iri. . i Sonore
l Vibrantes . ; ^
(Sonore..
go
PALATALES
VÉLAIRES
M) (ou)
ch
!y(j).j(jod)
" (gn)
fe, 9, c(dur) ?(gi*e)
1 . On les appelle dans le premier cas occlusives et dans le second explosives.
2. L'/i muette et Vh improprement appelée aspirée ne sont pas, somme toute, de véritables consonnes : elles sont simplement produites par l'expiration, faible ou forte.
l'harmonie du vers 85
D après ce tableau, nous pouvons maintenant indiquer quelles sont les consonnes qui se suivent le plus aisément ; il nous suffit de les grouper suivant la plus ou moins grande variété des mouvements que réclame leur prononciation ; voici la liste des successions de consonnes par ordre de facilité :
j pi, pr, pn, pn, pg,
Pj\ P-, ps, pf. pv, pch,
bl, hr, bn, bn, bg, bj,
bz, bs, bf, bv, bch, .
m, tw, tv, if, m, tg, ij\ tch, j i"élange de momentanées et Série A J dm, dw, do, df, dn, dg, dj, dch,\ decontinues, dontles points
km, kw, ko, kf, kr, kl, kn, [ d'application sont diffé f kz, ks, kn, kg, kj, kch, \ ^<^"*^«-
gm, giv, go, gf, gr, gl, gn, gz,'
gs, gn, gg, gj, gch, et les successions inverses. / / Iw, riv; wl, wr, ^mélange de spirantes et de Série B.' ^^' ^^' ^f>/'^ifl> ^U fr, vr, I vibrantes, dont les points j Ich, Ig, Ij; chl, gl, jl, l d'application sont diffé- ( rch, rg, rj; chr, gr, jr ) renls.
/ mj, mg, mch, ms, mz, mf, mv, \
[ jm, gm, chm, sm, zm, fm, vm, \ ,. , . ^ ^ ,
1 ^ f , -' . /melanffe de spirantes et de na-
î^cne L.< ' /' ' ' ^' r > sales, dont les points d ap-
j wn, fn, vn, chn, gn, in, ( r ,• . j-n- *
/ « t -/. - - ^: ^ /.^ \ plicalion sont dillerents.
f nw, no, nj, ns,nz; wn, on,fn, \ ^
\ siî, zn j
ml
^ly ^^9 / mélange de nasales et de
Série D < ^^' ^"^' ) ' vibrantes, dont les points
I In, rfi, I d'application sont diffé -
V f^h nr [ rents.
( pd, bt, dp, ib, ( mélange de momentanées
Série E.) pg, bk, gp, kb, \ sourdes et sonores, dont
( dk, ta. M, qt I *^' P^^'^*^ d'application sont
• • ( différents.
i P ' P ' '^^ I mélange de momentanées
Série F.< uJ F' < sourdes ou sonores, dont
') ^^' ^9> ^9> I les points d'application sont
f db, gb, gd [ différents.
{ wf, ws, wch ; fw, sw, chw, ( mélange de spirantes sourdes
« , . p J us, vch ; sv, chv, \ et sonores, dont les points
1 zf, zch ; fz, chz, j d'application sont diffé-
( 9f> 9^' J% > » f9> ^9^ fj^ «/ ( rents.
( fif fi^ » ^f» ^V» ^^^' ^^> ( "mélange de spirantes, sourdes
^, . „ J tvv, wz, tvg, tvj; vj, vg, rjv, 1 ou sonores, dont les points
* ) mv, zw, gw, jw, zv, zg, zj, ) d'application sont diffé-
( 9^9 j^> j^ \ rents.
^mn, mn, ( mélange de nasales, dont les
Série I.j nm, nn, l points d'application sont
( /im, fin ( différents.
pw, pm, bw, hm, \
wp, mp, ivb, mh, j mélange de momentanées et
^, . 1 ) ^^> ^'» ^^f ^^9 ^^y \ de continues, dont les
] rt, It, ni, zi, st, ( points d'application sont les
dry dl, dn, dz, ds, rd, Id, \ mêmes.
nd, zd, sd J
I ^h sr, Ml- 1 .
V I I mélange de spirantes et de vi-
SérieK.j / * > brantes, don t les points d'ap-
I J ' ' \ plication sont les mêmes.
\ ' ' J mélange de spirantes et de na-
r.r • J ) sn, zn, ns, zn, f i j f i • * j»
oene L.< j\, \, :^ > saies, dont les pomts d ap-
I ^ / 'l ' i.' \ plication sont les mêmes.
[ ncn, ng, nj j ^
. , ( mélange de nasales et de \i-
SérieM.j . ' ' < brantes, dont les pointsd'ap-
^ ' ( plication sont les mêmes.
/ mélange de vibrantes, dont les
Série N.| Ir, ri ) points d'application sont
^ les mêmes.
(fv, vf,. • { mélange de spirantes, dont
Série 0.\ sz, zs, < les points d'application sont
( chg, chj ; gch, jch ( les mêmes.
/ pb, bp, \ mélange de momentanées,
Série P.| id, dt, \ dont les points d'applica-
( kg, gk j tion sont les mêmes.
f pp, tt, kk, bb,
\d^' 99>ff> ss, chch, . ,
ar ' r\ J " "" .. r répétition des mêmes con-
Serie Q.^ ww, vv, zz, gg, jj, ( ^ ■ ..„no«
mm, nn, nn, H, rr
sonnes.
l'harmonie du vers 87
Si nous rapprochons de cette liste générale des successions de consonnes la liste précédemment dressée des successions de consonnes dans les deux groupes devers que nous étudions, nous remarquons que dans le premier groupe il y a :
5 successions de la série A (r6, bl, pi, bj\ bj)
1 succession de la série B (rv)
3 successions de la série N (r/, ri)
2 successions de la série Q (mm, ss) et dans le deuxième :
9 successions de la série A (ps, ps, kl, bl, sk, rky Ik,
pi pi) 5 successions de la série B (fo, rf, rj, Iw, rv)
1 succession de la série G (nv)
3 successions de la série G (sw, sw)
2 successions de la série H (vw, vj)
9 successions de la série J (st, st, tr, rt, rt, rd, tr, rt, tr)
' 4 successions de la série K (Is, rs, rs, Iz)
5 successions de la série M {rn, rn, m, rn, rn)
2 successions de la série Q (//, rr)
c'est-à-dire, en considérant les successions de consonnes des 9 premières séries comme plus faciles que celles des 8 dernières, 6 successions faciles et 4 difficiles dans le premier groupe de vers, et dans le second 19 successions faciles et 20 difficiles.
De cette dernière analyse il résulte que dans les vers plus \ harmonieux, oii les successions de consonnes sont déjà beaucoup plus rares que dans les vers moins harmonieux (nous en avons trouvé 10 dans le premier groupe et Sg dans le second), la proportion des successions difficiles de consonnes se trouve également un peu plus faible
(nous en avons trouvé — dans les vers du premier groupe
et — dans ceux du second ; ce qui fait, en réduisant les
deux rapports au même dénominateur, - — dans le premier
cas et-r — dans le deuxième). Et il n'y a pas lieu d'être
étonné que dans les vers moins harmonieux la proportion des successions difficiles de consonnes ne soit pas encore plus élevée. Car si ces vers moins harmonieux, outre leur excédent de consonnes, renfermaient un trop grand nombre de successions difficiles de consonnes, ils ne seraient même plus des vers.
Par l'examen minutieux des douze vers que nous avions pris pour exemples, nous sommes ainsi conduit à formuler les deux lois suivantes ^ :
I . II va sans dire que nous avons expérimenté ces lois sur un très grand nombre d'exemples ; mais nous avons jugé inutile de dresser ici la statistique des résultats que nous avons obtenus et qui tous confirmaient nos conclusions : autre est en effet la méthode de recherche, autre la méthode d'exposition. Nous avons procédé comme un chimiste ou un physicien, à qui pour la découverte d'une loi mille expériences sont parfois nécessaires, mais à qui suffit pour la démonstration de cette loi une seule expérience pleinement réussie et susceptible d'être indéfiniment recommencée.
Nous laissons à d'autres le soin de vérifier si les deux lois d'harmonie formulées par nous s'appliquent à la poésie de tous les peuples. Mais nous tenons à indiquer les difficultés qu'une pareille étude présente. D'abord, en ce qui concerne tout au moins les langues mortes, comme le grec et le latin, il nous est presque impossible de savoir quelle en était l'exacte prononciation. Et d'autre part nous devons toujours nous demander si les vers étrangers, allemands ou anglais par exemple, que nous trouvons harmonieux où inharmonieux, paraissent tels aux Anglais ou aux Allemands : car la constitution anatomique des organes vocaux n'est probablement pas identique chez tous les peuples.
