectorat ;
Les comptes définitifs ;
Les rapports et procès-verbaux des Commissions administratives, etc.
Cette imprimerie, qui assurait auparavant le service des publications du Gouvernement général de l'Afrique occidentale française, a perdu un peu de son importance depuis l'installation à Dakar d'une imprimerie qui est chargée de ce soin.
E. — Police et prisons
Police. — Le service de la Police dans la Colonie a été organisé par les arrêtés locaux du 15 mai 1878 et du 25 mai 1897. Ce texte a déterminé les attributions de la Police au point de vue administratif, municipal et judiciaire. Il a également organisé le personnel (qui comprend des commissaires, des commissaires adjoints, des sergents de ville, des brigadiers et des agents) au point de vue du recrutement, de Tavancement et de la discipline, fixé le traitement et enfin indiqué l'uniforme et l'armement des agents.
Le maintien de l'ordre est en outre assuré à Saint-Louis et à Dakar par des forces de gendarmerie.
Le personnel de la police des Territoires cF Administration directe comprend :
Ville de Saint-Louis.
1 commissaire de police ;
1 commissaire de police-adjoint ;
220 LORGANISATION DE LA COLOxNIE DU SENEGAL
1 sergent de ville ;
1 secrétaire ;
3 brigadiers ;
20 agents ;
1 interprète ;
1 maréchal des logis de gendarmerie ;
1 brigadier ;
6 gendarmes.
Ville de Dakar :
1 commissaire de police ;
2 sergents de ville ; 1 secrétaire ;
8 agents ;
9 agents stagiaires ; 1 interprète ;
1 maréchal des logis de gendarmerie ; 6 gendarmes.
Ville de Gorée :
1 commissaire de police ;
Ville de Ritfisqiie :
6 agents
1 commissaire de police ; 1 sergent de ville ;
1 brigadier; 7 agents.
En outre 30 agents sont répartis dans les diverses localités et escales des Pays de Protectorat,
De plus dans cette partie du Sénégal la sécurité publique est assurée par une garde régionale qui comprend :
2 gardes principaux ; 6 brigadiers chefs ; 15 brigadiers ;
130 gardes.
Prisons. — 11 existe dans chacune des villes de Saint-Louis
et de Dakar, une prison civile dont l'Administration intérieure est confiée à un Régisseur ayant sous ses ordres un personnel composé d'un gardien chef européen et de surveillants indigènes.
Un arrêté local en date du 21 juillet 1888, a institué des Comités de surveillance des prisons de la Colonie. Ces Comités inspectent les prisons et surveillent tout ce qui concerne la salubrité, l'alimentation, la discipline, la tenue des registres réglementaires, la conduite des agents de la prison et s'occupent de la réforme morale des détenus en application des prescriptions de la loi du a août 1885.
La ration journalière des détenus a été améliorée sur un vœu émis par la Commission de surveillance. Outre une légère augmentation dans la quotité des rations délivrées, il a été compris dans l'ordinaire des prisonniers, divers condiments destinés à préserver ces derniers de certaines maladies qui ont sévi pendant de longues années dans ces établissements pénitentiaires et qui tendent à disparaître aujourd'hui grâce aux mesures préventives prise par l'Administration locale.
Dans le même ordre d'idées TAdministration désireuse de combattre l'épidémie de béri-béri, périodiquement constatée dans les prisons de la Colonie par suite de l'inaction des détenus a décidé de leur confier certains travaux à l'extérieur. C'est ainsi que les prisonniers dont la conduite est satisfaisante sont mis chaque jour sur leur demande à la disposition du Commissaire de police pour la propreté de la ville moyennant une indemnité journalière deOfr. 2o, conformément à l'arrêté du 15 avril 1864.
Une partie de cette somme sert au paiement des frais de justice dus par les intéressés et le reste^ leur revenant, est mis en réserve, jusqu'à leur libération.
Le travail des prisonniers à Tcxtérieur est réglementé par l'arrêté du 14 mars 1892.
