Iliade, III
les dieux, et les Erinnyes, vengeresses des parjures humains.
Les Erinnyes ont des fonctions plus étendues. Nées, dans le mythe Hésiodique, du sang d'Uranus mutilé par son fils Cronos, elles représentent aussi dans Homère les lois de la famille, les droits des parents sur les enfants, du frère aîné sur le plus jeune'. Elles recueillent l’imprécation passionnée d’Althée contre son fils Méléagre* :
« Prosternée à genoux, le vêtement tout baigné de larmes, elle frappait de ses mains à coups redoublés la terre, en appelant Hadès et la redoutable Proserpine pour donner la mort à son enfant. Erinnys, qui s’avance dans les ténèbres, au cœur impitoyable, l’entendit du fond de l’Érèbe. »
De la famille, l'action des Erinnyes a passé dans la société, où elles sanctionnent tous les pactes. Cachées dans l’ombre, elles égarent celui qui doit mériter leur colère’, car elles connaissent l’avenir, et en général elles sont instruites des lois secrètes qui président au monde. C’est en qualité de gardiennes de ces lois, qu’ elles font taire la voix merveilleuse dont la volonté de Junon avait doué pour un instant le coursier d’Achille*.
Ce dernier rôle rapproche Erinnys de la mystérieuse divinité Mœra (la Parque), à laquelle elle est associée* comme troublant le mortel destiné au crime. Mœra n’est pas seulement la déesse de la mort : toujours revêtue, il est vrai, d’un caractère terrible, elle est la
1. Iliade , XV, 20-i. - 2. Iliade, IX, 568. — 3. Iliade , XIX, 87. Môme chant, 418. — 5. Même chant, 87.