‹ Le sentiment de la natureChapitre 10 sur 52 · CHAPITRE PRExMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRExMIER

De quelles façons profondes, superficielles, rapides ou durables les hommes ont-ils ressenti l'amour pour la Nature r Telle est la question qu'il nous faut approfondir maintenant. Cela est nécessaire avant d'examiner comment ils ont exprimé ces sentiments amoureux à travers leurs arts et leurs littératures. Mais, nous dira-t-on, il est impossible d'étudier séparément la façon de ressentir le sentiment de la nature d'avec la façon de l'exprimer. Car en somme, nous n'avons pour en juger que des œuvres d'art où l'expression recouvre et, pour ainsi dire, habille le sentiment.

Ce reproche est très juste, mais la difficulté n'est pas absolument insurmontable.

Ces vêtements en effet, qui sont interposés entre notre curiosité et les sentiments réellement ressentis, sont toujours en quelque façon révélateurs des formes vraies qui les supportent. Derrière les décors plus ou moins éclatants qu'emploie l'expression pour représenter la pensée émue, ou peut découvrir, après de sérieuses réflexions, la trace véritable du sentiment éprouvé, et non seulement sa trace mais quelquefois ce sentiment lui-même tout vif et nu.

Et ne vaut-il pas mieux, s'il est possible, contempler le corps vivant que l'étoffe la plus somptueuse qui en voile les lignes ?

Certes, il faut pour cela beaucoup plus de travail et d'effort qu'il n'en serait nécessaire si nous ne faisions pas la distinction dont nous parlons. Mais aussi, pensons-nous, nous pourrons prétendre à un résultat autrement suggestif et important, puisque nous aurons ainsi cherché à indiquer les variations du sentiment de la nature vraiment éprouvé et non déformé par le souci de l'expression artistique.

Et du reste, l'analyse des différentes expressions artistiques (et surtout littéraires) données à ce sentiment devra faire en notre troisième partie l'objet d'une étude particulière.

Nous avons déjà parlé des hommes qui ne ressentent en eux-mêmes aucune tendresse à l'égard

de la Nature. Mais distinguer seulement entre ces derniers et ceux qui aiment la Nature est d'une classification peut être bien un peu trop simpliste.

11 y a là des degrés, des nuances dont il faut tenir compte.

Tel, comme \'oltaire, ne se laisse toucher par

les beautés naturelles qu'une fois en sa vie et en

présence d'une inouïe majesté de spectacle : Le

lever du soleil sur les Alpes.

Tel autre n'est sensible qu"à certaines coïnci- \

dences pittoresques, rares (paysages exotiques

vus par un européen). . .

Tel autre enfin aura la plus large compréhension des plus intimes et atténués reflets de l'universelle beauté.

Il faut donc classer cela, ou du moins, étudier le sentiment de la nature dans les différents groupes humains (groupes des mentalités semblables) : anciennement, dans les contrées qu'habitèrent les races les premières civilisées, mais dissemblables de goût, d'aptitude, de religion (c'est ce qui fait le sujet de notre présent chapitre). Aujourd'hui, chez les descendants distincts de ces antiques races, chez les esprits diversement cultivés et orientés d'un même peuple: Le savant, le paysan, le lettré, etc., etc..

Chez les races primitives, le sentiment de la nature est toujours intimement lié avec le senti-

ment religieux ; le plus souvent ils ne font qu'un.

Ce fait n'est nulle autre part plus vrai ni plus apparent qu'en Egypte. C'est aussi que nulle autre part le génie de la nature ne se révèle par de plus frappants contrastes. Toute l'exubérance végétale, toutes les migrations d'animaux, toute la vie naturelle subit une périodique et annuelle renaissance avec le retour des eaux fécondantes... Le Nil est le dieu naturel de l'Egypte.

Nos successions d'hivers et d'étés ne donnent aucune idée de cette opposition de vie et de mort selon la hauteur des eaux nourricières, et vraiment mères, sous l'excessif soleil d'Afrique.

Une période: C'est l'ivresse sacrée de la terre qui fleurit et embaume, qui donne tout à la fois ses fruits et ses fleurs. C'est un enfantement prodigieux et simultané de myriades d"êtres; tout grouille, fermente, s'épanouit en un instant de mystère...

Quelle fureur de vie !

La période suivante : Tout se dessèche, tombe en poussière impalpable, retourne au néant.

Un ennemi inconnu a dévoré le dieu. C'est le désert avec ses terreurs, ses mirages, ses grandes voix d'animaux nocturnes .. Les plantes sont mortes, les fleurs calcinées ; le sable sec crie sous les pas ; les pierres seules restent là-bas en leurs assises éternelles de granit rose, aussi hautes que les pyramides. Les petits insectes « fleurs vivantes », les animaux utiles sont dispersés ; seuls les lions, les serpents, les éperviers har.tent le libre espace.