Si d'ailleurs l'examen de vers étrangers, dont nous serions incapables nousmêmes de saisir le caractère harmonieux ou inharmonieux, ne nous faisait jamais découvrir un mélange varié de voyelles et de consonnes, il ne faudrait pas en conclure que l'harmonie ne consiste pas en ce mélange, mais simplement peut-être que tous les poètes ne recherchent pas l'harmonie. L'harmonie, qui n'est en somme qu'un seul des éléments constitutifs de la beauté des vers, n'a pas obtenu dans toutes les poésies la place prépondérante qu'elle occupe dans
l'harmome du vers 89^
Première loi. — Un vers est d'autant plus harmonieux que le nombre des voyelles et le nombre des consonnes * tendent à y être égaux, ou qu'à défaut d'égalité, c'est le nombre des voyelles et non pas celui des consonnes qui se trouve l'emporter.
Deuxième loi. — Lorsqu'il y a dans un vers des voyelles en contact et des consonnes qui se suivent, le vers est d'autant plus harmonieux ou d'autant moins inharmonieux que le nombre des successions de consonnes se rapproche davantage du nombre des successions de voyelles, et que
la nôtre. Dans la poésie grecque et latine en particulier nous croyons que la préoccupation du rythme était dominante et celle de l'harmonie secondaire.
Mais si, dans les vers latins par exemple, on rencontre rarement un plus grand nombre de voyelles que de consonnes, il n*en est pas moins vrai que, dans deux vers latins qui nous paraissent inégalement harmonieux, l'inégalité se retrouve dans le rapport des voyelles et des consonnes. Des quatre vers que voici :
Saepe levi somnam suadebit inire sasurro
(Virgile.) Nec gemere aeria cessabit tartar ab almo
(Virgile.) Non qaia vexari qaemqaam 'st jacunda voluptas
(Lucrèce.) Sed qaibus ipsc malis careas quia cernere saav *st
(Lucrèce)
les deux premiers, c'est incontestable, sont plus harmonieux que les deux autres. Or, si nous les transcrivons tous les quatre phonétiquement de la manière suivante :
Sepélévi sommnum swadébitinirésusurrro
-V* - Va Nékgémérahérija séssabit turrturabuUmo
«/* Vî *;* •
Nonkwijavéksari kwémkwamst gukuda voluptas
Sédkwibusipsémalis karéjas kwijasérnéréswavst
Vs Vs ViV* Va
et si nous faisons le calcul des voyelles et des consonnes, nous constatons que le i®*" renferme 16 voyelles et 18 consonnes 1/2. le 3« — 16 — 18 — 1/4.
le 3e — i4 — 23 —
et le 4® — 16 — a4 — 1/2.
I . Il s'agit bien entendu des voyelles et des consonnes réellement prononcées.
go LE SENTIMENT DU BEAU EN POÉSIE
les voyelles ou les consonnes voisines sont plus différentes les unes des autres.
L'harmonie du vers est donc régie par une loi générale de contraste et d'alternance : l'identité oii l'analogie des sons successifs lui est nuisible, leur diversité au contraire la favorise. En vain dira-t-on que la répétition de la même voyelle ou de la même consonne est loin d'être toujours désagréable dans un vers ; en vain citera-t-on des exemples nombreux d'assonances et d'allitérations qui produisent incontestablement des effets esthétiques. Remarquons d'abord que dans l'assonance et l'allitération les voyelles et les consonnes qui sont répétées se suivent en général à d'assez longs intervalles. Et surtout faisons bien attention que les assonances et les allitérations produisent des effets expressifs et ne procurent nullement une impression d'harmonie. Or gardons-nous de confondre l'harmonie imitative et l'harmonie proprement dite. L'harmonie imita tive consiste à rendre par le mouvement du vers et la sonorité des mots tel ou tel caractère de certains phénomènes du monde extérieur ou de certains états de l'âme ; et l'harmonie proprement dite consiste à grouper les sons de manière à nous procurer des sensations auditives agréables : la première consiste donc dans un accord des sons avec les objets qu'ils sont chargés de représenter, la seconde dans un accord des sons entre eux. C'est précisément pour avoir confondu l'harmonie imitative et l'harmonie pure et simple que Becq de Fouquières * en est venu à prétendre que l'harmonie des vers résulte uniquement des assonances et des allitérations et à méconnaître le principe de variété que des analyses patientes nous ont fait découvrir au fond de l'harmonie poétique.