F. — Services dîvefs.
Parmi les autres services de la Colonie, il convient de citer : a) Le service de r enregistrement, des domaines, etc.^ qui est
réparti en deux bureaux Fun à Saint-Louis, l'autre à Dakar, dirigés par des receveurs, assistés de commis et relevant de l'administration locale. Ces fonctionnaires réunissent dans leurs attributions les différents services de l'enregistrement, du timbre, des domaines, des hypothèques et de la curatelle aux successions et bien vacants (1).
b) Le service des contributions directes^ qui est assuré par trois contrôleurs résidant respectivement à Saint-Louis, Dakar et Rufisque (2).
c) Le service de F agriculture^ dont les dépenses sont uniquement supportées par le budget des Pays de Protectorat est placé sous la direction d'un chef du Service de l'agriculture. Il comprend en personnel un vétérinaire militaire hors-cadres chargé du service de zootechnie et d'épizootie, un inspecteur des plantations et divers agents de culture.
Le service de l'agriculture reçoit d'utiles indications du Comité agricole du Sénégal dont la constitution remonte au mois de janvier 1875.
Ce Comité, dont il est intéressant de rappeler brièvement l'histoire, reçut à sa création le nom de Société d'agriculture du Sénégal.
Il était dû a l'initiative des habitants et des commerçants de Saint-Louis, elle nombre de ses membres était illimité. Il avait pour but de faire naître, de propager et d'encourager le goût de l'agriculture au Sénégal ; à cet effet les statuts de la société instituaient des concours agricoles annuels ou bi annuels à la suite desquels des récompenses devaient être distribuées.
Cette société, après avoir fonctionné quelque temps, fut réduite à l'inaction, faute de ressources et par suite du départ de la Colonie et du décès d'un grand nombre de sociétaires, chargés de l'administration.
En 1896, rinitiative en fut reprise par l'administration locale. Un arrêté en date du L^ octobre institua à Saint-Louis un Comité agricole dont la présidence appartenait au directeur de l'inté-
(1) Voir au paragraphe : Services financiers,
(2) Id.
rieur aujourd'hui secrétaire général. La composition de ce Comité a été remaniée par un arrêté du 14 septembre 1899, par suite de la création au Sénégal, par l'arrêté du 21 juin 1898, d'une inspection d^agriculture chargée de centraliser tous les renseignements agricoles utiles et d'imprimer à l'agriculture une impulsion nouvelle par la vulgarisation des ressources qu'offre le pays.
Les attributions du Comité agricole consistent dans Tétude de tous les moyens propres à développer les cultures déjà existantes et à en implanter de nouvelles dans la Colonie.
Depuis la reconstitution de cette chambre d'agriculture et la création d'un service agricole, des progrès nombreux ont été réalisés dans la Colonie où de plus en plus s'implante les systèmes de culture perfectionnés.
Une station agricole fonctionne régulièrement à Sor, des fermes d'expériences sont établies en divers points du territoire, et une somme relativement importante est prévue au budget de 1906 pour encourager les essais de cotonniers entrepris dans la Colonie et permettre l'installation de cocoteries (I).
En vue de Famélioration de la race chevaline, il a été créé en 1898 un haras à N'Diourbel dans le Baol (cercle de Thiès).
€r. — Instruction publique.
Le service de l'Instruction publique a été réorganisé au Sénégal, comme dans les autres Colonies de l'Afrique occidentale française par l'arrêté du 24 novembre 1903. On trouvera au paragraphe : Progrès des indigènes, les détails de son fonctionnement. Nous nous bornons à indiquer ici qu'il fonctionne dans la Colonie sous la direction d'un Inspecteur primaire chef du service de renseignement et qu'il est assuré par 8 professeurs, 54 instituteurs et 20 institutrices répartis dans le Territoire selon les besoins du service. Ce personnel est recruté soit parmi les instituteurs de la Métropole, soit parmi les indigènes sortant de l'Ecole Normale de Saint-Louis.
