Ci-dcsious, p
2. Où le senliment de la nature était instinctif et déjà très sensible (Notamment dans les Niebelungen). Ci-dessous p. 253.
3. Comme dans Tantiquité : pour Texcellente raison que Ja poésie prête mieux à la rêverie et à l'enthousiasme, tandis que la prose s'applique naturellement k des matières didactiques.
pensées et aux sentiments de l'homme. Cette recherche obscure et embryonnaire de l'âme des paysages est très curieuse.
Ouvrons par exemple la Chanson de Roland. A quelle occasion l'auteur aura-t-il recours à la description? Pour nous donner l'impression de tristesse et d'effroi éprouvée entre les montagnes abruptes par les guerriers venus de la « douce France » :
Hait sont li pui e li val tenebros,
Les roches bises, li destreit merveillos* :
Lo jorn passèrent Franceis a grant dolor (v. 814-816)
C'est ensuite pour associer la nature à la mort de Roland, lorsqu'il décrit la grande tempête qui parut sur la France au moment où va succomber le héros (y. 1423-1437).
Après la montagne, voici la forêt avec la crainte qu'elle inspire à la reine égarée dans ses fourrés par l'orage [Berthe aux grands pieds y d'Adenet le Roi) ;
C'est hideus tans a dame qui compaignie n'a.
En revanche, d'autres spectacles inspirent la joie, tout d'abord le printemps ou le début de l'été :
Ce fust en mai, el novel tens d'esté : Fueillissent galt', reverdissent li pré, Cil oisel chantent bêlement et soé ^.
La verdure, le temps « bel et cler », et le chant des oiseaux sont les seuls éléments qui reviennent tou-
1. Merveillos n'exprime nullement une idée d'admiration, mais d'étonnement craintif.