I. \o\Uire. Dictionnaire philosophique (diTi. Beau
un rôle important dans la sélection sexuelle ; elle n'en est pas néanmoins le principe essentiel*. Ce qui attire en général les êtres les uns vers les autres, c'est beaucoup moins Tespoir de joies esthétiques profondes que le pressentiment confus de plaisirs sensuels intenses ; et même, — s'il faut en croire Schopenhauer qui nous paraît avoir émis dans sa (( Métaphysique de Tamour » des vues singulièrement pénétrantes — , c'est beaucoup moins Tattente vague des jouissances personnelles que Tobscure promesse de descendants conformes au type de Tespèce. On voit donc comme il est chimérique de vouloir juger de Tidéal de beauté d'un individu ou d'un peuple par son idée de la perfection sexuelle, et comme il est par suite inexact d'appeler « beau » tout ce qui éveille le désir et l'amour.
Nous croyons avoir suffisamment démasqué les principales équivoques qui s'abritent à l'ombre complaisante du mot de beauté. Si nous voulons, pour notre part, aboutir dans nos études d'esthétique à plus de précision et de clarté, nous devons nous faire une loi rigoureuse d'employer le terme (( beau » dans son sens le plus restreint, dans le sens que ce mot a dû commencer par avoir à l'exclusion de tout autre. On nous reprochera peut-être de limiter d'une façon arbitraire la signification d'un terme usuel du langage ; et d'avance on accusera d'étroitesse la définition de la beauté, à laquelle nous espérons parvenir. Etroite, notre définition a coup sûr le sera, mais volontairement ; arbitraire, elle ne saurait l'être que si nous n'arrivions pas à saisir par nos analyses la réalité distincte que nous entreprenons d'étudier, à savoir le sentiment du beau proprement dit. A rencontre des habitudes générales, nous allons donc