CHAPITRE IV
Des ressources de V Amérique. Reflexions
diverses.
( Ce chapitre ne présente plus d'intérêt. Nous transcrivons seulement quelques-unes des réflexions qui le terminent ) :
Quant à la religion , je crois qu'il est du devoir indispensable de tous les gouvernemcns de protéger la liberté des opinions, et je crois qu'ils ne doivent pas se mêler d'autre chose. Qu'un homme mette de côté cettç petitesse d'esprit, cet ctrécissement de principes dont les gens à préjugés ont tant de peine à se départir , et il sera bientôt délivré de vaines terreurs. Le SQupçon accompagne les âmes faibles ^ et est le poison de. la société. Pour moi> je crois que c'est par un. effet de la sagesse du Tout-Puissant , qu'il existe une si grande variété d'opinions religieuses parmi nous : c'est ce qui ouvre un champ plus vaste à la charité chrétienne. Si nous avions tous la même façon de penser^ notre
religion n^aurait plus d'objet d'émulation. Je regarde les nombreuses religions qui existent parmi nous comme des enfans d'une même famille^ qui ne diffèrent que par leur uom de baptême.
J'ai jeté plus haut quelques idées sur les bases d'une Charte continentale ; car je ne prétends offrir que ces idées et non des plans. Je reviens donc ici sur ce sujet, pour observer qu'une Charte doit être une obligation solennelle^ qui engage toutes les parties réunies à défendre lès droits de chacune en particulier, tant dans ses. opinions religieuses^ que dans sa liberté et sa propriété. Les bons marchés et les comptes justes font les bons amis.
J'ar parlé aussi d'avoir une nombreuse représentation, et je crois qu'en matière de politique, rien ne mérite plus notre attention. Un petit nombre delecteut^s, un petit nombre de représentans sont également dangereux ; mais ^ si le nombre des représentans est non-seulement borné, mais disproportionné, le danger augmente.
Je m'arrête. Comme depuis- les premières éditions de ce pamphlet, personne n'a encore entrepris d'en réfuter les principes^ c'est une preuve négative qu'ils sont irréfragables^ ou que le parti qui les soutient est trop nombreux pour
( 74 ) qu ou ose lattaquer. Ecartons donc désormaM les soupçons et la méfiance. Que chacun prenne amicalement son voisin par la main^ et qu'on se fasse un devoir d oublier les causes funestes de nos dissensions. Que les noms de Wliîg et de Tory soient effacés. Ne connaissons plus d^autre distinction que celle de bon citoyen y d^ami courageux^ de défenseur vertueux des Droits du l'Homme^ et des £tats libres et indépissidabis DB l'Amérique.
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