II. -^ Vers moins harmonieux
1 D'obstacle sur obstacle il va troubler le vôtre...
(Corneille.)
2 II suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'emporte...
(Corneille.)
3 Sur quelques pleurs forcés qu'ils auront soin qu'on voie...
(Boileau.)
4 Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve...
(V. Hugo.)
5 Comme leurs vieux portraits qu'aux murs noirs nous plaçons .
(A. de Vigny.)
6 Cependant sur nos caps, sur nos rocs, sur nos cimes...
(A. de Vigny.)
Il va sans dire que, pour calculer dans ces vers le nombre des voyelles et des consonnes, nous devons juger d'après la prononciation et non d'après récriture. Cardans les mots beaucoup de lettres sont écrites qui ne sont ^as pronon-
A. Darmesteter. Cours de grammaire historique de la langue française (i**® partie: Phonétique, Paris, Delagrave, 1891).
Rousselot. Les modifications phonétiques du langage (Pdirh, Welter, 1891).
V. Henry. Précis de grammaire comparée de l'anglais et de Vallemand (Paris, Hachette, 1898).
yO LE SENTIMENT 'DU BEAU EN POÉSIE
cées, et beaucoup sont prononcées qui ne sont pas écrites ; de plus il arrive parfois que dans l'écriture une voyelle lient la place d'une consonne, ou réciproquement. C'est ainsi que :
1° A la fin des mots le t seul ou après une n, le rf, le p après une nasale, IV, 1*5, l'a: ne sont pas prononcés, à moins que le mot suivant ne commence par une voyelle (ex. : torty aimenty bord, camp, aimer, belles, beaux) ; encore fautil, pour que la liaison se fasse, qu'il n'y ait entre les deux mots aucun signe de ponctuation marquant un arrêt de la voix ;
2** Au commencement et à l'intérieur des mots certaines consonnes comme le p devant un /, ou Vh non aspirée, et quelquefois les diverses voyelles a, e, i, o, u ne sont pas prononcées (ex. : sept, humeur, août, dévouement, oignon, paon, querelle) ;
3° Les //mouillées sont prononcées comme une / et un jod (y) ; l'a; équivaut à deux consonnes (ks, gs) ; le / est prononcé parfois comme une 5. Ex. :
fille =filj
fixe zznfikse facétie ^facésie exister = egsister
4^* Les groupes de voyelles au, eau, eu, œu, ou, ei, ai, qu'on prend à tort pour des diphtongues, forment dans la prononciation un son unique (ex. : Pau, tableau, peur, cœur, tour, peine, laine) ;
5° Les diphtongues, qui sont en apparence la combinaison de deux voyelles, sont en réalité la combinaison d'une voyelle et d'une demi-consonne (j ou lu), que les phonétistcs appellent semi-voyelle : comme on peut en effet l'observer