I. I-.i terre après le déluge
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Après la végétation, ce que Victor Hugo compare le plus souvent à la chevelure, c'est l'eau : celle d'une fontaine, celle d'un torrent ou d'un fleuve, les flots de la mer, l'écume. 11 est facile de comprendre ces comparaisons : l'eau a la souplesse et les ondulations des cheveux ; elle suit les contours d'une montagne comme la chevelure se répand sur les épaules. Un filet d'eau est un cheveu ; un large courant forme une clievelure. une crinière, une barbe, ou même, parfois, la queue d'un cheval. Je ne séparerai pas ces diverses métaphores qui s'éclaircissent réciproquement :
Le fdet d'eau arrondi qui tombait du robinet dans la vasque, fin comme un cheveu d'argent.
Le Rhin, II, 241.
Une belle cascade qui rugit en avril, et que l'été réduit à quelques cheveux d'argent. Alpes et Pyrénées, -^2.
L'eau des torrents, éparse et de lueurs frappée. Ressemble aux longs cheveux d'une tète coupée.
La Légende des siècles, II, 348.
Et leurs torrents pendaient comme des chevelures.
La Fin de Satan, 61.
L'Arve... surmonte le rocher qui reste quelque temps inondé de tous ces flots dorés comme d'une chevelure bhinde. puis tout retombe, et... le front du roc reparaît chauve et nu.
Fragment d'un Voyage aux Alpes, dans Victor Hnoo raconté, II, 202.
l86 LE SENS DE LA FORME CHEZ VICTOR HUGO
11' tresse le hleu Rhône aux cheveux d'or de FArve. La Légende des siècles, 111, 262.
(Le Rhin). Longue chevelure verte des Alpes qui traîne jusque dans l'Océan. Le Rhin, II, 25.
Le Danube qui par cinq fleuves Tombe échevelé dans la mer.
I^cs Orientales, 91.
Le grand Niagara s'écroule, le Rhin tombe... Le fleuve échevelé subit son dur supplice.
La Légende des siècles, 111, 49.
11 (le Rhin) essuyait aux bateaux du pont sa crinière fauve, sa barbe limoneuse, comme dit Boileau.
Le Rhin, 1, 11)9.
Fleuves laissant traîner leurs longues barbes vertes.
Dieu , 1 ■; I .
O nature, qui donc à ces escarpements
A lié ces torrents, ces chevaux dont les queues
Pendent en crins d'argent dans les cascades bleues ?
Ib., (.7.
Les flots sont la crinière ou la queue d'une cavale, la crinière d'un lion, la chevelure de Neptune. Toutes ces métaphores s'accordent bien avec celles qui nous font voir dans les vagues des croupes bondissantes, ou des gueules ouvertes, ou des poitrails qui se dressent :
Nous voyions les vagues humides, Comme des cavales numides.
Se dresser, hennir, écumer: