L HARMONIE DU VERS
aisément, un seul coup de glotte se produit quand on les prononce. Ex. :
ici ^=^ja (^paria) ao = aw (aoriste) oi, on = loa (Roanne, toile) ai = aj (travail) ei =. ej (pareil) ié =ye (pied) iiiz=zju (Darius) ni:=^wi (ruine) io =^jo (période) 6° A la fin des mots Ve muet s*élide devant une autre voyelle (ex. : Vdnie et le corps) ou n'est qu'à demi prononcé lorsqu'il suit une voyelle sonore (ex. : blessée) ;
7^^ L'ai, précédée d'une ou deux voyelles, forme avec cellesci des voyelles nasales, c'est-à-dire des voyelles dont le son est modifié par la résonance de la cavité nasale. Seules les voyelles i et a ne peuvent être nasalisées, parce qu'il est nécessaire pour les prononcer de fermer hermétiquement les fosses nasales au moyen du voile du palais. Les voyelles nasales sont :
l'a qui s'écrit an, en (divan, parent) l'e qui s'écrit en, in, ain, ein, (bien, lin, main, sein) Vo qui s'écrit on (mon) Ve qui s'écrit un, eun, (chacun, à jeun) ; 8** Les nasales (m, n, n) et les vibrantes (/, r) sont tantôt consonnes, tantôt voyelles : consonnes, lorsqu'elles ont pour soutien une voyelle (ex. : mal, nord) ; voyelles, quand elles servent d'appui à une consonne (ex. : pâtre =^pâtr, aigle ^^airjl), ou quand elles sont indépendantes de toute consonne et de toute voyelle (ex. : âme:=zdiii, père=pèr, utile = util) ;
9° Entre deux voyelles qui semblent se suivre immédialenient, s'intercale toujours une demi-consonne, produite par la modification que subissent, quand on les prononce Tune après l'autre, les organes du résonnaleur : une h aspirée très légèrement marquée après Va ; la spirante j après Yi et aussi, quoique bien moins sensible, après Te; et la spirante w après To et Va. Encore faut-il, il est vrai, que la seconde des deux voyelles en contact ne soit pas une voyelle nasale pure ni une voyelle vibrante. Ex. :
a-é = ahé (aéronaute)
a-i^ahi (Aida)
é-o^éjo (Eolien)
é-a = éja (Eaque)
i-a = ija {Ariane)
i-u = ija (Iule)
o-a = owa (oasis)
o-é = owé (poésie)
u-a zn^uwa (ruade)
U'é = uivé (huer) io° Entre deux consonnes successives, dont Tune au moins est une nasale ou une vibrante (m, n, /, r), s'intercale toujours une voyelle nasale ou vibrante à demi-prononcée (rn, n, /, r), à moins que l'autre consonne ne soit une spirante (/, s, ch, iv, v, z, j\ g): ex : rm=:zrrm (parmi)
rl=:rfl (parler) mn =1 nvnii (amnésie)
bl:=z bll (blessure)
frz=zlrr. (trésor)
Un = Imm (atmosphère) . ^ pn=zptin (hypnotisme)
11° Les consonnes doubles, qui sont des explosives (pp,
l'h\rmome du vers 73
ti, bby dd, kk, gg) correspondent vraiment à deux consonnes, dont l'une est due à une occlusion brusque et Tautre à une ouverture subite de la région d'articulation (ex. : appareil, attention, abbé, addition, accent, aggraver). Mais les doubles spirantes (ff, ss) se réduisent à un simple allongement de l'articulation et doivent en conséquence être comptées pour une consonne et demie seulement (ex. : affaire, assez). Et quant aux doubles vibrantes et aux doubles nasales, elles constituent la combinaison d'une consonne et d'une voyelle, si elles ne sont pas elles-mêmes suivies d'une voyelle autre qu'un e muet (ex : elle:=^ell ; comme =l comtii) ; ou bien, si elles sont suivies d'une voyelle non muette, elles forment réellement une union de deux consonnes, séparées par une demi- voyelle (ex. :
arrêter = arfréter
innocence = innnocence
comme il faut =z comrrim il faut
Voici la transcription phonétique* des douze vers que nous
avons pris pour exemples :