^ De là, le culte de la vie organique. De là, la tendresse de l'Egyptien pour l'arbre qui ne meurt pas à chaque saison et qui pleure avec lui la mortde la nature. De là encore, son adoration peureuse des rapaces du désert et son souci constant d'échapper soi-même à la destruction par une immortalité de momie ou d'obélisque.

L'habitant de ce très spécial climat en subit de très fortes impressions qui modifient sa mentalité. 11 aime la nature tour à tour dans sa vie et dans sa mort... Et comme il s'est heurté de bonne heure au mystère des mystères, à ce miracle des perpétuels retours, à ce prodige de l'enfantement renouvelable à époques fixes (i), il adore aussi le Sphinx, symbole éternel et non surpassé de l'Enigme du Monde.

Il aime la nature, mais ne se laisse point subjuguer par elle : Elle n'est pas toujours auprès de lui, et il n'a pas senti passer sans cesse sur son Iront les amoureuses caresses des vents chargés d'effluves et de ferments fécondants. 11 lui a fallu préparer la terre sèche et aride, creuser des canaux, vivre avec les monstres du désert, attendre de longs jours avant chaque apparition de la Déesse adorable de vie.

Il n'est pas dominé et il ne domine pas. Il traite avec elle d'égal à égaL A certaines heures, oui, elle déborde et leur amour est formidable, formidable d'enveloppements, de caresses, de sourires; mais à

(r}Qui se font quelquefois attendre... et alors quelle anxiété!

d'autres minutes, l'homme est seul, il est plus fort que la nature parce qu'il vit plus longtemps et qu'il se prépare, malgré elle, une éternité de pierre que les frêles et annuelles filles des eaux ne détruiront jamais (i ).

Tout autre est l'amour de l'indigène pour la nature indienne. Ici, plus de contraste, plus de période mortelle faisant un désert brûlant de la campagne fertile. Ici, une sève inépuisable parcourt sans cesse les veines du monde

(I Qui dépense un soleil au lieu d'une étincelle ».

Perpétuel printemps, inlassable fécondité. . . Verdures, eaux jaillissantes, fleurs embaumées, bienfaisante chaleur solaire, tout est immuable, sans commencement, sans fin... L'éphémère sans relâche renouvelé, se confond avec l'éternel.

Et même y a-t-il plus. . .

La Nature est là-bas d'une luxuriance prodigieuse, excessive, dén\esurée. Elle est plus forte que tout.

C'est aux pâturages de l'Himalaya — les monts plus élevés et les plus majestueux du monde, les Alpes de l'Asie — que les bergers à peine sortis de

(i ) De là, remarquons-le, la monogamie, c'est-à-dire la presque égalité de l'homme et de la femme, relativement du moins à la polygamie des autres races primitives. L"amour de ce qui dure, c'est le fondement de la famille monogyne.

l'inconscience, ont à l'aube des jours reçu par la pure Aurore, la révélation du sentiment de la Nature. Les malins et les soirs ne sont-ils pas plus limpides aux régions alpestres >

Descendu vers la plaine, l'homme a cru revenir au jardin d'Éden. . . A mesure qu'il s'éloignait des hautes régions, aux forêts moins austères frissonnaient des essences plus variées, des arbres enchevêtrés, divers, immenses, extraordinaires. Les lianes et les volubiles tiges grimpantes s'enroulent des troncs aux ramilles avec des balancements et des ondulations d'une grâce infinie.

Aux parterres couverts d'herbes hautes et épaisses, aux flexibles branches, aux épaisses et grosses feuilles des plantes rigides comme aux plus délicates dentelles vertes, partout, entremêlées en un chaos indéfini, en une profusion inouïe, en un enchevêtrement inextricable s'épanouissent les fleurs radieuses, diversicolores, petites, énormes, monstrueuses, rouges, altérées d'amour, bleues, roses, blanches, panachées, rampantes, élevées, gracieuses, fières, penchées... C'est un pêle-mêle, une débauche de pétales, de corolles de toutes formes, de toutes dimensions, de toutes couleurs, de tous ports, de tous parfums. . . et cela se confond, s'entre-croise à l'infini.

Dans la profondeur verte et sombre, là-bas, sont-ce des yeux de bête féroce, ces points lumineux, étincelants ? Entre les taillis, là-bas, sont-ce des yeux de femme, ces éclatantes, mobiles et profondes taches bleues ?

Ce sont des fleurs. Et le vent tiède et parfumé agite leurs pétales, balance leurs têtes exquises ou hautaines, tandis que bourdonnent les insectes, ronronnent les petits animaux des bois, pépient les petits oiseaux, volettent les papillons — fleurs capricieuses. . . — Et voici, la mer chaude et chanteuse dort sur la plage blonde qui s'arrondit gracieuse— comme l'ondulation de seins bien droits ■ et fermes — au golfe des parfums, des rayons et des roses, au golfe du Bengale.

