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prcment dils sont les plus pauvres en intelligence des beautés et de la signification de l'univers. Quelques grands prosateurs témoignent sur ce point d'un sens plus poétique. La science du temps, si dépourvue qu’elle soit de philosophie et d'imagination, forte du moins par l'observation, sa seule méthode, force l'esprit de scs adeptes à se mettre en communication avec la nature vivante; or, il est impossible qu'un peu d'imagination et de sentiment ne s’éveille pas à ce contact.
C'est donc par l’observation scientifique plutôt que par l'imagination et la rêverie que se sont établis les premiers rapports de l’esprit français avec le monde extérieur. Le sentiment de la nature, tout à fait absent des lettres au dix-septième siècle, commence à y péné • Irer au dix-huitième, mais par des voies peu favorables à la vraie poésie. Le dix-septième siècle avait négligé cette source d’inspiration par une juste et noble préférence accordée à l'élément moral et religieux, parce qu’il jugeaitavee raison l’action de l'homme plus importante que le théâtre sur lequel elle s’exerce, et la connaissance du Créateur plus nécessaire encore que celle de ses créations. Le dédain des questions religieuses, le scepticisme dans toutes les sciences qui ont Dieu et l'âme pour objet, la négation de l'infini et de l'invisible ont dirigé l'esprit du dernier siècle vers l’élude de la nature.
Les poètes surtout n'ont incliné de ce côté que par éloignement pour la grande poésie morale. Le principal attrait de la création résidait pour eux dans leur propre matérialisme, qui ne leur permettait pas de voir combien la vraie poésie, le vrai charme de l’univers visible est indépendant de la matière. La nature était pour eux une
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objection permanente contre l'âme, contre Dieu, contre la société, contre la morale spiritualiste; telle était la cause de leur prédilection pour elle. Quant à la faculté d'aimer, de comprendre, de sentir la nature comme on la sent chez les nations bien douées sous ce rapport, comme aujourd'hui les poêles la sentent, môme en France, il n'y en a guère de traces chez les versificateurs du siècle dernier.