LE CORPS D1-; L HOMME 1£T DE L ANIMAL
Comme les blonds enfants pendent an sein des mères ! Ventre mystérieux d'où sortent les chimères... !
Ib., 244-245.
C'est aussi un ventre que dessine la bâche, gonflée de bagages, d'une charrette ou d'une diligence. De vieilles tours sont bombées comme des ventres. Si elles tombent en ruines, il semble qu'elles laissent sortir leurs entrailles. Le dessous d'un nuage, enfin, est comme le ventre d'une hydre :
Au moment où j'étais là, un roulier passait le pont, un énorme roulier d'Allemagne, gonflé, sanglé et ficelé, qui avait l'air du ventre de Gargantua traîné sur quatre roues par huit chevaux. Le Rliin, I, 21-22.
La bâche de cuir, bouclée sur l'impériale, contenait à grand'peine un énorme ventre d'effets, et faisait efi'ort comme le gilet d'un bourgmestre'.
France et Belgique, 165.
Ce toit... s'élançait avec grâce du milieu des brunes ruines de l'ancien édifice, dont les vieilles grosses tours, bombées par l'âge comme des futailles, s'affaissant sur elles-mêmes de vétusté et se déchirant du haut en bas, ressemblaient à de gros ventres déboutonnés.
Noire-Dame de Paris, 1, 19s.
I. A ces bâches trop ventrues on peut comparer les bourses et les sacs joufflus :
Leur retirer un peu des choses superflues
Et pesantes qui fout leurs bourses trop joufflues.
La Légende des siècles^ III, n.}.
Au.\ voyageurs passant avec des sacs joufflus.
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210 Li; si;ns dk la formk chez victor hugo
Trois ou quatre tours d'enceinte, dont une, qui est énorme, ressemble au ventre pantagruélique d'un bourgmestre.
Le Rhin, II, 244.
Ces vieilles tours qui se tiennent encore si fières et si droites, quoique mortes et laissant aller leurs entrailles dans l'herbe. //>., I, 315.
Le nuage, hydre des airs.
Est splendide quand son ventre
Laisse tomber les éclairs.
Les Chansons des rues et des bois, 262.
Un gt'and nuage trouble, pareil au dessous d'une hydre, pesait sur l'océan, et par endroits ce ventre livide adhérait aux vagues. L'Hoinwc qui rif, I, 1^2.
L'intérieur d'un édifice peut être comparé à l'intérieur d'un ventre :
Les obscures entrailles de l'église.
Notre-Dame de Paris, II, 177.
Le tombeau des soudans, bâti de jaspe brut. Couvert d'orfèvrerie, auguste, et dont l'entrée Semble l'intérieur d'une bête éventrée Qui serait tout en or et tout en diamants.
La Légende des siècles, II, 164.
Dans la tour une salle aux murailles très hautes. Avec ses grands arceaux qui sont comme des côtes. Cette salle, où pétille un brasier frémissant, Écarlate de flanniie, a l'air rouge de sang. Ouvrez Léviathan, ce sera là son ventre.
Ib., 362.
LE CORPS Di; L HOMME ET Dli L ANIMAL 211
Le mont Pilate, couvert de pâturages, est une mamelle nourricière. Le mont Hékla est le » bout de la mamelle du pôle //, mais cette mamelle ne nourrit que l'ouragqn :
Depuis cent ans, tout terrible qu'il est, le mont Pilate s'est couvert de pâturages. Ainsi ce n'est pas seulement une montagne formidable, c'est une énorme mamelle qui nourrit quatre mille vaches.
Alpes et P y renées, 17.
L'ouragan, qui broie et torture,
S'alimente, monstre croissant,
De tout ce que l'âpre nature
A d'iiorrible et de menaçant;
La lave en feu le désaltère;
Il va de Quito, blanc cratère
Qu'entoure un éternel glaçon,
Jusqu'à l'Hékla, mont, gouffre et geôle,
Bout de la mamelle du pôle
Que tette ce noir nourrisson.
Les Contemplations, II, 319-320.
La rondeur de l'océan appelle aussi la comparaison avec une mamelle. L'océan semble d'ailleurs soulevé par une sorte de respiration. La vague qui se gonfle ressemble à un poumon ; une nappe d'eau s'élève et s'abaisse comme un diaphragme :
Quand les fleurs en avril éclatent pèle-méle. C'est lui. C'est lui qui gontle ainsi qu'une mamelle La rondeur de l'océan bleu.
Les Contemplations, II, 279.
Ma vague, qu'Eole augmente.
Est, quand il lui plaît, charmante Comme un sein nu.
La Légende des siècles, III, 273.
L'océan qui respire ainsi qu'une poitrine S'entlant et s'abaissant.
Les Voix intérieures, 360.
A chaque gonflement de la vague enflée comme un poumon. Les Travailleurs de la mer, II, 74.
L'oscillation extérieure gonflait, puis déprimait la nappe d'eau intérieure avec la régularité d'une respiration. On croyait deviner une âme mystérieuse dans ce grand diaphragme vert s'élevant et s'abaissant en silence.
Ib., 11.
Parmi les nit-laphores anatomiques de Victor Hugo, l'image du diaphragme est une des plus fréquentes. Dans Iclcphant de la Bastille, des toiles d'araignée forment des diaphragmes poudreux. Le diaphragme divisant le corps en deux étages, son nom sert à désigner un plancher ou le pont dun navire :
(Dans l'éléphant de la Bastille). Des stalactites de plâtre y pendaient comme des viscères, et d'une côte à l'autre Je vastes toiles d'araignée faisaient des diaphragmes poudreux.
Les Misérables, W , 241.
II en était séparé par le plancher qui n'avait ni trappe ni escalier et qui était comme le diaphragme de la masure.