L'âme vierge de l'Hindou reçut de celte Nature une impression ineffaçable. C'est certainement elle qui lui façonna son âme mystique et vagabonde, aux rêves subtils et \agues, à l'extase facile, à la recherche constante de l'Universel ; une âme amoureuse à ce point du monde vivant qu'elle s'en considère comme une simple parcelle. . .

Si, aimer, selon la parole de Leibnitz (( c'est se plaire dans la félicité d'un autre, c'est faire d'un autre sa propre félicité », l'Hindou a profondément aimé la Nature puisqu'il n'a jamais pu goûter une joie sans y associer son éternelle amante.

C'est à ce point qu'il ne s'est donné d'autre tâche que de s'abîmer en elle, que de la pénétrer, non pour la comprendre, mais pour s'y perdre, pour faire courir son sang avec sa sève dans ses veines immortelles.

'La Nature ici, c'est surtout la végétation. Celleci est si puissante, enveloppante, qu'elle recouvre, qu'elle cache, qu'elle englobe toute autre vie. L'animal lui-même, au fond de ses fourrés épais, ne

s'impose qu'à peine à l'attenlion, il disparaît dans le formidable amas des arbres, des lianes, des fleurs. . .

Et l'homme le plus fort n'est rien non plus.^

Arrêtons-nous un instant. C'est en ces lieux que l'amour dont nous retraçons l'histoire, fut le plus fort, le plus profond, le plus sincère. . .

La Nature est à peine la Mère. Elle offre tant de ressources — et le climat est si peu exigeant — qu'en somme l'homme la connaît fort peu comme nourricière : il satisfait les besoins de sa chair et n'y songe plus. C'est comme fiancée, comme femme, comme expression de Beauté qu'il chante la radieuse Déesse. . . et tout en elle ne rappellet-il pas la femme ? Les corolles d'un bleu foncé ou d'un bleu tendre, depuis les sombres violettes jusqu'aux pures et pâles pervenches, sont les yeux de l'adorée. . . Les pétales blancs, avec du rose imperceptiblement, ont le teint de sa chair, les boutons rouges et délicatement arrondis, sont les pointes de ses seins. Partout un détail, une réminiscence delà chair féminine, une analogie avec les trésors de la femme charnelle, belle Eve aux formes sculpturales, aux yeux troublants.

Quelle magie, quel subtil charme verse au cœur ingénu du demi-barbare cette Créature d'amour !

Comme l'homme cherche à se donner, comme il se fait humble et petit et soupire pour être admis à pénétrer plus avant dans l'intimité de cette femme ! Comme il tremble et veut se rendre net et pur, avant de donner ses caresses au corps étin-

celant ! Il aime en esclave, non pas en homme. Il aime, certes, parce que son âme est toute prise, subjuguée, ensorcelée. . .

Mais à quand la possession parfaite ? II s'est purifié dans l'eau lustrale du Gange sacré ; rapproché de la Nature, il l'a embrassée et voudrait se donner mieux. . .

Ah ! quelle heure bénie sera celle où il dépouillera cette chair mortelle pour laisser enfin s'évanouir et flotter son âme au sein de la vie opulente de l'Adorée, enfin, enfin possédée ! N'est-elle pas l'Éternelle, l'Être par excellence? Et vivre hors d'elle est le pire destin.

Panthéisme naturiste, sentimentalilé rêveuse, soif de solitude pure, partage des hommes en classifications de mentalités plus ou moins détachées des soucis extérieurs. . . n'est-ce pas toute la mentalité hindoue ?

C'est la seule race chez qui i'amour de la Nature ait été à ce point exubérant, qu'il a été exclusif de tout le reste. . .

L'intermédiaire entre l'Asie et l'Afrique, le premier né des génies de l'Europe, la Grèce...

Quel changement au retour des forêts indiennes! Ici tout est bien ordonné, pur, calme. Plus d'amants furieux, plus de forêts échevelées aux œillades provocantes qui vibrent et chantent et se balancent impudiques — comme de belles orien-

taies en proie au délire d'amour sous le ciel embrasé.

La Nature ici est sereine. Elle ressemble au génie grec qui ébaucha les plus parfaites statues de la beauté féminine, sans un pli, sans un voile, sans une amertume. C'est une eurythmie vivante, fraîche, sans arrière-pensée troublante, sans couleur violente.

Ou plutôt, ici encore, n'est-ce pas cette Nature là qui façonna à sa guise l'âme grecque?

Que de problèmes, que d'analogies !

L'atmosphère est d'une transparence absolument limpide. La mer heureuse arrondit ses anses et ses golfes aux purs contours comme en des bassins de fin marbre.

