‹ Le sens de la forme dans les métaphores de Victor HugoChapitre 81 sur 114 · Les nébuleuses · texte numérisé non relu

Les nébuleuses

On voyait dans les cieux, avec leurs larges ombres, Monter comme des caps ces édifices sombres.

Les Orientales, 24.

En général, je les aime mieux le soir (les nuages). Ils dessinent alors dans l'air des baies et des promontoires qui font du ciel comme un immense miroir où la mer se réfléchirait avec ses côtes sombres et découpées.

Une cathédrale se détache sur le ciel comme un grand vaisseau immobile :

Le magnifique profil de la cathédrale de Worms, avec ses tours et ses clochers, ses pignons... apparaissait à l'horizon, immense masse d'ombre qui se détachait lugubrement sur le ciel plein de constellations et qui semblait un grand vaisseau de la nuit à l'ancre au milieu des étoiles.

Le Rhin, 11, 72.

Les nuages, la terre, le soleil et tous les astres sont des navires qui parcourent la mer infinie, et dont quelques-uns sombrent au milieu de leur course :

Les brouillards, les vapeurs, le nuage qui tonne. Tempèrent le soleil dans nos cieux parvenu ; Et l'œil voit fuir au loin leurs lignes nébuleuses Comme des flottes merveilleuses Qui viennent d'un monde inconnu.

Odes et Ballades, =,30.

Pendant Q.ue les nuages gris croulaient sur l'occident Comme de lourds vaisseaux qui dans la nuit chavirent.

La Fin Je Satan, 32.

LA MhK, Li: COURS D HAU, LA MONTAGNE 27^

La terre, s'inclinant comme un vaisseau qui sombre, En tournant dans l'espace allait plongeantdans l'ombre. Les Contemplations, I, 303.

Le monstrueux vaisseau sans agrès et sans voiles Qui flotte, globe noir, dans la mer des étoiles, Et qui porte nos maux, fourmillement humain. Va, marche, vogue et roule, et connaît son chemin.

Il écoute le bruit que fait la sombre proue De la terre.

Les Oimtre vents de l'esprit, 1, S7.

Par degrés, monts, forêts, cieux, terre. Tout prend l'aspect terrible et grand D'un monde entrant dans le mystère.

D'un navire dans l'ombre entrant.

Toute la lyre, 1, 141.

Ma sphère est l'orient, région éclatante Où le soleil est beau comme un roi dans sa tente 1 Son disque s'y promène en un ciel toujours pur. Ainsi, portant l'émir d'une sainte contrée.

Aux sons de la flûte sacrée.

Vogue un navire d'or sur une mer d'azur.

Odes et Ballades, =,27.

Ni les mondes, esquifs sans voiles.

Les Contemplations, 1, j^'^.

Kopernic éperdu regarde.

Dans les grands cieux aux mers pareils, Goufïre où voguent des nefs sans proues, Tourner toutes ces sombres roues Dont les moyeux sont des soleils.

Lb., II, 2c)8.

Donc ne nous disons pas: — Nous avons nos étoiles. Des flottes de soleils peut-être à pleines voiles Viennent lmi ce moment.

Ih., 247.

Cesglobes, qu'en prisons, Seigneur, voustransformàtes, Ces planètes pontons, ces mondes casemates,

Flottes noires du châtiment, Errent, et sur les Ilots tortueux et funèbres . Leurs mâts de nuit, portant des voiles de ténèbres, Frissonnent éternellement.

Li Légende des siècles, III, 117.

Oh I ijuel œil sombre a vu des mondes expirer ?... Ils passent effrayants dans des lueurs livides : Ils semblent, dans l'horreur des immensités vides, Des coques de vaisseaux monstrueux, dérivant Sous on ne sait quel fauve et lamentable vent.

Toute la lyre, II!, 31.

Aldéhafan est le ("eu qui bri lie à la piuue d'un navire, ou peut-êti'e le feu tournant d'un phare. Ces comparaisons d'une étoile et d'un flambeau sont naturellement très fréquentes. Elles ue peuvent être citées ici qu'autant qu'elles s'accordent avec la métaphore qui assimile l'infini à l'océan.

Dans Cette mer de l'Être où tout sert, où tout nuit. Qu'es-tu ? fanal peut-être, au cap noir de la nuit, Peut-être feu de proue à l'avant d'un navire.

Les Quatre vents de Pesprit, 1,8.

O phare à feux tournants de l'océan des astres!

Ib., 11.

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