‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 130 sur 205 · I.E DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

I.E DITHYRAMBE

cessairement une singulière ressemblance avec les chœurs du dithyrambe ; ils seraient môme bien près de se confondre avec eux. Le dernier critique qui ait traité directement la question du dithyrambe1 2, partisan déclaré de l'opinion de Bœckh, leur laisse le nom de tragiques quand ils sont consacrés au héros Adraste, et les appelle dithyrambiques aussitôt qu’ils passent au culte de Bacehus. Ce qui est plus important que de trancher ce débat, c’est de remarquer quel était le sujet de ces chants : ils célébraient, dit Hérodote, les malheurs (-ri Traîssc) d’Adraste. Lue fois transportés à Bacehus , ils célébrèrent donc les malheurs ou les épreuves du dieu. Par conséquent, il est vraisemblable qu’une partie au moins de leurs chants consistait en une lamentation. Peut-être même était-ce à ce caractère lugubre que, dans l’usage, était particulièrement attaché dès i’origine ce nom de tragique dont l’application embarrasse les érudits : on comprendrait qu’il fût passé naturellement à la grande forme du drame altique, dont le sujet était nécessairement triste et qui môme comprenait au nombre de ses parties une lamentation Op/.vfjç . D’après cette supposition, que l’absence de documents positifs peut m’autoriser à émettre, la tragédie serait issue, non pas seulement du dithyrambe en général, mais plus spécialement du dithyrambe tragique*.

Voici donc, telle que je la concevrais, la suite des faits sur lesquels doit porter le principal de la discussion.

1. G. M. Schmiilt, Diatribe in dilhyrambum poctarumque dithyr. reliquias. 1840.

2. Celte hypothèse pourrait s'appuyer, jusqu’à un cerlain point, sur l’opinion de Lolieck. qui ne doulc pas, dit-il, qu’on n’ait dû appliquer le nom de tragédie aux tli ènes de Simonide et de Pindare. Aglaoph., p. 9*7.

LE DITHYRAMIIE.

D’abord Arion, on réglant lo dithyrambe, ) introduisit des narrations suivies, qui présentaient de l’analogie avec les poëmes héroïques de Stésichorc, et qui revêtaient de même les formes régulières de la strophe et de l' antistrophe. Nous savons, en effet, que celte disposition rhythmique existait dans les anciens dithyrambes, puisqu’Aristote nous dit1 que Lasus s'en affranchit afin de donner plus d importance à la musique et d’obtenir une plus grande richesse d’effets imitatifs. Arion mit dans la bouche des Satyres ces récits qu’il avait soumis à la mesure du vers; d’où l'usage du mot tragique

Tpayuwî;, de Tpâyo;, houe . Il résulte de là que les chœurs tragiques de Sicyone, dont parle Hérodote, étaient des chœurs deSatyres, qui célébraient par des narrations pathétiques soit les malheurs d Adraste, soit les épreuves de Bacchus. Ce genre de sujets pathétiques, bien autrement riche pour la religion et pour la poésie que les autres sujets d'hymnes, constitua, ainsi traité parle dithyrambe, ce qu’on appela le mode tragique (Tpayixôî vpÔKOî*), <pii fleurit sans doute particulièrement à Sicyone et autorisa jusqu'à un certain point ses prétentions à I invention de la tragédie. Et en effet il semblerait que du mode tragique ait dû venir, par une transmission naturelle, à la tragédie dramatique, avec le nom qu’elle porta, la nature triste et pathétique des sujets qui seuls lui furent dévolus.

Comment les lamentations convenaient-elles aux

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