j. Becq de Fouquières. Traité général de versification (p. aao-aai).
l'harmome du vers 91
Il est même curieux de voir cette loi fondamentale de l'harmonie faire sentir ses conséquences jusque dans le rythme du vers. Ce principe de variété s'oppose en effet à ce que dans un vers deux accents se suivent immédiatement. Nous avons eu déjà l'occasion de montrer comment la succession d'un accent tonique et d'un accent expira toire est désagréable. Plus choquante encore est la succession de deux accents toniques (ex. : de vrais rois, des cœurs durs), et surtout celte d'un accent tonique et d'un accent rythmique. Certains traités de versification ont même à ce sujet formulé quelques règles. Ainsi dans ses « Modestes observations sur l'art de versifier », Clair Tisseur recommande de ne pas faire de la première syllabe du vers, ni de la septième, ni de la onzième des syllabes accentuées * : car ou bien l'accent de la première syllabe serait en contact avec la syllabe accentuée qui termine le vers précédent, ou bien l'accent de la septième syllabe suivrait immédiatement l'accent final du premier hémistiche, ou bien l'accent de la onzième syllabe précéderait la rime. Voici des vers, qu'il cite lui-même comme défectueux pour les raisons que nous venons d'indiquer :
C'est en vain qu'au Parnasse un 'téméraire autour Pense de l'art des vers...
Mais laissons Vempereur faire... Adieu, le temps presse. Jusqu'aux pieds des chevaux les caparaçons p^Aident.
I. Il aurait pu ajouter : « Ni de la cinquième, ni, d'une façon générale, de toute syllabe qui précède ou suit une syllabe frappée de l'accent rythmique, du moins quand il n'y a pas entre ces deux syllabes d'arrêt bien sensible. » Ex. :
Dès qu'ils n'agissaient p/us, se hâtantd 'oublier. (A. de Vigny.)
Et Gain dit : « Cet œil me regarde toujours. » (V. Hugo.)
Ce rapprochement de deux syllabes accentuées n'est légitime que si le poète veut justement produire un effet de peine et d'effort, comme dans ces deux vers :
L'enfant effara court devant Thomme effrayant, (V. Hugo.)
Détachant les nœuds lourds du joug de plomb du sort. (A. de Vigny.)
Mais le choc pénible, qui résulte de la succession immédiate de deux accents, disparaît, bien entendu; s'il existe entre eux un repos. Ex. :
Muses, vous savez tout, / vous, déesses, et nous... Cette existence dont Tépigraphe/af : / rien.
Et les deux vers de Boileau cesseraient eux-mêmes d'être durs à prononcer, s'ils étaient modifiés de manière que la rime du premier devînt féminine :
C'est en vain qu'au Parnasse un auteur téméraire Pense de l'art des vers...
Ainsi les lois de l'harmonie apportent des limitations aux lois du rythme.
Rythme et harmonie, notons-le d'ailleurs, n'ont pas toujours une importance égale dans les vers de tous les poètes. Il semble même que la prédominance du rythme sur l'harmonie ou de l'harmonie sur le rythme soit la raison, souvent inaperçue, qui nous fait trouver un plaisir différent aux vers de tel ou tel poète. Et c'est là ce qui nous explique qu'on ait pu distinguer au moins deux principales sortes de vers dans notre poésie: (( Il y a, dit en effet très justement M. Lanson^ deux façons de faire le vers en français (sans compter les mauvaises qui sont multiples) : il y a le vers de Racine ou de Lamartine, chair vivante, souple, qui ploie et s'ondule, et ghsse, qui enveloppe sa ferme armature dans la mollesse des contours ; et il y a le vers de Hugo, bloc de métal, aux cassures vives, aux articulations visibles, se mouvant par une dislocation plutôt que par un glissement insensible : ce vers-là fait parfois l'effet d'être dur ; tant il se découpe nettement,