‹ Le sentiment de la natureChapitre 26 sur 52 · LA SOLITUDE ET LA REVERIE IIQ · texte numérisé non relu

LA SOLITUDE ET LA REVERIE IIQ

Cependant il faut faire ici quelques restrictions : Le goût immodéré du solitaire rêveur à ne point subir de heurt, à ne pas agir, le pousse au dégoût de la vie réelle, au mépris des autres... La réalité n'est pas belle auprès des couleurs brillantes du rêve . . .

La perte est plus grande que le gain à se trop éloigner du monde réel. Et du reste, il n'est pas du tout nécessaire que l'amoureux de la nature devienne un personnage aussi inutile aux autres et à lui-même ! S'il sait vraiment écouter les voix inspiratrices qui viennent du monde naturel, il apprendra vite que la loi de la nature même est une loi de travail et d'effort persévérant toujours tendu vers un but à la fois pratique et beau. Il comprendra que ce goût de solitude rêveuse est un privilège en ce siècle où trop souvent les âmes fortes ne songent qu'à un arrivisme égoïste et jouisseur, où fait trop fréquemnYent défaut le goût de penser par soimême et de songer aux autres. Et il ira de temps à autre se retremper auprès de cette Nature aimée, dans la paix solitaire et consolatrice de l'heure, et il y puisera inspiration, réconfort et énergie pour le travail efficace.

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