‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 116 sur 157 · Ed. Marty-Laveaux, IV · texte numérisé non relu

Ed. Marty-Laveaux, IV

2. C'est déjà le même goût pour le « désert effroyable » (Cf. cidessous, p. 235 et 243).

Deux camps de rouges fourmis

Se sont mis En garnison sous ta souche ; Dans les pertuis de ton tronc

Tout du long Les avettes ont leur couche.

Le chantre rossignolet

Nouvelet, Courtisant sa bien-aimée, Pour ses amours alléger

Vient loger Tous les ans en ta ramée,

Aussi avec quelle éloquence déplore-t-il le vandalisme des bûcherons qui nivellent sa chère forêt, où son imagination, nourrie d'érudition antique, voit volontiers

le sang, lequel desgoutte à force, Des Nymphes qui vivoient dessoubz la dure escorce ^

Mais un sentiment plus profond se dégage chez lui de la contemplation de la nature. C'est d'abord la brièveté de la vie, dont il faut jouir, et qu'il a symbolisée dans la rose :

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté ^

Épicurien, certes, mais surtout panthéiste. Et si tout passe, si les formes changent, si les êtres

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