Iliade, XIV
LES DIEUX D’HOMÈRE
car il craignait de déplaire à la Nuit rapide. » On voit dans Hésiode, qui travaille sur le môme fond d’idées qu Homère, que ces antiques puissances, douées de la science de l’avenir, ont été nécessaires pour assurer la victoire de Jupiter sur les Titans. Dans l 'Iliade et dans Y Odyssée, elles sont, pour les hommes et pour les dieux, les témoins des serments solennels: « Qu’elle le sache maintenant, Géa, ainsi que le vaste Uranus qui s’étend au-dessus...* » C’est la formule d’un serment dans la bouche de Junon elle-même. Au moment où elle en prononce un autre, dans une sorte de rite divin et immense, elle touche d'une main la terre nourricière et de l’autre la mer brillante, et appelle par leur nom tous les Titans, ces dieux infernaux, qui habitent autour de Cronos*. Agamemnon, pour conclure un traité, associe dans une invocation le Soleil qui voit tout et qui entend tout, et les Fleuves et Géa, et ces dieux, qui, dans les régions souterraines, punissent après la mort ceux qui se sont parjurés*.
En relation directe avec ces divinités du serment, sont l’inviolable Styx, rameau infernal du grand courant supérieur, l’Océan , dont le nom même exprime l’idée de stabilité, et qui enchaîne irrévocablement