(1) Voir le chapitre spécial à l'agriculture.
II paraît intéressant d'exposer la progression des dépenses qui depuis 1899 ont été consacrées à l'enseignement dans notre Colonie du Sénégal.
H. - Cultes.
Le Concordat n'ayant jamais été promulgué au Sénégal, c'est en vertu de dispositions spéciales qu'ont été réglés dans la Colonie les raj)ports du Clergé et des pouvoirs puiDlics.
Cuite catholique. — L'organisation du culte catholique du Sénégal est soumise à la loi du 18 germinal an 10 et aux arrêtés du 13 messidor an 10 et du 12 frimaire an 11. Un décret du 13 germinal an 12 a confié le recrutement du clergé et le monopole du service religieux dans toutes nos possessions à la Congrégation des Pères du Saint-Esprit ; des ordonnances du 3 février et du 5 avril 1816, du 23 juillet et du 3 septembre 1817 ont confirmé ce privilège et accordé une subvention aux prêtres, sous la réserve qu'ils seraient nommés par le Ministre.
La direction du culte dans la Colonie et ses dépendances est exercée par un Préfet apostolique qui réunit, sous son autorité, les deux juridictions de la Préfecture apostolique du Sénégal et du Vicariat apostolique de la Sénégambie. D'abord simple prêtre, il a été autorise par décret du 29 juillet 1876 à accepter un titre d'évêque m partibiis in fidcliiim.
Il existe au Sénégal quatre paroisses : Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque. Le service religieux y est assuré par onze desservants.
En dehors de l'organisation officielle, la mission catholique de
Fig. 31. — Pavsai^e du SénéA'al.
Fig. 32. — Dakar (les quais).
lo
la Sénégambie qui est une filiale de la Congrégation du Saint- Esprit, mais dont les ressources sont absolument distinctes et proviennent de la « propagation de la Foi » entretient un certain nombre de missionnaires à la tête d'Etablissements professionnels et agricoles tels que ceux de Thiès, N'Gazobil et Sedhiou, d'établissements charitables comme l'orphelinat de N'Gazobil, le dispensaire de Joal, et assure le fonctionnement de chapelles et d'écoles créées par ses propres ressources à Fadhiout, Ziguinchor et Carabane.
Culte protestant. — C'est en 1863 que le culte protestant a été établi au Sénégal, et depuis cette époque, des missionnaires y ont toujours représenté « la Société des Missions Evangéliques chez les peuples non chrétiens » dont le siège est à Paris. Cette mission a entretenu d'abord des Pasteurs à Sedhiou, Gorée et Herlalla, près Dagana ; mais depuis 1890, elle n'a plus d'organisation réelle qu'à Saint-Louis où elle entretient un pasteur missionnaire, un instituteur, un évangéliste indigène, un interprète remplissant les fonctions d'instituteur-adjoint. Elle a, en outre, fondé une école française à Saint-Louis dans le faubourg de Sor; l'enseignement du français et un peu d'instruction religieuse en constituent le programme.
Culte musulman. — La presque totalité de la population indigène pratique avec ferveur la religion musulmane.
Il existe une mosquée à Saint-Louis et à Dakar. A Rufisque, à Gorée et dans quelques escales du fleuve ou de la voie ferrée, c'est dans des oratoires (Diakka en ouoloff et Mossalla en arabe) que se fait la prière ; les faubourgs de Saint-Louis et de Dakar, possèdent également des mossalla.
Le culte musulman ne comporte pas de clergé. Un officiant (iman en arabe et élimane en ouoloff) choisi parmi les marabouts les plus réputés pour leur science et leur zèle religieux, est placé à la tête de chaque mosquée ou oratoire et dirige la prière ; lorsque l'heure approche, le fidèle de bonne volonté se place à la porte de la mosquée ou de l'oratoire, et proclame l'Ezzan (appel à la prière) à haute voix, pour inviter ses frères au Salam*