‹ Le sentier des larmesChapitre 36 sur 37 · DEI GLORIAM · texte numérisé non relu

DEI GLORIAM

CUXSOLKS

Le dernier siècle écoulé nous a donné trois Républiques :

La République des assassins, La République des fous, La République des voleurs.

Celle-ci est la ii(Mre. Elle couronne le ternaire pernicieux, et Montesquieu s'ébahirait s'il voyait les assises réelles du gouvernement qu'il affirme devoir être fondé sur la vertu. Quelle équation invraisemblable entre la formule et l'histoire :

Meurtre m République' Lnsamté ^= République" Pillage = République'"

Mais, par ailleurs. République zr Vertu, donc, en bonne logique :

Meurtre -{- Insanité -|- Pillage = Vertu. Nous devenons plus forts que la grammaire rationnelle : Trois négations équivalent à une affirmation.

li):> PLEURS DES CllOSKS

Ce ne sera pas le moindre crime de la Phrygienne que d'avoir contraint des cérébraux à venir se colleter avec elle, déserteurs momentanés de Tazur et des nuages. Dieu leur est témoin qu'en cette répugnante bataille où leurs bras, accoutumés aux célestes étreintes, ont empoigné l'Immondice vivante, ils ont tout sacrifié, même l'aisance et le repos de leur vie, au terrassement de la nauséeuse licorne dont ils voulaient purger la terre. Souvent même ils ont encouru les sarcasmes de leurs pairs intellectuels qui, demeurés sur les hauteurs, blâmaient leur descente aux bas fonds et leur évertuement contre un amas de boue. En ce sens a paru juger la norme éternelle, car toute la contention de notre esprit, toute la chaleur de notre sang, toute la crispation de notre musculature n'ont pas, à l'heure du combat, produit l'écroulement du monstre fangeux. Serait-ce qu'aux yeux de l'avenir il eut été trop honoré de succomber à notre colère, qu'il devait périr dans un accès d'autophagie et s'effondrer, horriblement, sous la progression de ses cancers et la gangrène phagédénique de ses ulcères familiers. Quand a commencé cette putréfaction, quand s'est

accusée cette déliquescence tertiaire, déjà remontés à nos ré(|ions sereines nous ne re(jardions plus que le ciel, à jamais dé- (joiltés des abominations terrestres. Maintenant, rjardant toujours nos mains croisées, nous avons daigné abaisser nos yeux. Et la venyeance providentielle, nous sommes tenus de le proclamer, dépasse en intensité tout ce qu'avaient osé prédire nos verbes, toutes les menaces fulminées par nos inflexibles ressentiments.

Mais si nous sommes exaucés, nous n'irons plus à la mêlée brutale consacrer les forces vives de notre âme ou les labeurs de nos bras. L'immense éther ouvre une carrière suffisante à l'élan de nos pensées et à l'énergie de nos volontés. Nos pieds seuls à la glèbe noire resteront apparentés, et si, par une ironie toujours possible des hasards, les consuls, les tribuns, les guerriers et les populaces avaient un jour besoin de nous, ils pourraient implorer nos semelles qui contiendront toujours assez de cuir et assez de clous, pour botter selon ses mérites une nation dépenaillée, ayant renié son âme, &£s héros et ses Dieux !

Novembre, 1892.

rABLE

VIEILLKS J.)Nt:ilÉES

Les anciens paiivivs i-.

Le centuple 15

Dolentes chapelles 1»)

L'écran inulil? a'.i

L'oijresse 27

Le vieux banc • '.U

Cantique lointain 35

Le long d'un rêve 38

Sous l'affublement 4'^

Le cortèfje 4*J

Stérile effort 5 >

Un petit mort -,3

Le père glorieux 57

L'effacement Oi

L'ange des douleurs Gj

Vaine recherche Oj

Eheu ! Fugaces ! 73

Majesté 77

L'acolyte 83

Vertueuse 87

Renoncement 90

Goujats galonnés 94

L'abandon 98

KjC) TABLE

Plantes vertes lov.

Tragédiante lo;,

Sacrifice 108

Fatale interversion 112

^fiséricorde 115

Les miages iin

Un moribond singulier i->3

L'âme d'un marchepied 127

La voix des fleurs i.'i)

Le bûcheron ■ . . . . i33

L'aîné i.30

Blanc et noir i/p

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