‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 3 sur 157 · DAU7.AT · texte numérisé non relu

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critique de l'observateur, et sur le terrain des faits, nous nous efforcerons d'analyser d'abord le sentiment de la nature en soi — dans ses éléments et dans ses principales formes — , puis son expression artistique dans la littérature et la peinture, enfin ses répercussions sociales — , en mettant tour à tour en valeur les diverses conceptions, et les modalités caractéristiques, les différences de tempéraments et l'évolution des idées.

Une étude de ce genre n'a pas encore été faite. Ou bien on a embrassé une matière plus vaste, comme Victor de Laprade, ou bien on a chanté un hymne à la nature, en religieux ou en poète, comme M. Souben ou M. Épuy; plus souvent on s'est limité, dans des travaux critiques, à une période historique, comme M. Mornet, à une forme particulière du paysage, telle que la forêt, la mer, la montagne, ou à l'expression picturale, comme M. Paulhan '. Il nous a semblé qu'une synthèse objective, en dépit de lacunes et d'imperfections inévitables, comblerait une lacune et présenterait son intérêt.

« Quel est donc ce sentiment — demandait naguère Ruskin dans les Peintres modernes — , quelle sorte de sentiment humain, superlativement humain, qui aime une pierre pour la pierre elle-même et un nuage pour le nuage? »

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