‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 121 sur 157 · Shakespeare, Songe d'une nuit d'été, a. V, se. II · texte numérisé non relu

Shakespeare, Songe d'une nuit d'été, a. V, se. II

2. Bûrger, Lenore; Lenau, Der Postillon, etc. ; cf. aussi chez les Russes, Gogol, La nuit de mai.

Leopardi et Hugo en ont peint à eux seuls une grande variété; les nuits de Chateaubriand sont célèbres*.

Mais c'est là le petit côté d'une réaction nécessaire, l'aspect « fauve » du romantisme. Le fait capital est que la nature est représentée désormais sous ses multiples aspects, que la conscience, le sens de la vie universelle est retrouvé. Le classique tend à l'immobilisme, et n'aspire qu'à se fixer, par la langue et le style comme par les sujets et les genres. Le romantisme, au contraire, s'efforce de montrer la variété des spectacles dans le temps et dans l'espace. Il fait revivre la couleur locale et met l'exotisme à la mode. Voyez déjà comme Dante a bien soin dé situer ses points de comparaison, en caractérisant de quelques mots le paysage, toscan, flamand ou alpestre. L'exotisme date de Bernardin de Saint-Pierre, continué et dépassé par Chateaubriand. Tennyson et Rudyard Kipling en Angleterre, Fromentin, Leconte de Lisle, de Hérédia, M. Pierre Loti en France, sont les représentants les plus remarquables de cette tendance. — Sous nos yeux mêmes, la nature change ; on se passionnera pour ses grands drames — orages, tempêtes, cataclysmes, avalanches — , on aura l'ambition de reconstituer la formation du globe, comme Milton- après Lucrèce, ou d'embrasser l'histoire dans un ensemble, comme la Légende des Siècles.

Mieux encore : les romantiques ont senti la nature pour l'avoir regardée seul à seule; ce sont eux qui ont vraiment pénétré râine diis4mysages. Réagissant

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