CONCLUSION
La colonie du Sénégal, à laquelle nous sommes attachés, non seulement par le souvenir d'une conquête ancienne et glorieuse, mais encore par le lien d'intérêt qui unit toujours à la Métropole une colonie prospère, nous apparaît ainsi parmi nos diverses possessions comme une de celles dont nous pouvons être le plus justement fiers.
Sans doute, dans l'organisation actuelle diverses réformes sont à apporter : l'unité administrative et financière, en premier lieu, lorsqu'elle sera un fait accompli, permettra la réalisation d'économies considérables par la fusion de nombreux services et facilitera singulièrement la tâche de l'organe de direction.
Malgré les efforts entrepris et que l'on a pu apprécier, il reste encore beaucoup à faire au point de vue de l'amélioration de la santé publique et en ce qui concerne la diffusion de l'enseignement parmi des populations dont beaucoup sont intelligentes et travailleuses.
Les indigènes ont compris toutes les ressources qu'ils pouvaient retirer de l'agriculture, mais d'immenses terres sont encore à cultiver et à féconder. Le mouvement commercial qui s'est accru d'une façon saisissante dans ces dernières années, ne peut manquer de se développer encore grâce à l'exécution d'un judicieux programme de travaux publics qui facilitera l'accès des ports et la navigation du fleuve. En outre, la construction du chemin de fer de Thiès à Kayes, devant faire de la colonie la voie naturelle de transit entre l'Océan et le centre africain, lui donnera une situation tout à fait privilégiée.
Un large champ est, en définitive, ouvert à toutes les activités, à tous les efforts, et si le passé du Sénégal peut être considéré avec une légitime fierté, l'avenir, de son côté, peut être envisagé avec infiniment d'espoir.