La végétation est grêle, les sources froides, peu nombreuses; les feuillages ne cachent plus la terre et ne font plus aux montagnes un voile en même temps qu'une couronne. Du reste, plus rien ici de démesuré ; les fleurs sont calmes et égrènent leurs notes joyeuses, sans profusion, ni discordance depuis les sommets de l'Hymette jusqu'aux grèves blanches où fredonne la mer violette. Elles diffèrent de leurs soeurs indoues comme une gracieuse théorie d'athéniennes au maintien calme diffère d'une Kermesse de filles débraillées et jolies à l'œil et au teint enflammés, aux poses lascives...

En revenant de la haute Asie et du Bengale, du pays des roses ardentes et embrasées de concupiscence, on croirait à la froideur... Mais non. seulement tout ici est si parfait, si aisé, si pur! Sur le ciel alangui, au crépuscule méditerranéen, se pro-

filent les lignes parfaites des marbres roses, et làbas, se détachant sur la teinte viridine du couchant, c'est la Perfection réalisée, la Femme incomparable et triomphante qu'aucune ardeur encore n'a brûlée, qu'aucune orgie d'amour n'a déformée. Elle semble envolée là-haut dans l'espace, à peine éclose de la mer céleste, cette adorable et glorieuse nudité de pierre au-dessus de laquelle flotte l'fi^toile protectrice du soir, la chère messagère rose et blonde... Telle est la Déesse grecque, telle est la Nature grecque.

"L'homme de cette race est trop pondéré, trop intelligent pour se donner sans retour et avec sacrifices de larmes et de sang, à la Nature, et cette Nature elle-même ne demande point un tel abandon. Ce qu'elle veut et ce qu'elle obtient, c'est une délicatesse de cœur, une amabilité souriante à son endroit. . . Elle est si pure ! Ah, loin d'elle tout regard équivoque, toute pensée mordante comme un baiser de luxure ; elle n'inspire qu'une affection candide et qu'un culte simple.^ Elle ne demande pas à être la seule aimée, elle sait que l'homme ncrmal s'aime lui-même d'abord, en tant que droit, fort, bien membre, intelligent, curieux de tout ; elle sait que la femme vient en seconde ligne si sa chair est bien faite et pétrie selon le modèle éternel dont la Statue là-bas est le type. Et elle ne vient qu'après, la Nature gracile, comme une jeune fille très jolie, mais pas encore tout à fait formée...

Oh, cette âme grecque ! Elle aima toute Beauté, oui, mais si noblement, avec une telle délicatesse

de seniiment, une telle préoccupation de ne rien outre-passer qu'à vrai- dire, on se demanderait presque s'il ne s'agit pas là ( i ) d'un amour de tête au lieu d'un amour de cœur... (2)

(i) Entre elle et la Natme qui l'eniourc

(2) En ce qui concerne le sentiment de la Nature chez les civilisés de Tyr, Carthage, Babylone, etc, nous ne saurions mieux en parler qu'Edgar Quinet. Voici sa conclusion sur les religions de Babylone et de Phénicie : « Voilà donc, après que chacun des sentiments de l'enfance a été épuisé, terreur, respect, ravissement, l'homme épris d'un amour délirant pour l'infini sous la forme de la niture. Il ne peut s'en dédire. Ce n'est plus là une croyance nourrie de lait et de miel ; c'est le breuvage de Phèdre. Ce sont les marques du désir déchaîné pour la vierge Jolie qui vit et respire en toutes choses. Souvent il se lasse de n'embrasser que les membres froids de la déesse d'or ou d'argent au fond du sanctuaire : il voudrait posséder la déesse elle-même palpitante sous son étreinte mortelle. Les yeu.x hagards, saisi de vertige, il se précipite hois du temple où il étouffe à l'étroit ; il parcourt les lieux sauvages ; là il forme des chœurs de Corybantes, de Curetés, de Dactyles, qui, de retraites en retraites, cherchent la grande aïeule des montagnes, éternellement mère, éternellement vierge. Au bruit des sambuques et de la fliue phrygienne, il porte une torche ardente au fond des cavei nés pour voir si elle n'y est pas endormie. Partout enivré des émanations de la déesse, il respire d'âpres parlums dans la chevelure des bois sacrés et croit sentir s'émouvoir sous les fleurs le sein de la Matrone des forêts...

» ... A la volupté (de l'orgie) se mêle le désespoir de ne pouvoir atteindre cet infini décevant... Il se déchire de fes mains... et toujours il suit la grande Madone amoureuFe, qui toujours se dérobe au bout de l'horizon .. Il s'obstine jusqu'à ce que, haletant, éperdu, ne sachant plus de quel côté se tourner pour embrasser l'amante, il la voie un jour monter dans le-; cieux épui'és de Syrie... »

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