‹ Le sentier des larmesChapitre 24 sur 37 · LA CHARITE DU VERBE · texte numérisé non relu

LA CHARITE DU VERBE

L'iiulignalion me transportait, lorsqu'au temps de ma petite enfance, dans notre église croulante, après le tintement du Sanctus et de l'Elévation, j'apercevais toute une légion d'horribles vieilles s'efforçant de dissimuler leur laideur aux plis grossiers d'un voile blanchâtre et se préparant à aborder le mystère de la Sainte-Table. Tout ce qu'il y avait dans le cénacle féminin de démoli, d'édenté, de fourbu, se mettait en branle à la fois, les têtes déplumées s'agitaient, les yeux éteints remuaient leurs paupières, les bouches difformes s'entr'ouvraient, les épaules bossues, les jambes torses et les genoux cagneux, inauguraient leurs mouvements discords, et les mains, les mains atroces, contractées et crochues, aux doigts ankylosés, aux ongles noirs, aux peaux hâlées et rugueuses, se croisaient en un serrement pénible, grimaçant, d'une jointure imparfaite, le simulacre de

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