‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 44 sur 157 · Paul et Virginie, éd. Delarue, p · texte numérisé non relu

Paul et Virginie, éd. Delarue, p

de l'Ile-de-France, de la Provence, de l'Oberland bernois, du haut Piémont. On ne conçoit pas le pays napolitain sans les maisons à terrasses où sèche aux fenêtres le linge multicolore ; la Hollande sans les façades émaillées et vernissées, aux pignons à escalier, plongeant dans un canal ; l'Auvergne sans les lourds murs frustement construits en basaltes et en laves noires, dédaigneux de crépissure, avec les massifs escaliers de pierre et les étj^â^ en saillie; les contrées arabes sans les minarets et les coupoles des mosquées ; les tropiques sans les cases rustiques des nègres.

L'homme lui-même devrait concourir, et concourait partout jadis, à la couleur locale. Malheureusement les vieux costumes s'en vont, en Europe et ailleurs. La France, qui possède toujours de si curieux spécimens des anciennes vêtures, notamment en Bretagne et dans le Massif Central, reste encore dans l'Occident, avec la Suisse* et l'Espagne, un des pays les plus épargnés. Mais où trouver aujourd'hui, sauf en Galabre et en Sardaigne, le type classique de ritalienne qui accueillait encore l'armée française en 1859, sur les terrasses de Gênes, avec le long pezzotto blanc? Les pays turcs et arabes sont demeurés relativement conservateurs, ainsi que l'Orient européen.

Les ruines elles-mêmes, comme Chateaubriand l'avait déjà noté% changent d'aspect suivant les

1. Petite terrasse surmontée d'un toit, qui domine l'escalier extérieur. (Du latin extera.)

2. Notamment dans la Suisse centrale et surtout dans le haut Valais.

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