‹ Le septième livre des StancesChapitre 2 sur 4 · XII PAR CE SOIR PLUVIEUX. ES-TU QUELQUE PRÉSAGE · texte numérisé non relu

XII PAR CE SOIR PLUVIEUX. ES-TU QUELQUE PRÉSAGE

Dépouille de l'allée où j'ai marché souvent. Il

Feuilles mortes, tendres feuillages, ^

Que suivait mon regard quand, portés sur le vent, " Vous mêliez de l'or aux nuages;

L' Automne et sa douceur vont s'alanguir là-bas, Dans les sous-bois, le long des grèves.

Et l'ancien souvenir ramènera mes pas Aux lieux où se plaisaient mes rêves .

O feuilles, que me fait, non plus que le carmin Des fleurs, votre pâle sourire?

Mon àme et la douleur sur le sombre chemin Passent et n' ont rien à se dire.

La rose du jardin que j'avais méprisée A cause de son simple et modeste contour. Sans se baigner d'azur, sans humer la rosée. Dans le vase, captive, a vécu plus d'un jour.

Puis lasse, abandonnée à ses pâleurs fatales, Ayant fini d'éclore et de s'épanouir, Elle laisse tomber lentement ses pétales. Indifférente au soin de vivre ou de mourir.

Lorsque l'obscur destin passe, sachons nous taire. Pourquoi ce souvenir que j' emporte aujourd' hui? Mon cœur est trop chargé d'ombres et de mystère; Le spectre d'une fleur est un fardeau pour lui.

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Lorsque se lamentant comme auprès d'une tombe Dans le creux du vallon ^

Passait, tout vêtu d'or par la feuille qui tombe, Le tragique Aquilon,

Qu'a-t-il dit au rameau qui balançait encore Un beau fruit, une fleur,

Au soleil de novembre, à la tardive aurore, A mon âme, à mon cœur?

J ' allais dans la campagne avec le vent d' orage , Sous le pâle matin, sous les nuages bas; Un corbeau ténébreux escortait mon voyage, Et dans les flaques d' eau retentissaient mes pas.

La foudre à l'horizon faisait courir sa flamme Et r Aquilon doublait ses longs gémissements; Mais la tempête était trop faible pour mon âme, Qui couvrait le tonnerre avec ses battements.

De la dépouille d' or du frêne et de 1' érable L'Automne composait son éclatant butin, Et le corbeau toujours d' un vol inoxérable M' accompagnait sans rien changer à mon destin

Voici donc une fois encore La fin précoce de l'été:

Quelle pâle et tremblante aurore Se réveille sur la cité !

Tout r esprit d* Apollon et cette ardeur divine Qui n'était que lumière et que frémissement. Quand nous prenions la lyre au pied de la colline Que le Tarn dans son cours baigne secrètement ! . .

Le bruit des chariots sur la route poudreuse , Au crépuscule lent, sous les matins jaillis; La vigne et la prairie et cette ombre joueuse Qui tournait au soleil dans les jeunes taillis ! . . .

L'orageux Orion guidait nos belles courses, Pan gonflait notre cœur, et nous avions bien su Donner des noms jolis à ces petites sources , Qui filtraient doucement au creux d'un roc moussu.

Tout r esprit d' Apollon et cette ardeur divine Qui n'était que lumière et que frémissement. Quand nous prenions la lyre au pied de la colline Que le Tarn dans son cours baigne secrètement ! .

Le bruit des chariots sur la route poudreuse , Au crépuscule lent, sous les matins jaillis; La vigne et la prairie et cette ombre joueuse Qui tournait au soleil dans les jeunes taillis ! . . .

L'orageux Orion guidait nos belles courses, Pan gonflait notre cœur, et nous avions bien su Donner des noms jolis à ces petites sources , Qui filtraient doucement au creux d'un roc moussu

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